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	<title>Tibet-defacto</title>
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	<description>informations et images sur le Tibet</description>
	<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 15:53:01 +0000</pubDate>
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		<title>Ne pas oublier Tiananmen</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Jun 2011 02:03:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
 Lorsque, le 4 juin 1989, l&#8217;armée du Parti communiste chinois est entrée dans la capitale pour nettoyer la place Tiananmen de ses manifestants, je me trouvais dans une université du sud de la Chine où je terminais mes études. A l&#8217;époque, comme pratiquement tous les étudiants du pays, j&#8217;ai participé à ce puissant mouvement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1130" title="tiananmen" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/06/tiananmen.jpg" alt="tiananmen" width="650" height="444" /><br />
 <span id="more-1129"></span>Lorsque, le 4 juin 1989, l&#8217;armée du Parti communiste chinois est entrée dans la capitale pour nettoyer la place Tiananmen de ses manifestants, je me trouvais dans une université du sud de la Chine où je terminais mes études. A l&#8217;époque, comme pratiquement tous les étudiants du pays, j&#8217;ai participé à ce puissant mouvement de revendication pour la démocratisation de notre système.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Au début de cette année-là, le professeur d&#8217;astrophysique Fang Lizhi avait, dans un élan d&#8217;exceptionnelle audace, adressé une lettre ouverte à l&#8217;homme fort de l&#8217;époque, Deng Xiaoping, pour demander la libération d&#8217;un prisonnier d&#8217;opinion enfermé depuis dix ans, Wei Jingsheng, l&#8217;un des initiateurs du premier mouvement démocratique chinois de 1978.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Le 15 avril 1989, la mort de l&#8217;ancien secrétaire général du PCC (Parti communiste chinois), Hu Yaobang, avait provoqué l&#8217;explosion du mouvement démocratique. Lorsque Michael Gorbatchev est venu en visite officielle quelques semaines plus tard, les étudiants de Pékin avaient organisé une impressionnante grève de la faim sur la place Tiananmen, et nous avions tous l&#8217;impression de participer à un moment glorieux de notre histoire.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Le bruit des mitraillettes tirant sur la foule, à Pékin, durant la nuit du 3 au 4 juin, a provoqué une vague de stupéfaction et d&#8217;effroi qui s&#8217;est aussitôt répandue à travers la planète. C&#8217;était la première fois que la véritable nature meurtrière du PCC s&#8217;était révélée directement devant les caméras du monde entier, mais, pour nous, qui avons grandi avec un cerveau truffé de slogans officiels, nous avons tout d&#8217;un coup découvert ce que signifiait vraiment l&#8217;appellation &#8220;République populaire de Chine&#8221;, car il ne s&#8217;agissait pas d&#8217;une &#8220;république&#8221;, et elle n&#8217;était certainement pas &#8220;populaire&#8221;.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Nous avons compris que le gouvernement communiste n&#8217;hésitait pas à sacrifier des vies pour se maintenir au pouvoir, et que l&#8217;Armée populaire de libération n&#8217;était qu&#8217;un simple instrument destiné à protéger ses intérêts. Vingt-deux ans plus tard, en Libye, le colonel Kadhafi a d&#8217;ailleurs utilisé les mêmes méthodes en citant ouvertement le massacre de Tiananmen et en n&#8217;hésitant pas à retourner son armée contre son propre peuple.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>A l&#8217;issue de ce drame, nous avons admiré la générosité du gouvernement français qui a su accueillir de nombreux réfugiés chinois, fuyant la répression en cours. Je me trouvais dans une petite ville de province méridionale et j&#8217;écoutais les radios étrangères comme Voice of America ou la BBC, qui nous apprenaient la création de la Fédération pour la démocratie en Chine, très solennellement saluée dans les salons de la Sorbonne, et dirigée, à l&#8217;époque, par l&#8217;homme d&#8217;affaires qui avait soutenu la révolte, Wan Runnan, l&#8217;un des trois leaders du mouvement démocratique de 1989 avec Wuer Kaixi et l&#8217;historien Yan Jiaqi.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Nous avons même entendu leur voix, lorsqu&#8217;ils répondaient aux questions des journalistes, et j&#8217;ai récemment découvert des photos prises à l&#8217;époque, où l&#8217;on peut découvrir les visages de pratiquement toute la classe politique française, et même la présence de l&#8217;actuel président Nicolas Sarkozy, qui participait à l&#8217;une de ces réunions en faveur de la démocratie en Chine.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Nous étions convaincus qu&#8217;un gouvernement qui n&#8217;hésitait pas à tirer sur sa propre jeunesse ne pourrait pas survivre bien longtemps, et que nous étions sur le point d&#8217;accéder à la démocratie.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>La Fédération pour la démocratie en Chine a continué à s&#8217;agiter un peu durant deux ans à Paris, puis les participants se sont égaillés dans la nature, et l&#8217;on n&#8217;en a plus entendu parler. Nous avons aussi constaté que ceux qui participaient encore à la commémoration de ce drame se faisaient de plus en plus rares. Quant au gouvernement chinois, après une période de glaciation diplomatique qui n&#8217;a duré que deux ans, il s&#8217;est lancé dans un vaste mouvement de réformes économiques et n&#8217;a cessé de se renforcer.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Mais où sont donc passés les millions de Chinois qui étaient descendus dans les rues pour réclamer la démocratie en 1989 ? Est-ce qu&#8217;ils ont accepté les explications fournies par le gouvernement chinois justifiant le massacre ? Non ! Il suffit de constater la façon dont le gouvernement muselle toute la presse, dont il censure les médias, la violence avec laquelle il réprime la moindre tentative d&#8217;expression dissidente, pour comprendre où se situe la vérité. La prospérité et la stabilité, dont se vante en permanence le pouvoir, ne sont qu&#8217;un mirage.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Pendant ce temps, les Chinois votent avec leurs pieds : il suffit de voir le nombre grandissant de demandeurs d&#8217;asile politique en France. En 2009, l&#8217;Ofpra (Office de protection des réfugiés et apatrides) en recensait 1 631, en troisième position après les demandeurs en provenance du Sri Lanka et du Bangladesh. Le prétendu développement économique chinois cache en fait un pitoyable record en matière de violations des droits de l&#8217;homme. Maintenant, les Chinois de Paris commencent à constituer de véritables groupes de pression et organisent même des manifestations sur la place publique.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>La première manifestation d&#8217;ampleur de ce genre se produisit en 2008, sur la place de la République, le 19 avril, quelques jours après l&#8217;immense mouvement de protestation qui s&#8217;était produit, à Paris, à l&#8217;occasion du passage de la flamme olympique dans les rues de la capitale française. Le but de la manifestation chinoise était de contrer le mouvement de &#8220;désinformation&#8221; émanant des médias occidentaux concernant la situation en Chine. Pourtant, l&#8217;information en France traversait un large spectre de médias dits de &#8220;droite&#8221;, de &#8220;gauche&#8221; et d&#8217;éditorialistes indépendants. Alors que, en Chine, les médias ne sont que les &#8220;yeux et la langue&#8221; du PCC !</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>En Chine, le pouvoir n&#8217;hésite même pas à se payer des &#8220;propagandistes à cinquante centimes&#8221;, surnommés les &#8220;mao&#8221;, pour influencer l&#8217;opinion publique chaque fois qu&#8217;elle serait tentée de critiquer le pouvoir. A Paris, l&#8217;ambassade de Chine a ainsi réussi à mobiliser des milliers d&#8217;étudiants chinois, par l&#8217;intermédiaire des associations de Chinois d&#8217;outre-mer et d&#8217;autres organisations plus ou moins officielles, pour exprimer leur indignation vis-à-vis de l&#8217;opinion publique en France&#8230;</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>A mon sens, cet incident aurait dû éveiller la vigilance des pays démocratiques : un véritable défi se profile pour les valeurs universelles que sont la liberté d&#8217;information et la liberté d&#8217;expression. En effet, cela ne signifie-t-il pas que la presse n&#8217;aura bientôt plus le droit de critiquer la Chine ? Le pouvoir chinois estime que les médias occidentaux devraient se comporter comme la presse en Chine, c&#8217;est-à-dire chanter ses louanges, sinon on leur reprochera de faire des &#8220;reportages injustes&#8221;.