archives pour avril 2009

  Raffarin mâche ses mots et crache le morceau

Vu dans le journal Le Monde, ces très savoureuses précisions de Monsieur Raffarin  à propos du communiqué de réconciliation publié le 1er avril par Paris et Pékin.

[…]

Lors d’un colloque le 6 avril, il a estimé qu’il s’agissait d’un « compromis fertile » qui permettait d’en revenir « aux fondamentaux » après des mois de boucherie, euh pardon, de bouderie chinoise. M. Raffarin a expliqué que le texte était à la fois « plus précis et plus engageant » à l’égard de Pékin. « On ne parle pas seulement de (l’attachement français) à l’unité de la Chine (dans ce communiqué) : on dit que l’on est non seulement contre l’indépendance du Tibet mais aussi contre le soutien à l’indépendance. »

Et pour “clarifier” encore plus :

A la question de savoir si le même texte engage le président Nicolas Sarkozy à renoncer à toute rencontre avec le dalaï-lama, M. Raffarin a répondu qu’« on ne peut pas faire dire au texte ce qu’il ne dit pas », ajoutant cependant que, si M. Sarkozy rencontrait de nouveau le chef spirituel tibétain en exil, « les Chinois considéreraient cela comme une forme de soutien (à l’indépendance du Tibet)« .

En clair : Nicolas Sarkozy s’est bel et bien engagé à ne plus rencontrer le Dalaï-lama.

Donc vous avez bien compris? Ce qui n’est pas écrit n’est pas écrit mais veut bien dire ce que ça veut dire.

Bref, on s’aplatit totalement devant Pékin. On ne le savait pas, « revenir aux fondamentaux » signifie en fait “baisser sa culotte”.

 

  Deux condamnations à mort suite aux émeutes de 2008

Les deux condamnés sont accusés d’avoir provoqué des incendies meurtriers. Ces peines sont annoncées plus d’un an après les émeutes de Lhassa, qui avaient fait, selon Pékin, 18 morts. Une version contestée par les exilés.

[…]

Un tribunal du Tibet a condamné à mort deux personnes qui avaient participé aux émeutes de Lhassa en 2008. Elles sont accusées d’avoir provoqué des incendies meurtriers. Ces peines, rapportées mercredi 8 avril par l’agence Chine Nouvelle, sont annoncées plus d’un an après les troubles.
Deux autres accusés ont été condamnés à mort, mais avec un sursis de deux ans, une peine généralement commuée en prison à vie en Chine, a précisé l’agence officielle.
Un autre s’est vu infliger la prison à vie, a ajouté Chine Nouvelle, citant un porte-parole du tribunal de Lhassa.

source : Nouvel Obs

 

  Kardze : Un manifestant solitaire arrêté. 3 adolescents battus. Boycott agricole.

Dimanche dernier, Jampa Sonam, 21 ans, a scandé des slogans comme « longue vie au Dalaï-lama » et « indépendance pour le Tibet » devant un bâtiment de l’administration situé près du monastère dans le village de Kumbum, Kardze.

[…]

 

La police chinoise est intervenue immédiatement et a frappé Jampa sévèrement avant de l’embarquer en voiture pour une destination inconnue.

 

Dans un autre incident, la police chinoise a battu 3 adolescents la nuit du 23 mars à Kardze. Avec deux amis, Dhondup Rinchen, âgé de 12 ans et originaire du village de Dokham, a collé des affiches écrites à la main appelant à un « Tibet libre » et à une « longue vie pour le Dalaï-lama ». Les trois garçons ont été roués de coups et expulsés de l’école pour 10 jours. les autorités ont condamné les familles de ces garçons à payer des amendes.

 

Pendant ce temps, les paysans tibétains de la région de Kardze refusent toujours de reprendre le travail en dépit des ordres du gouvernement.

 

Samdhong Rinpoché, le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil, a exhorté hier les Tibétains de Kardze à se conformer aux ordres du gouvernement en reprenant leurs activités agricoles.