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Une autre manifestation fut organisée le 20 juin 2010 dans le quartier de Belleville pour &#8220;protester contre la violence et exiger la sécurité&#8221;. Le contexte était le suivant : depuis plusieurs années, les Chinois se plaignaient d&#8217;être victimes de petits délinquants d&#8217;origines diverses qui les agressaient pour leur voler leurs portefeuilles ou leurs possessions. Ils ont supporté cette situation pendant longtemps, mais, en mai 2010, un Chinois a utilisé une arme pour se défendre et a été arrêté par la police pour port d&#8217;arme illicite. Cette fois-ci, les organisateurs de la manifestation disent que 20 000 Chinois ont répondu à l&#8217;appel qu&#8217;ils avaient lancé spontanément sur Internet.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Mais moi, en tant que Chinois, j&#8217;ai le cœur lourd. Combien de catastrophes le pouvoir chinois a-t-il provoquées depuis qu&#8217;il a pris le pouvoir en 1949 ? Citons seulement le Grand Bond en avant et ses millions de morts de faim, la Révolution culturelle et ses cent millions de victimes, la répression des &#8220;droitiers&#8221; et ses centaines de milliers d&#8217;intellectuels jetés en camp de travail, les récents mouvements de répression &#8220;Frapper fort&#8221; qui permettent des exécutions sommaires. Pensons aux actes de violence perpétrés contre les paysans expulsés de leurs terres, les citadins dont les maisons sont détruites au profit d&#8217;une spéculation immobilière incontrôlée, et tant d&#8217;autres encore.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Et que dire de l&#8217;intellectuel Liu Xiaobo, qui, pour avoir participé à la rédaction de la Charte 08, a été condamné à onze ans de réclusion ! Et comment expliquer la soudaine arrestation de l&#8217;artiste Ai Weiwei, qui s&#8217;est fait enlever par la police secrète juste parce qu&#8217;il avait tenté de venir en aide au petit peuple honteusement abusé par les fonctionnaires ?</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Pourquoi les Chinois n&#8217;ont-ils pas organisé de manifestations pour exiger &#8220;la fin de la violence et la sécurité des citoyens&#8221; ? Quelle conclusion devons-nous tirer de ces différences de comportement ? Je pense que les Chinois ont au moins compris deux choses. Ils savent qu&#8217;ils ne risquent rien à organiser une manifestation sur la voie publique, en France, pour critiquer les Français, mais ils savent aussi que, s&#8217;ils s&#8217;aventurent à organiser une manifestation, à Paris, pour protester contre des violations de droits de l&#8217;homme avérées en Chine, ils risquent fort de ne plus se sentir en sécurité du tout, même s&#8217;ils se contentent de manifester dans les rues de Paris. Chers lecteurs, réfléchissez un instant à ce que cela signifie…</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong>Zeng Axing, professeur d&#8217;histoire. </strong> Traduit du chinois par Marie Holzman</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Professeur d&#8217;histoire. Enseignant dans la province du Guangdong, il arrive en France en 2002. Il voulait stimuler la réflexion de ses élèves en proposant des discussions contradictoires ouvertes au public. Il a encouragé la naissance d&#8217;un journal interne au lycée, où les décisions du proviseur étaient parfois contestées. Interrogé une semaine par la police, a compris qu&#8217;il devait quitter la Chine ou perdre son travail. Intellectuel sans grand renom, M. Zeng est représentatif d&#8217;une large frange de la société chinoise qui commence à se rebeller.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong> Article paru dans l&#8217;édition du Monde du 05.06.11</strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong>Voir aussi <a href="http://www.tibet-defacto.com/2009/06/04/il-y-a-20-ans-le-massacre-de-tiananmen/">Il y a 20 ans : le massacre de Tiananmen</a><br />
 </strong></p>
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		<item>
		<title>Aba : arrestations, condamnations et disparitions</title>
		<link>http://www.tibet-defacto.com/2011/05/13/aba-arrestations-condamnations-et-disparitions/</link>
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		<pubDate>Fri, 13 May 2011 02:53:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
Dans le district d&#8217;Aba où le monastère de Kirti est toujours sous contrôle armé, la répression continue de s&#8217;exercer. Arrestations, peines de prison, disparitions et tortures.


Les autorités chinoise du district tibétain d&#8217;Aba (Ngaba) ont arrêté mardi 10 mai 2011 un moine du monastère de Kirti agé de 21 ans.

Lobsang Richen a été arrêté dans ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_1119" class="wp-caption aligncenter" style="width: 210px"><img class="size-medium wp-image-1119" title="lobsang-rinchen" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/05/lobsang-rinchen-200x300.jpg" alt="Lobsang Rinchen" width="200" height="300" /><p class="wp-caption-text">Lobsang Rinchen</p></div></p>
<p>Dans le district d&#8217;Aba où le monastère de Kirti est toujours sous contrôle armé, la répression continue de s&#8217;exercer. Arrestations, peines de prison, disparitions et tortures.</p>
<p><span id="more-1116"></span></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Les autorités chinoise du district tibétain d&#8217;Aba (Ngaba) ont arrêté mardi 10 mai 2011 un moine du monastère de Kirti agé de 21 ans.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Lobsang Richen a été arrêté dans ses quartiers par des agents de la police et de la sécurité d&#8217;état. On ne sait pas encore ce qui a conduit à son arrestation.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Auparavant, un tribunal du district d&#8217;Aba a condamné deux autres moines de Kirti à 3 ans de prison. Il s&#8217;agit de Lobsang Dhargye, 31 ans et de Kunchok Tsultrim, 33 ans.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Lobsang Dhargye, moine depuis l&#8217;enfance à Kirti avait été à Lhassa en 2003 pour étudier au monastère de Drepung. Il a participé aux manifestations de 2008. Son visage identifié par les caméra de surveillance vidéo, il avait ensuite passé 5 mois dans divers centres de détention autour de Lhassa. Il fut finalement renvoyé dans le district d&#8217;Aba sous conditions comme de ne pas pouvoir sortir de la région sans une autorisation officielle. Il a été arrêté le 11 avril 2011 à la suite d&#8217;un raid des forces armées dans le monastère.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Kunchok Tsultrim a lui été arrêté dans un des autres raids survenus après le 16 mars 2011, date à laquelle le moine Phuntsok s&#8217;était immolé par le feu pour protester contre la répression chinoise.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Toujours dans la même région, un homme appartenant à la famille de Chogyam Tsang est porté disparu depuis le 15 avril 2011. Des agents de la sécurité et de la police chinoise ont fouillé la maison de sa mère dans la municipalité de Chukle Ghongma. Chogyam serait actuellement en détention à Chengdu, capitale du Sichuan.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>D&#8217;après la même source, plusieurs étudiants tibétains tentant d&#8217;empêcher les troupes chinoises de pénétrer dans le monastère de Kirti le 12 avril auraient été torturés et seraient soumis à la campagne de &#8220;ré-éducation patriotique&#8221;.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong>Source :</strong> Phayul</p>
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		<title>Arrestation de 6 moines du monastère de Kirti</title>
		<link>http://www.tibet-defacto.com/2011/05/01/arrestation-de-6-moines-du-monastere-de-kirti/</link>
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		<pubDate>Sun, 01 May 2011 01:25:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Le monastère de Kirti le jour des funérailles de Rigzin Puntsog
Les autorités chinoises du district de Ngaba (Aba) ont arrêté jeudi (28 avril) cinq moines tibétains du monastère de Kirti où 800 cadres du Parti Communiste chinois sont présents depuis le 12 avril afin d’y imposer &#8220;la campagne de rééducation patriotique&#8221;.
 
 D’après Kanyag Tsering, un moine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-1109" title="kirti-funerailles" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/05/kirti-funerailles.jpg" alt="kirti-funerailles" width="650" height="488" /><span style="font-size: small;">Le monastère de Kirti le jour des funérailles de Rigzin Puntsog</span></p>
<p>Les autorités chinoises du district de Ngaba (Aba) ont arrêté jeudi (28 avril) cinq moines tibétains du monastère de Kirti où 800 cadres du Parti Communiste chinois sont présents depuis le 12 avril afin d’y imposer &#8220;la campagne de rééducation patriotique&#8221;.<br />
 <span id="more-1107"></span><br />
 D’après Kanyag Tsering, un moine du monastère exilé de Kirti (à Dharamsala en Inde), Lobsang Kunchok, 28 ans, et quatre autres moines du monastère de Kirti (au Tibet) ont été arrêtés jeudi, leur lieu de détention étant inconnu.</p>
<p>Un autre moine du monastère de Kirti, Tsering Damdul a été arrêté quelques jours plus tôt pour son rôle présumé dans le transport du corps de Phuntsok au monastère le 16 mars 2011. Rigzin Puntsog est ce jeune moine d’une vingtaine d’années qui s’est immolé par le feu en protestation contre l’occupation chinoise.</p>
<p>Pendant ce temps, les parents et membre de la famille des moines du district de Chikdril faisant partie des 300 moines arrêtés plus tôt le 21 avril se sont rendus à Aba afin d’obtenir leur libération mais ont été arrêtés cinq kilomètres avant la ville par les troupes chinoises. Ils ont ensuite été remis à la police du district de Chikdril.</p>
<p>3 personnes âgées seraient mortes lors des affrontements avec les forces de sécurité armés quand 300 moines du monastère de Kirti ont été emmenés de force dans des camions militaires vers une destination inconnue le 21 avril. Cependant, la Chine dément ces morts indiquant seulement qu’une femme de 84 ans est décédée d’une maladie pulmonaire.</p>
<p><strong>source :</strong> Phayul</p>
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		<title>Chine : la répression tous azimuts</title>
		<link>http://www.tibet-defacto.com/2011/04/29/chine-la-repression-tous-azimuts/</link>
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		<pubDate>Fri, 29 Apr 2011 02:25:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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Les avocats des droits civiques ont été les premiers à « disparaître ». À la mi-février, ils se sont volatilisés par dizaines, laissant derrière eux des téléphones sonnant dans le vide, des mails sans réponse et des fils de tweets suspendus. Puis ce fut le tour des blogueurs, des journalistes et des militants engagés dans l’aide aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1091" title="shouwang" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/04/shouwang.jpg" alt="shouwang" width="650" height="467" />
</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Les avocats des droits civiques ont été les premiers à <em>« disparaître »</em>. À la mi-février, ils se sont volatilisés par dizaines, laissant derrière eux des téléphones sonnant dans le vide, des mails sans réponse et des fils de tweets suspendus. Puis ce fut le tour des blogueurs, des journalistes et des militants engagés dans l’aide aux victimes d’abus. Puis de ces victimes elles-mêmes : d’abord les plus actives, puis toutes celles susceptibles d’élever une protestation dans la rue ou sur les forums.<br />
 <span id="more-1090"></span></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Ce n’était pas la première fois que des personnes s’évaporaient sans laisser de traces. Lors des dates dites <em>« sensibles »,</em> le pouvoir chinois a l’habitude d’<em>« éloigner »</em> les trouble-fête. Ces fâcheux sont emmenés sous bonne garde dans des lieux de <em>« villégiature »</em> plus ou moins confortables. La période critique passée, la plupart sont relâchés et reprennent leurs activités militantes. Jusqu’à la <em>« date sensible »</em> suivante…</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Mais cette fois, le coup de filet a pris d’emblée des proportions alarmantes, débordant largement le cercle habituel des <em>« détentions soft »</em> qui marque à chaque printemps la session de l’Assemblée nationale populaire. Ce mardi, on était encore sans nouvelles de dizaines de personnes, seule une poignée ayant été libérées. Le web est plus que jamais verrouillé : même les fameux logiciels VPN qui permettent de <em>« sauter le mur numérique »</em> se sont soudain désactivés, interdisant de surfer sur les sites censurés. Impossible de relever les courriers Gmail, impossible de créer un nouveau blog, impossible même d’acheter un téléphone portable sans fournir identité et adresse. Les précieuses marges de liberté dont jouissait la minorité d’internautes actifs venaient d’être rognées d’un coup.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>La hargne du pouvoir s’est alors tournée contre les journalistes étrangers accusés de favoriser la rébellion. Puis elle a frappé un célèbre artiste contemporain, <em>« disparu »</em> depuis le 3 avril – et d’autres artistes moins connus. Elle s’est ensuite abattue sur la plus grande église protestante non-officielle de Pékin, peuplée d’intellectuels et d’étudiants – et d’autres églises domestiques moins influentes. Parallèlement, elle s’est attaquée aux moines et aux habitants de Kirti, grand monastère tibétain situé dans la province du Sichuan, provoquant un dangereux bras de fer. Abandonnant sa prudence habituelle qui consiste régler les problèmes l’un après l’autre, Pékin semble décidé à réprimer tous azimuts, à écraser tout ce qui lui résiste.</p>
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<p>Pourquoi cette brusque crispation ? Pourquoi ce branle-bas répressif ? La société chinoise est certes traversée de toutes parts de conflits générés par une croissance déséquilibrée et envenimés par un système foncièrement inégalitaire. Le marqueur le plus visible de ces déséquilibres, l’inflation – plus de 10 % sur les produits alimentaires – atteint des niveaux explosifs. Pourtant, tous les analystes reconnaissent que l’agitation interne est trop fragmentée pour représenter une menace crédible. C’est ailleurs qu’il faut chercher les raisons de ce raidissement : sur les rives de la Méditerranée. La révolte arabe a en effet démontré la fragilité des régimes les plus intraitables, jetant les mandarins rouges dans l’émoi et réveillant un réflexe de paranoïa. <em>« Je ne parlerais pas de paranoïa,</em> tempère un sociologue. <em>Les risques ne sont pas imaginaires. La Chine a beau être infiniment plus ‘efficace’que les pays arabes sur le plan économique, elle présente pas mal de similitudes, à commencer par un degré d’exaspération contre les puissants dont personne ne mesure mieux la gravité que le pouvoir lui-même ».</em></p>
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<p>Comme pour confirmer ces craintes, un obscur site baptisé <em>« Mouvement du Jasmin »</em> a lancé fin février un appel à priori anodin : il s’agissait d’aller <em>« se promener »</em> tous les dimanches à 14 heures dans des lieux précis des grandes villes, avec pour seule consigne : <em>« sourire »</em>. Pas de slogan, pas de banderoles, pas de cortège… Était-ce encore une manifestation ? Les autorités ne se sont pas posé la question. Plusieurs dimanches de suite, des personnels de sécurité ont occupé par milliers les centres-villes, empêchant le moindre attroupement, s’en prenant aux journalistes étrangers dont certains ont même été tabassés par des agents en civil. Depuis, une véritable campagne d’intimidation psychologique se déploie contre les correspondants étrangers accusés de <em>« fabriquer »</em> l’événement : convocations, visites de policiers, filature, détentions, menaces d’expulsion…</p>