 

S’exprimant à la radio Voice of Tibet, Rinpoché a déclaré que malgré que ce boycott soit une approche non violente et digne de louanges, il risquait de déclencher une violente répression à l’encontre des Tibétains.

source : Phayul

 

  4 blessés par des véhicules des forces de sécurité lors d’une procession

Au moins quatre personnes ont été blessées après que des véhicules des forces de sécurité se soient inconsidérément engagés dans la foule de fidèles assistant à une procession religieuse dans le district de Ngaba, province du Sichuan, vendredi dernier.

[…]

 

D’après Tsering, un moine du monastère de Kirti (à Dharamsala), l’accident s’est produit au cours de la procession annuelle de la statue du Bouddha Matreiya au monastère de Sey, district de Ngaba. Cette procession annuelle se déroule généralement dans le cadre de la fête de la grande prière (Monlam) qui n’a pu avoir lieu cette année en raison des restrictions imposées par les autorités chinoises.

Les résidents et les moines étaient mécontents de la présence des forces de sécurité chinoises lors de la procession religieuse. Une immense foule de fidèles et de moines tibétains s’était assemblée au monastère quand les forces de sécurité sont arrivées en grand nombre et ont tenté de disperser la foule. C’est là que des véhicules de sécurité lancés dans la foule ont blessé au moins quatre personnes.

 

On ne sait pas où se trouvent maintenant les blessés ni s’ils ont reçu des soins.

 

Les autorités chinoises avaient déjà interdit la fête de la grande prière dans les monastères « sensibles » et de nombreux autres placés sous surveillance constante.

source : Phayul

 

  Sit-in de moines à Xining, 2 religieuses arrêtées à Kardze

D’après le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), six moines tibétains ont organisé un sit-in pacifique hier devant la Haute Cour populaire de Xining, province du Qinghai.

[…]

 

Les moines ont déployé une grande banderole avec un texte appelant la Cour à adopter une procédure judiciaire équitable envers les manifestants tibétains. Les moines qui avaient commencé leur sit-in vers 8 heures (heure de Pékin) ont été arrêtés par la police. On ne sait pas ce qu’il est advenu d’eux.

 

090403021249jq1

 

Par ailleurs, deux religieuses du monastère de Dragkar, dans le district de Kardze, ont été arrêtées le 24 mars. Yankyi Dolma et Sonam Yangchen avaient organisé une manifestation pacifique sur la place du marché vers 15 heures (heure de Pékin), pour réclamer le « retour du Dalaï-lama au Tibet », «  les droits de l’homme au Tibet » et « la liberté religieuse au Tibet ».

 

Citant des sources anonymes, le TCHRD indique que Yangkyi Dolma a distribué des tracts au cours de la brève manifestation. La police armée populaire chinoise (PAP) est immédiatement intervenue en frappant aveuglément les religieuses à coup de barres et de matraques électriques avant de les enfermer dans un fourgon.

 

Vers 7 heures du soir, les forces de sécurité ont investi sans ménagement la maison de Yangkyi, saccageant un portrait du Dalaï-lama tout en reprochant aux membres de la famille d’être des partisans des « forces séparatistes ».

Deux agents de la sécurité chinoise ont convoqué le lendemain (le 25 mars) le frère de Yangkyi, Tsangyang Gyatso au siège du gouvernement du district de Kardze. Là non plus, on ne connaît pas les suites de cette histoire.

 

 

 

Yangkyi Dolma, née dans la municipalité de Roltsa, district de Kardze dans le Sitchuan, est la fille de Hormeytsang Dargay (père) et de Khando Pema (mère).

 

090403021344t2

 

Au-delà de ce type d’événements sporadiques, un grand mouvement de désobéissance civile continue de prendre de l’ampleur à Kardze. Les agriculteurs refusent toujours de se plier à l’ordre des autorités les intimant de reprendre le travail dans les fermes. Ils entendent ainsi protester contre la répression chinoise.

 

Selon des sources, les autorités chinoises ont posé un ultimatum aux agriculteurs tibétains de Drango. Si les labours n’ont pas repris le 11 avril, leurs terres seront confisquées par le gouvernement.