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<p><div id="attachment_1099" class="wp-caption aligncenter" style="width: 230px"><img class="size-full wp-image-1099" title="ai_weiwei" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/04/ai_weiwei.jpg" alt="Ai Weiwei" width="220" height="293" /><p class="wp-caption-text">Ai Weiwei</p></div></p>
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<p>Avec l’arrestation d’Ai Weiwei, le doute n’est plus permis : ce raidissement n’est pas un épisode de plus dans le cycle classique des <em>« fermetures »</em> succédant aux <em>« ouvertures »</em>. Le pouvoir a clairement opté pour la manière forte et tient à le faire savoir. Fils d’un célèbre poète qui fut le chantre de Mao dans les années 50, Ai Weiwei, longtemps protégé par une immunité étonnante, est un personnage trop public pour que son arrestation n’ait pas reçu l’aval des plus hautes instances du pays. Officiellement accusé de <em>« fraude fiscale »</em> et de <em>« pornographie »,</em> Ai indisposait depuis longtemps l’aile dure par la férocité de ses critiques contre la corruption. Pire, il s’entêtait à coordonner une enquête collective sur les enfants victimes des <em>« écoles en tofu </em>» lors du séisme du Sichuan an 2007. Péché mortel aux yeux du Parti, décidé à ne jamais tolérer le moindre ferment d’une opposition organisée. En mettant à l’ombre ce célèbre poil à gratter, quitte à susciter un tollé dans le monde entier, la Chine sifflait résolument la fin de la récré.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Le conflit avec l’église protestante indépendante Shouwang – <em>« vigie »</em> en chinois – obéit à la même logique. Le charismatique pasteur Jin Tianming a beau insister sur le caractère apolitique de sa congrégation, l’ascendant considérable qu’il exerce sur ses 1000 fidèles le rend dangereux aux yeux des autorités. Comme toutes les églises <em>« domestiques »,</em> Shouwang refuse au nom de la liberté de la foi de s’affilier à l’église dite <em>« patriotique »,</em> soumise à l’autorité du Parti. Jusqu’à récemment, le pouvoir s’était montré assez tolérant vis-à-vis d’une foi capable de <em>« moraliser »</em> des individus déboussolés par l’effondrement des valeurs. Les <em>« durs »</em> viennent d’imposer leur intransigeance : ils empêchent l’église de prendre possession de locaux qu’elle avait achetés, tout en la faisant chasser d’une salle de réunion louée dans un restaurant. Barrée sur tous les fronts, Shouwang a réagi en demandant à ses adeptes de prier en plein air… D’où les arrestations des trois dernières semaines, et un conflit sans issue qui ne peut que s’envenimer. Et peut-être se propager aux nombreuses autres églises indépendantes avec lesquelles le pasteur Jin Tianming entretient des liens étroits.</p>
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<p><div id="attachment_1100" class="wp-caption aligncenter" style="width: 253px"><img class="size-full wp-image-1100" title="zhou-yongkang" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/04/zhou-yongkang.jpg" alt="Zhou Yongkang (image pornographique)" width="243" height="300" /><p class="wp-caption-text">Zhou Yongkang (image pornographique)</p></div></p>
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<p>Pour les défenseurs des droits civiques, ce tournant répressif trahit le poids croissant sur l’échiquier politique de Zhou Yongkang, membre du comité permanent du Bureau politique – le cercle suprême du pouvoir chinois. Bien qu’il soit classé N° 9 sur 9 membres, l’autorité de cet ancien ministre de la Sécurité publique est en réalité considérable car il supervise l’ensemble des organes de sécurité : police, services secrets, milices, tribunaux et prisons. À ce titre, il gère un budget pharaonique (68 milliards d’euros en 2011), soit plus que la défense nationale (65 milliards d’euros). Selon des diplomates européens, l’ascension de «<em> Monsieur-Répression »</em> a profité de la sourde lutte pour le pouvoir à l’approche de la succession de 2012. Si tout va bien, Xi Jinping succèdera à Hu Jintao. Mais les appétits sont nombreux et les tensions entre factions concurrentes pourraient créer une scission au sommet de nature à déclencher une avalanche de revendications. C’est le scénario du printemps de Tiananmen, et le pire cauchemar de la dynastie rouge, prête à tout pour éviter un remake. En attendant l’intronisation du prochain empereur, la société chinoise est donc priée de la mettre en veilleuse.</p>
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<p><strong>Révolte désespérée et violente répression à Kirti</strong><br />
 Un des plus grands monastères tibétains assiégé par la troupe, ses 2 500 moines retenus prisonniers et privés d’approvisionnement, une population locale tenant tête aux forces de l’ordre, deux personnes âgées tuées à coups de bâton pour avoir barré la route aux camions emportant 300 moines vers une destination inconnue… La ville-monastère de Kirti, située dans la région d’Aba, ou Ngaba en tibétain, (rattachée à la province du Sichuan) est depuis six semaines le théâtre d’une révolte désespérée et d’une violente répression.</p>
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<p><div id="attachment_1101" class="wp-caption aligncenter" style="width: 345px"><img class="size-full wp-image-1101" title="rigzin-puntsog" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/04/rigzin-puntsog.jpg" alt="Rigzin Puntsog" width="335" height="362" /><p class="wp-caption-text">Rigzin Puntsog</p></div></p>
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<p>Tout commence le 16 mars. Rigzin Puntsog, un jeune moine d’une vingtaine d’années, s’immole par le feu en protestation contre l’occupation chinoise. Selon les sources tibétaines, des policiers auraient éteint les flammes tout en le rouant de coups de pieds, contribuant ainsi à sa mort. De son côté, Pékin accuse <em>« une action criminelle soigneusement organisée dans le but de déclencher des troubles ».</em> Sans beaucoup de cohérence, la presse officielle décrit Kirti comme un lieu de perdition, où le jeu et la prostitution avaient libre cours.</p>
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<p>Bien que rattachée au Sichuan, la préfecture d’Aba est un haut-lieu de la culture tibétaine. Riche d’une population monacale de 10 000 personnes (sur 60 000 habitants), c’est également une place forte du commerce tibétain avec l’Inde et le Népal. Lors du soulèvement de Lhassa en mars 2008, le monastère de Kirti avait subi une répression très dure, attestée par des photos de corps baignant dans leur sang que des moines avaient réussi à faire sortir. Depuis, l’étau ne s’est pas desserré. À Aba, on chuchote que les policiers sont payés (environ 4 000 €) pour chaque arrestation d’un <em>« opposant »</em>. Que les moines arrêtés doivent, entre autres mauvais traitements, absorber de mystérieux <em>« médicaments »</em> qui attaquent leur santé physique et mentale… Impossible d’obtenir des informations indépendantes : la région a été fermée aux étrangers. Le ressentiment croissant des Tibétains ne fait, quant à lui, guère de doute.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Ursula Gauthier</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>source :</strong> le nouvel observateur<strong><br />
 </strong></p>
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		<title>Lobsang Sangay, nouveau Premier Ministre de l’Administration tibétaine en exil</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Apr 2011 16:12:12 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La commission des élections de l’Administration centrale tibétaine en exil, présidée par Monsieur Jampal Chosang, a annoncé ce matin les résultats du second tour des élections à la nomination du Premier Ministre ainsi que pour le renouvellement du Parlement en exil.
 
 Monsieur Lobsang Sangay, chercheur à Harvard et résidant aux Etats-Unis, a obtenu 27.051 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_1081" class="wp-caption aligncenter" style="width: 458px"><img class="size-full wp-image-1081" title="lobsang_sangay" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/04/lobsang_sangay.jpg" alt="Lobsang Sangay" width="448" height="308" /><p class="wp-caption-text">Lobsang Sangay</p></div></p>
<p>La commission des élections de l’Administration centrale tibétaine en exil, présidée par Monsieur Jampal Chosang, a annoncé ce matin les résultats du second tour des élections à la nomination du Premier Ministre ainsi que pour le renouvellement du Parlement en exil.</p>
<p><span id="more-1080"></span> <br />
 Monsieur Lobsang Sangay, chercheur à Harvard et résidant aux Etats-Unis, a obtenu 27.051 voix avec 55 % de votes exprimés en sa faveur. Lobsang Sangay est donc élu Premier Ministre de l’Administration en exil. Les autres finalistes, Monsieur Tethong Tenzin Namgyal a obtenu 18.450 voix et Monsieur Tashi Wangdi 3.173 voix.</p>
<p>Quant au renouvellement du Parlement en exil, la commission a annoncé l’élection des quarante-deux députés qui vont siéger à la XVe législature du Parlement en exil, dont vingt-huit représentant les trois provinces du Tibet, huit représentant les quatre écoles bouddhistes du Tibet, deux représentant la religion pré-bouddhique Bön, deux représentant le continent nord-américain et deux l’Europe.</p>
<p>Le Vénérable Thupten Wangchen, résidant  en Espagne et Madame Chungdak Koren, résidant en Norvège ont été élus pour les deux sièges attribués à l’Europe.</p>
<p>Le nouveau Premier Ministre ainsi que la XVe législature du Parlement en exil entreront en fonction à partir de septembre 2011 pour une durée de cinq ans.</p>
<p>Comme l’a annoncé Sa Sainteté le Dalaï Lama dans son message du 10 mars 2011, la révision de la Charte Constitutionnelle régissant la fonction de l’Administration en exil est en cours, dans la mesure où Sa Sainteté a déclaré se retirer de toutes fonctions administratives et politiques afin que naisse « un vrai Gouvernement du peuple, pour le peuple et élu librement par le peuple ». Dès la ratification de la Charte Constitutionnelle amendée par l’actuel Parlement, le nouveau Premier Ministre et la XVe législature exerceront de très hautes responsabilités avec des pouvoirs élargis.</p>
<p><strong>source :</strong> communiqué du Bureau du Tibet Paris</p>
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		<title>Yushu : reconstruction, friction, sinisation</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Apr 2011 21:21:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
Dévastée le 14 avril 2010 par un tremblement de terre qui a tué près de 3 000 habitants, la préfecture autonome tibétaine de Yushu, dans la province du Qinghai, est en plein chantier. La catastrophe a touché une zone jusque-là relativement préservée de l&#8217;influence chinoise. Mais elle a sonné aussi le glas de ce splendide [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1074" title="yushu2010" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/04/yushu2010.jpg" alt="yushu2010" width="650" height="431" /></p>
<p>Dévastée le 14 avril 2010 par un tremblement de terre qui a tué près de 3 000 habitants, la préfecture autonome tibétaine de Yushu, dans la province du Qinghai, est en plein chantier. La catastrophe a touché une zone jusque-là relativement préservée de l&#8217;influence chinoise. Mais elle a sonné aussi le glas de ce splendide isolement. Gyegu, le chef-lieu, petite ville de 80 000 âmes à 3 700 mètres d&#8217;altitude, a été vidée de ses habitants, section après section. Elle doit être reconstruite en un centre touristique moderne et “connecté” par de nouvelles infrastructures au reste de la Chine.<br />
 <span id="more-1070"></span><br />
 L&#8217;ampleur de la transformation programmée, et tout ce qui l&#8217;accompagne de bouleversements, provoque des fortes appréhensions : <em>“Les trois premiers mois, il y a eu un afflux de Chinois han, des ouvriers, des ingénieurs pour travailler à la reconstruction. Mais il a fallu attendre un plan directeur. Les Tibétains se demandaient ce qu&#8217;ils faisaient là, ça a créé de fortes tensions”, </em>raconte un jeune fonctionnaire tibétain surnommé Tuhuor. Le lancement des travaux de reconstruction à l&#8217;arrivée du printemps, un an après le séisme, a déjà été perturbé, tout début avril, par un sit-in de plusieurs centaines de Tibétains. Pendant trois jours, ils ont érigé des banderoles au centre de la ville pour réclamer plus de justice dans l&#8217;attribution des logements et la conversion de leurs terrains en espaces publics. <em>“La catastrophe est devenue une occasion pour le gouvernement de s&#8217;approprier des terrains. Les fonctionnaires viennent avec la police spéciale et menacent les gens en leur disant ‘le ciel est à l&#8217;Etat, la terre aussi” !</em> &#8221; dénonce l&#8217;écrivaine tibétaine Tsering Woeser, installée à Pékin, qui tient un blog d&#8217;informations sur les régions tibétaines. Certaines parcelles sont rachetées, a-t-elle appris, à vil prix. Les familles se plaignent aussi de devoir construire des maisons qui ne dépassent pas 80 m2, trop exiguës pour une famille nombreuse. Une trentaine de manifestants auraient été arrêtés.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Le choc du tremblement de terre et de l&#8217;ouverture a ravivé d&#8217;autres lignes de fractures. L&#8217;ensemble du monde tibétain n&#8217;a jamais été aussi volatil, trois ans après son embrasement, en mars 2008. Yushu appartient historiquement au Kham tibétain, une terre de guerriers, de nomades et de monastères au nord de la Région autonome du Tibet, c&#8217;est-à-dire le Tibet proprement dit. Sa population est tibétaine à plus de 90 %. Lors des opérations de sauvetage d&#8217;avril 2010, la télévision chinoise s&#8217;est exclusivement concentrée sur les efforts de l&#8217;armée chinoise, faisant peu cas de l&#8217;aide apportée par les moines, venus très nombreux pour déblayer et chercher les corps. Depuis, un documentaire en tibétain, produit par des moines, circule sous le manteau : il exalte l&#8217;unité des Tibétains dans l&#8217;épreuve&#8230;</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>A Gyegu, la première secousse de la modernisation avait eu lieu en 2009, avec la construction d&#8217;un aéroport. Les planificateurs chinois veulent désormais faire de Yushu un “hub ”, une “région connectée” que chemin de fer et voies express relieront à Xining, ainsi qu&#8217;au Sichuan, au Tibet et au Yunnan, explique un responsable du bureau de reconstruction de la ville. <em>“On va faire en trois ans ce qui aurait pris vingt ans !”,</em> dit le fonctionnaire, qui n&#8217;a pas autorité à s&#8217;exprimer et ne souhaite pas être identifié. <em>“Le PIB par tête d&#8217;habitant est ici très faible, on manque de services publics. Il n&#8217;y a pas de traitement des eaux. Le tremblement de terre, c&#8217;est l&#8217;occasion unique d&#8217;investir dans des infrastructures. On a beaucoup de subventions”,</em> poursuit son collègue, tibétain. Le responsable d&#8217;un groupe public de Pékin chargé de construire de la voirie à Gyegu assure qu&#8217;<em>“il y aura principalement des immeubles”</em> dans la nouvelle ville. Mais, nuance-t-il, <em>“le gouvernement local est conscient que l&#8217;écologie et la culture ethnique sont des atouts pour le tourisme”.</em></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Les autorités proposent de rebaptiser Gyegu en Sanjiangyuan, le nom de la réserve nationale <em>“des sources des trois rivières”,</em> toute proche. <em>“Adopter ce nouveau nom han, c&#8217;est couper les liens des Tibétains avec leur histoire et leur culture”,</em> craint Tsering Woeser. Dans une région au fort particularisme ethnique et religieux, la frontière est mince entre modernisation et sinisation. L&#8217;ONG chinoise Gongmeng, dans un rapport publié en 2010 sur les causes des troubles de 2008, déplorait que “le développement économique” et <em>“la modernisation de tous les aspects de la vie sociale”</em> soient considérés comme la panacée pour résoudre les problèmes dans les régions tibétaines, alors qu&#8217;ils provoquaient avant tout <em>“un sentiment de panique et de crise”</em> dans la population.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Les modèles économiques locaux sont déjà en pleine transition. Les éleveurs, semi-nomades, ont été obligés ces dernières années de s&#8217;installer en ville et de vendre leurs troupeaux. Cette politique de sédentarisation est d&#8217;autant plus mal vécue que les “nouveaux urbains” sont aujourd&#8217;hui captifs dans leur ville détruite. Deux activités ont pris le dessus : l&#8217;élevage des mastiffs tibétains, nouvelle lubie des nouveaux riches chinois. Et la cueillette du yartsa gunbou, le fameux “champignon chenille” tibétain aux riches propriétés médicinales qui se vend lui aussi à prix d&#8217;or dans le reste de la Chine. Or, les ressources sont limitées, et ces “bulles” enrichissent rarement les locaux, mais les intermédiaires.