 

  Images de la présence militaire à Lhassa, juillet 2008

Voici quelques “photos volées” de la présence militaire à Lhassa en juillet 2008. Le Tibet vient tout juste de rouvrir pour les touristes et je suis sidéré par le changement. Lhassa est devenue une gigantesque garnison (Cf. le “à propos” de ce site). Ces quelques photos sont là pour en témoigner.

[…]

Promenez-vous dans ces images grâce à la technique du Zoomorama. Cliquez sur l’icône “Fullscreen mode” en haut à droite du rectangle noir pour afficher la scène en plein écran. Cliquez sur « + » ou « – » pour la fonction zoom (ou utilisez la molette de votre souris). Maintenez le bouton gauche enfoncé pour vous déplacer dans l’image.

On voit clairement le sniper sur le toit dans cette galerie sur flickr. Je rappelle qu’il est bien sûr interdit de prendre des photos des forces armées et que ce sont les guides et l’agence de voyage locale qui peuvent en subir les conséquences. Le touriste, lui, ne risque au pire qu’une expulsion définitive du territoire chinois. Encore un système terriblement pervers qui doit inciter à une très grande prudence. Pas pour vous mais pour les autres.

 

  Des agriculteurs du Tibet oriental arrêtés et battus

Dans le district de Kardze (Ch: Ganzi), province du Sichuan, les autorités chinoises ont lancé une opération « arrestations et passages à tabac » à l’encontre des agriculteurs tibétains du Tibet oriental.

[…]

 

D’après le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), des agriculteurs refusant de se soumettre à l’injonction de reprendre le travail de la terre, ont été arrêtés et battus très sévèrement.

 

Au cours de l’arrestation, quatorze Tibétains ont été blessés et pour certains, de manière très grave. Les sources du TCHRD affirment que « certaines des victimes ont perdu connaissance après avoir été soumises à des brutalités inhumaines ».

Ces agriculteurs sont actuellement détenus dans un hôpital sans autorisation de visite pour les familles.

 

Suite à ces violences, Kya Khethar, une femme du village de lam, est à présent psychologiquement très perturbée. Trois autres victimes ont été identifiées. Il s’agit de Pema Lhamo, Yali Palchen et Choekyi.

 

La plupart des détenus ont également été contraints de signer des documents sans en connaître la teneur.

 

Le TCHRD ajoute que dans le même temps, un grand contingent de la police armée populaire (PAP) a été déployé dans le district de Drango pour écraser toute forme de dissidence et de protestation.

source : Phayul

 

  Nouvelles arrestations à Kardze

Quatre nonnes et deux jeunes ont scandé des slogans en faveur du retour du Dalaï-lama au Tibet et pour la liberté des Tibétains au Tibet avant d’être arrêtés aujourd’hui.

[…]

 

C’est ce qu’a rapporté Gelong, un moine du monastère de Sera Jhey dans le sud de l’Inde ayant des contacts au Tibet, au site Phayul.

Les six personnes arrêtées avaient également réclamé la libération de tous les tibétains arrêtés pour avoir pris part à des manifestations.

 

Les religieuses sont du monastère de Hardo Rinpoche, municipalité de Rinpatsa. Gelong précise que le monastère est actuellement bouclé par les forces de sécurité chinoises.

 

On ne se sait pas où les six personnes arrêtées ont été emmenées ni si elles ont été battues.

 

Par ailleurs, les autorités chinoises de Kardze ont annoncé qu’une prime financière serait allouée aux habitants du village de Norzin pour rénover leurs maisons à la condition qu’ils obtempèrent à l’ordre de reprendre leurs activités agricoles. Les habitants ont toutefois décliné l’offre en disant qu’il était hors de question de réprouver le Dalaï-lama.

 

Le 25 mars, au cours d’une autre manifestation, huit jeunes tibétains dont une fille ont été arrêtés dans le village de Gyaldoghowa, municipalité de Rinpatsa. L’un d’eux est le fils du chef du village qui a prévenu les autorités que les 80 familles qu’il représente se révolteraient si les jeunes n’étaient pas libérés. Les huit, tous en dessous de 18 ans, ont été relâchés en raison de leur âge.

source : Phayul