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>A Gyegu, les Chinois han sont les premiers à vous parler des tensions interethniques. “Hen luan” (“c&#8217;est le chaos”), vous confie-t-on sans cesse, en vous déconseillant de sortir le soir. Pourtant, la police campe à l&#8217;orée de la ville, et chaque soir un régiment patrouille. Les migrants han, comptabilisés dans une population flottante aux contours mal définis (ils seraient plusieurs dizaines de milliers à Yushu), sont souvent les premiers à faire les frais du malaise tibétain. Xu Caigang fait partie de ces petits commerçants du Sichuan, ces “colons” malgré eux, souvent pauvres, dont l&#8217;ardeur à la besogne alarme les populations autochtones dans les régions tibétaines. Il a débarqué une première fois à Gyegu en 2001, pour travailler sur un chantier. Il est ensuite rentré au pays, s&#8217;est marié. Puis il est revenu s&#8217;installer à Gyegu avec sa femme, a ouvert un petit commerce et partage un taxi avec un ami.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Le traitement auquel il est soumis depuis le séisme l&#8217;a révolté :<em> “Nous n&#8217;avons pas eu de tente, ni les 10 yuans d&#8217;allocations journalières. Alors que mon frère est mort durant le séisme, ma belle-soeur n&#8217;a absolument rien eu ! C&#8217;est très injuste. Ça fait six ans qu&#8217;on est là ! On nous a dit qu&#8217;on n&#8217;avait qu&#8217;à partir. Et qu&#8217;est-ce que je vais faire avec mon magasin ?”,</em> gémit-il, intarissable sur les turpitudes de ce Far West chinois où les lois sont encore plus mal appliquées qu&#8217;ailleurs en Chine. Les pleins pouvoirs octroyés aux cadres locaux du parti pour “maintenir la stabilité” (c&#8217;est-à-dire combattre les “forces hostiles” du dalaï-lama) en ont fait une “nouvelle aristocratie tibétaine, aux capacités administratives limitées et avec une compréhension arriérée de la gouvernance”, dénonçait le rapport 2009 de Gongmeng.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Xu Caigang se plaint que les migrants han soient très mal traités par les cadres tibétains locaux : ceux-ci se servent dans leurs magasins et ne paient pas. <em>“C&#8217;est nous, les victimes. Je ne pense pas que beaucoup de Han vont vouloir rester à Yushu”,</em> dit-il. Pourtant, il a l&#8217;espoir de tirer son épingle du jeu si la région s&#8217;ouvre : <em>“Elle se développera très vite. Et puis les Tibétains connaissent peu le monde extérieur&#8230;”</em> Avec la reconstruction, les frictions s&#8217;accroissent : mécontents du prix élevé des légumes dans les commerces chinois, des Tibétains ont commencé à ouvrir leurs propres échoppes et à boycotter celles des Han, rapportait le 12 avril Radio Free Asia, la radio américaine.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Les jeunes Tibétains sont eux aussi conscients des opportunités qu&#8217;apporte la modernisation. Mais la perplexité domine : <em>“C&#8217;est vrai qu&#8217;on veut tous avoir des choses modernes”, </em>reconnaît Karma, un jeune Tibétain professeur d&#8217;anglais qui a vécu huit ans au Népal et habite dans le district de Nangchen, au sud de Gyegu.<em> “Or, nous vivons sur une terre immense, et nos maisons sont de plus en plus petites. Notre terre, c&#8217;est eux - les Chinois, le gouvernement - qui la contrôlent. Et plus ça va, plus elle se rétrécit !”, </em>poursuit-il.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Karma gagne 1 000 yuans (110 euros) par mois. Trois de ses frères sont moines. La famille leur envoie de l&#8217;argent. Il goûte peu la dévotion des Tibétains et leur attachement aux superstitions. <em>“Les Tibétains donnent tout ce qu&#8217;ils ont aux temples. Ce n&#8217;est pas bon, non plus,</em> déplore-t-il. <em>Le dalaï-lama dit qu&#8217;il ne faut pas se battre avec les Chinois, qu&#8217;ils sont historiquement nos amis. Et que ce qui compte avant tout, c&#8217;est de s&#8217;éduquer.”</em></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Partir en Inde ou au Népal est souvent le seul moyen d&#8217;acquérir un minimum d&#8217;éducation dans les familles tibétaines les plus pauvres. Le gouvernement chinois scolarise les enfants de nomades, mais impose le mandarin, ce qui est mal accepté. Les plus privilégiés envoient leur progéniture étudier à Xining avec un tuteur tibétain pour l&#8217;accompagner, explique Tuhuor, le jeune fonctionnaire tibétain, qui est diplômé d&#8217;université.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><em>“Les nouvelles générations de Tibétains veulent que leurs enfants soient mieux éduqués, mais ils s&#8217;inquiètent aussi de les voir perdre leurs racines”,</em> ajoute-il, lucide. Chacun se demande de quoi demain sera fait, quand Gyegu sera remodelée en destination touristique de masse pour&#8230; Chinois.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: right;"><span id="lblDoc"><span style="font-weight: bold;">Brice Pedroletti </span></span>(le Monde, 26 avril)</p>
<p style="text-align: right;"> </p>
<p style="text-align: right;">Voir aussi :<a href="http://www.tibet-defacto.com/2010/04/20/gyegu-yushu-juste-avant-le-seisme/"> Gyegu (Yushu) juste avant le séisme)</a></p>
<p style="text-align: right;"> </p>
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		<title>Kirti : 2 morts et 300 moines tibétains arrêtés</title>
		<link>http://www.tibet-defacto.com/2011/04/26/kirti-2-morts-et-300-moines-tibetains-arretes/</link>
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		<pubDate>Tue, 26 Apr 2011 02:52:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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Répression. Deux personnes ont été tuées et 300 lamas arrêtés lors de l&#8217;attaque contre le monastère tibétain.
La   répression continue de s&#8217;abattre sur le monastère tibétain rebelle de Kirti, situé dans le comté d&#8217;Aba, dans la province du Sichuan. Cette ville-temple, peuplée de 2 500 moines, est assiégée depuis le 9 avril   [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1037" title="kirti-11" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/04/kirti-11.jpg" alt="kirti-11" width="650" height="497" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span id="more-1035"></span></p>
<p><span id="lblDoc"><strong>Répression. Deux personnes ont été tuées et 300 lamas arrêtés lors de l&#8217;attaque contre le monastère tibétain.</strong></span></p>
<p>La   répression continue de s&#8217;abattre sur le monastère tibétain rebelle de Kirti, situé dans le comté d&#8217;Aba, dans la province du Sichuan. Cette ville-temple, peuplée de 2 500 moines, est assiégée depuis le 9 avril   par des milliers de militaires et policiers chinois.</p>
<p>Environ 200   villageois campent aux abords du monastère pour empêcher les forces de   l&#8217;ordre de procéder à des arrestations. Jeudi, selon des sources   locales, des forces spéciales et des policiers ont roué de coups ces   villageois tibétains afin de se frayer un passage. Au moins deux d&#8217;entre   eux, des personnes âgées, ont succombé à ce passage à tabac en règle.   Plus de 300 lamas considérés comme des «meneurs» ont, peu après, été   emmenés en «rééducation politique» dans des autobus sous la menace   armée. Plusieurs moines de Kirti, récemment revenus de «rééducation»,   ont expliqué à des sources tibétaines qu&#8217;ils avaient été   systématiquement torturés à l&#8217;électricité.</p>
<p><span style="font-weight: bold;">Brûlures.</span> La lamaserie de Kirti, connue pour son militantisme en faveur de   l&#8217;indépendance du «Pays des neiges» et le retour du dalaï-lama, le chef   spirituel du peuple tibétain, est un casse-tête pour les autorités   chinoises. Lors des dernières grandes émeutes qui ont secoué l&#8217;ensemble   du Tibet, en mars 2008, l&#8217;armée chinoise a tué par balles au moins huit Tibétains qui manifestaient pour l&#8217;indépendance à Aba. Plusieurs  moines  de Kirti faisaient partie des victimes.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1063" title="kirti-2008-1" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/04/kirti-2008-1.jpg" alt="kirti-2008-1" width="650" height="488" /></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1064" title="kirti-2008-2" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/04/kirti-2008-2.jpg" alt="kirti-2008-2" width="650" height="488" /></p>
<p>Le 16 mars, lors  de  l&#8217;anniversaire de cette journée sanglante, un jeune lama de Kirti  nommé  Phuntsog s&#8217;est immolé par le feu devant le siège du gouvernement  local.  Des policiers chinois auraient éteint les flammes avant de le  rouer de  coups. De nombreux Tibétains se sont alors précipités pour le  protéger.  Amené à l&#8217;hôpital, il aurait succombé à ses brûlures et aux  coups  administrés par la police. Plusieurs centaines de Tibétains d&#8217;Aba   avaient alors manifesté et des centaines d&#8217;entre eux auraient été   arrêtés.</p>
<p>Officiellement, il ne se passe rien à Aba. <span style="font-style: italic;">«Les bonzes de Kirti profitent d&#8217;une vie normale et mènent normalement leurs activités bouddhistes»,</span> assurait, il y a quelques jours encore, un porte-parole du ministère   chinois des Affaires étrangères. Dans un même souffle, cet officiel   accusait les Etats-Unis de mentir sur les faits, après qu&#8217;un   porte-parole américain eut souligné, depuis Washington, que   l&#8217;intervention militaire chinoise à Kirti était <span style="font-style: italic;">«en contradiction avec les principes, reconnus internationalement, de la liberté religieuse et des droits de l&#8217;homme».</span></p>
<p><span style="font-weight: bold;">Messe.</span> Pékin fait tout pour qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de témoin. La région d&#8217;Aba est,   dans les faits, interdite aux étrangers depuis plusieurs semaines (<span style="font-style: italic;">Libération</span> du 8 avril). Mais ce n&#8217;est qu&#8217;hier que Pékin a annoncé, sans   explication, que les touristes étrangers n&#8217;étaient plus les bienvenus   dans cette zone où règne une forme de loi martiale.</p>
<p>La spirale de   la répression engendrant des réactions de défi n&#8217;est pas le seul  apanage  du Tibet. Hier, à Pékin, pour la troisième semaine consécutive,  les  fidèles d&#8217;une Eglise protestante indépendante, Shouwang, ont tenté   d&#8217;organiser une messe en plein air. Les autorités chinoises, qui ne   reconnaissent que les congrégations soumises au Parti communiste, ont   arrêté entre 20 et 30 fidèles qui s&#8217;étaient présentés pour l&#8217;office.   Près de 170 membres de cette Eglise avaient déjà été arrêtés le dimanche   10 avril, et une cinquantaine d&#8217;autres une semaine plus tard. Certains   ont ensuite été libérés, mais les responsables de la communauté ont  été  assignés à résidence.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Philippe Grangereau</strong> (Libération, 25 avril)</p>
<p style="text-align: right;"> </p>
<p>
<object style="height: 390px; width: 640px"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/fGjmVc4zCcY?version=3"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="never"><embed src="http://www.youtube.com/v/fGjmVc4zCcY?&#038;rel=0" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowScriptAccess="never" width="640" height="390"</object></embed></param></object></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong>La police a pris le contrôle du monastère de Kirti, à Aba, dans le Sichuan</strong></p>
<p>Depuis  dix jours, les moines tibétains du monastère de Kirti, à Aba, dans le  nord du Sichuan, résistaient à une de ces opérations de “rééducation  patriotique” contre les “monastères rebelles” qui se sont intensifiées à  partir de 2008 dans les zones tibétaines de Chine. De plus en plus  souvent, elles se concluent par l’envoi de convois entiers de moines  dans des centres prévus à cet effet. Les sévices auxquels y sont soumis  les récalcitrants — les moines doivent conspuer le dalaï-lama — sont  régulièrement dénoncés par les organisations de défense des droits de  l’homme à l’étranger.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Tout a basculé le 21 avril : informés qu’un transfert était imminent,  les moines, qui sont 2 500 à Kirti, se sont rassemblés dans les lieux  collectifs du monastère afin de faire bloc. Mais un responsable de la  préfecture d’Aba leur a assuré qu’il n’en serait rien. Les téléphones et  l’Internet furent ensuite coupés dans toute la ville. Selon  l’association Free Tibet, <em>“à partir de 21 heures, des équipes composées  d’une trentaine de membres de la police, de l’armée et de cadres du  parti ont investi les habitations individuelles à l’intérieur du  monastère et ont embarqué de force au moins 355 moines”.</em> Un témoin  aurait compté dix bus, le dernier ayant quitté le temple à 3 h 10 du  matin, vendredi 22 avril.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Les organisations tibétaines en exil ont rapporté le transfert des  moines et le gouvernement tibétain en exil a lancé un appel urgent à la  communauté internationale. Deux manifestants tibétains, un homme de 60  ans et une femme de 65 ans, seraient morts après avoir été violentés par  la police.<br />
 Aba était sous tension depuis l’immolation par le feu d’un jeune moine  <em>(Phuntsog),</em> le 16 mars. Les forces de police ont organisé un blocus du  temple à partir du 12 avril, tout en envoyant leurs “équipes de  travail” pour négocier. À l’extérieur, des habitants en colère avaient  tenté de gêner les manœuvres des autorités par des manifestations et des  blocages de routes, s’exposant à de violentes représailles.</p>
<p><div id="attachment_1047" class="wp-caption aligncenter" style="width: 209px"><img class="size-full wp-image-1047" title="phuntsog_kirti" src="../wp-content/uploads/2011/04/phuntsog_kirti.jpg" alt="Phuntsog" width="199" height="340" /><p class="wp-caption-text">Phuntsog</p></div></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>En Chine, la presse officielle a commencé à distiller des informations sur Aba, dénonçant un complot de la <em>“clique du dalaï-lama”</em> et une <em>“immolation criminelle soigneusement préméditée”</em>. Une action <em>“d’éducation légale”</em> est en cours pour résoudre <em>“les problèmes de moines qui se sont livrés au jeu”,</em> ont <em>“fréquenté des prostituées”</em> et ont <em>“diffusé des vidéos pornographiques”,</em> a rapporté, vendredi, l’agence Xinhua.<br />
 Mais les organisations tibétaines en exil ont diffusé, le 20 avril, une  vidéo prise d’un téléphone portable le 16 mars : on y voit des images  du moine brûlé, assis pétrifié dans une voiture, et d’opérations  policières, contredisant l’affirmation chinoise selon laquelle <em>“tout est normal à Aba”</em>. La préfecture d’Aba et celle voisine de Ganzi sont désormais fermées aux étrangers.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Brice Pedroletti</strong> (le Monde, 25 avril)</p>
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		<title>Chine : la manière forte comme seule réponse possible ?</title>
		<link>http://www.tibet-defacto.com/2011/02/21/chine-la-maniere-forte-comme-seule-reponse-possible/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Feb 2011 16:57:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Chen Guangcheng]]></category>

		<category><![CDATA[Pékin]]></category>

		<category><![CDATA[répression]]></category>

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L&#8217;appel s&#8217;est propagé sur le Web comme un feu de broussaille. Un mystérieux « mouvement chinois du jasmin »,  lancé on ne sait par qui, a été repris par d&#8217;innombrables blogs, forums  et fils de discussion, et surtout sur Twitter. Il appelait les  internautes à se réunir hier dimanche 20 février, à 14 heures, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_1030" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><img class="size-full wp-image-1030" title="wangfujing" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/02/wangfujing1.jpg" alt="A Pékin, la manifestation “du jasmin” rue Wangfujing" width="450" height="300" /><p class="wp-caption-text">A Pékin, la manifestation “du jasmin” rue Wangfujing</p></div></p>
<p><span style="font-size: medium;">L&#8217;appel s&#8217;est propagé sur le Web comme un feu de broussaille. Un mystérieux <em>« mouvement chinois du jasmin »</em>,  lancé on ne sait par qui, a été repris par d&#8217;innombrables blogs, forums  et fils de discussion, et surtout sur Twitter. Il appelait les  internautes à se réunir hier dimanche 20 février, à 14 heures, dans des  lieux désignés de 13 villes chinoises, pour réclamer <em>« du pain, du travail, des logements et de la justice »</em>.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><span id="more-1028"></span></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">On ne connaît pas exactement  l&#8217;ampleur de la réponse. A Pékin, plusieurs centaines de personnes, dont  beaucoup de policiers et de journalistes, se sont assemblées devant le  McDo de la rue Wangfujing. D&#8217;après les témoignages publiés sur Twitter,  les 13 lieux de rendez-vous dans les 13 villes étaient littéralement  noyés par d&#8217;abondantes forces de police, en costume ou en civil. L&#8217;armée  elle-même avait été mise sur un pied d&#8217;alerte. Des manifestants  pacifiques ont été embarqués manu-militari, sous l&#8217;oeil des caméras  étrangères.<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">La  répression avait en fait commencé dès le lancement du mot d&#8217;ordre :  samedi, déjà, plusieurs dizaines de personnalités connues de la société  civile ont été emmenées par des policiers - une pratique courante en  Chine quand on veut empêcher quelqu&#8217;un de parler à la presse ou de  participer à un événement public. Vingt-quatre heures après les manifs,  la plupart ne sont pas encore rentrés chez eux.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Tous  les observateurs reconnaissent que la situation en Chine est très  différente de celle des pays arabes, et la mobilisation incomparablement  plus faible. Les maîtres de Pékin n&#8217;ont pas vraiment de raison de  s&#8217;inquiéter. Pourquoi alors tant de crispation ? Pourquoi un tel recours  à la répression ?</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Une  des réponses tient bien sûr à l&#8217;angoisse permanente du gouvernement  chinois, qui découle elle-même de son fort sentiment d&#8217;illégitimité.  Hantées par le spectre du soulèvement de Tiananmen en juin 1989, les  autorités sont la proie d&#8217;une véritable phobie vis-à-vis de tout ce qui  pourrait ressembler de près ou de loin à un défi à leur pouvoir. Comme  toutes les phobies, cette hantise de l&#8217;insubordination est comme une  alarme déréglée qui se déclencherait à tout propos et hors de propos,  dès qu&#8217;un « signal », même infime, se pointe à l&#8217;horizon.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">D&#8217;autres  observateurs mettent l&#8217;accent sur le niveau réellement préoccupant de  l&#8217;agitation sociale. Nul mieux que le pouvoir ne mesure à quel point sa  « base sociale » est exiguë, à quel point la confiance dans les  autorités est sapée par la gloutonnerie des nantis et la monopolisation  des richesses nationales au profit précisément des profiteurs. Beaucoup  de militants des droits civiques m&#8217;expliquent que le pouvoir n&#8217;a plus  aucune légitimité, que le dialogue est rompu entre la caste dirigeante  et le peuple <em>« dirigé »</em>. Dans ces conditions, le scénario à la tunisienne ou à l&#8217;égyptienne n&#8217;est pas aussi insolite qu&#8217;on le pense.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Du coup, une <em>« bonne répression préventive »</em> peut apparaître comme la seule tactique disponible, quand l&#8217;embrasement  est considéré comme inévitable, et un soulèvement  appelé à se produire  tôt ou tard. C&#8217;est ainsi que des avocats des droits civiques expliquent  l&#8217;aggravation depuis environ un an et demi de la situation des droits  de l&#8217;homme en Chine. <em>« Tuer la révolte dans l&#8217;œuf »</em> serait devenu  la réponse réflexe d&#8217;un pouvoir sur le qui-vive. Une logique  destructrice, et suicidaire à terme. A quel terme ? C&#8217;est toute la  question.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">De fait, Pékin  montre de moins en moins de tolérance vis-à-vis de ses opposants.  Rappelons la condamnation de Liu Xiaobo à 11 ans de prison pour avoir  mis par écrit un projet de réforme constitutionnelle. Rappelons la rage  chinoise quand le prix Nobel de la Paix lui a décerné. Rappelons que sa  femme, Liu Xia, est en résidence surveillée depuis cette date, et  qu&#8217;aucun journaliste n&#8217;a le droit de lui parler.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Ils  sont nombreux les intellectuels, avocats et militants des droits  civiques qui subissent le même sort. La semaine dernière, toute la  presse s&#8217;est passionnée pour l&#8217;avocat <em>« aux pieds nus »</em>,  l&#8217;aveugle au visage d&#8217;ange, Chen Guangcheng. Ce courageux défenseur des  femmes de sa région, soumises à une effrayante politique de  stérilisations forcées et d&#8217;avortements ultra-tardifs, a payé son  engagement de 4 ans de prison, à la suite d&#8217;une mascarade de procès.</span></p>
<p><div id="attachment_1031" class="wp-caption aligncenter" style="width: 384px"><img class="size-full wp-image-1031" title="guangcheng" src="http://www.tibet-defacto.com/wordpress/wp-content/uploads/2011/02/guangcheng.jpg" alt="guangcheng" width="374" height="250" /><p class="wp-caption-text">L&#39;avocat aveugle Chen Guangcheng</p></div></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="font-size: medium;">Après avoir purgé sa peine sans le  moindre jour de remise, après avoir été maltraité en prison, il a été  relâché l&#8217;automne dernier. Mais ce ne fut pas la fin du confinement, ni  celui des mauvais traitements. <em>« Je suis passé d&#8217;une petite prison à une prison plus grande »</em>, déclare-t-il dans une vidéo. Par on ne sait quel incroyable tour de passe-passe, cette <a href="http://www.youtube.com/watch?v=Z2YB2EjRZso" target="_blank">vidéo</a> enregistrée par lui-même et par sa femme a passé le barrage formidable  dressé autour de leur maison campagnarde du Shandong. Ils y décrivent la  surveillance permanente, la présence des barbouzes non seulement <em>« aux quatre coins de la maison »</em>, mais aussi <em>« au sommet des murs d&#8217;enceinte »</em>.  De fait, on voit des types juchés sur le mur surplombant la cour  intérieure. On voit aussi, image plus perturbante, leur petite fille  interdite d&#8217;aller à l&#8217;école, apprenant tant bien que mal la table des  multiplications. La femme de Chen raconte la difficulté de nourrir sa  famille quand elle voit ses réserves fondre à vue d&#8217;œil. Sa belle-mère  âgée et malade est la seule à avoir le droit de sortir, mais elle ne  peut acheter que des légumes. Pas de viande, ni de charbon. Alors on  fait la cuisine à l&#8217;aide de feuilles de maïs séchées que la vieille dame  a réussi à ramener malgré sa jambe malade&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">La  même ONG qui avait mis la vidéo sur Youtube a annoncé, immédiatement  après sa diffusion, que le couple Chen avait été sévèrement battu, <em>« au point de devoir garder le lit »</em>. Mais on leur avait refusé le droit d&#8217;aller à l&#8217;hôpital.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">C&#8217;est  pour vérifier ces informations que plusieurs journalistes étrangers ont  décidé de se rendre à Dongshigu, le village où Chen Guangcheng et sa  famille sont emprisonnés dans leur propre maison. Dimanche 13 février,  je me suis rendue à Jinan, capitale du Shandong, en compagnie de Brice  Pedroletti, correspondant du Monde, et de Stéphane Lagarde,  correspondant de RFI. Nous avons loué une voiture à Jinan, et conduit  pendant trois heures jusqu&#8217;à la route 205 qui longe le village de  Dongshigu. L&#8217;allée qui mène au cœur du village était gardée par un vieux  minibus stationné à l&#8217;embranchement. Nous avons laissé cette entrée  principale, contourné le village et trouvé un autre accès plus éloigné  de la route.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Dans le  village voisin de Qianhouzi, des paysans nous ont confirmé que toutes  les entrées de Dongshigu étaient gardées, que la famille Chen était  strictement enfermée dans sa maison. Ils nous ont conseillé de  rebrousser chemin, car les étrangers qui prétendaient pénétrer dans le  village étaient systématiquement <em>« battus »</em>. Quand ils ont  compris que nous avions au contraire l&#8217;intention de nous approcher  autant que possible, ils ont exprimé une réelle inquiétude, insistant  lourdement sur le danger que nous courions.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Ils  se trompaient sur un point : le chemin sur lequel nous nous trouvions  n&#8217;était pas gardé ce jour-là. Nous avons donc pu pénétrer à Dongshigu,  un petit hameau aux ruelles très étroites. Les premières maisons  arboraient de superbes drapeaux rouges flambant neuves. Nous avons  demandé aux passants où était la maison de Chen Guangcheng. Bien que  surpris, les villageois nous ont indiqué comment y aller, ils ont même  suivi notre voiture jusqu&#8217;à une minuscule placette coincée au centre du  village. C&#8217;est là que nous avons garé. Des enfants nous ont indiqué une  venelle que nous avons empruntée. Au bout de quelques pas, nous étions  en vue du portail de Chen Guangcheng. Soudain, une demi-douzaine de  types qui étaient accroupis devant le portail nous ont aperçus. Ils ont  foncé sur nous.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Nous  brandissions nos cartes de presse (délivrées par le Bureau de la Presse  internationale, lui-même dépendant du Ministère chinois des Affaires  étrangères), nous répétions : <em>« Journalistes étrangers, journalistes étrangers »</em>.  La demi-douzaine de sbires nous ont poussés sans ménagements, nous  obligeant à abandonner la voiture sur la placette. Ils ont arraché le  Nagra de Stéphane Lagarde, ainsi que sa carte de presse qu&#8217;il tenait à  la main. Tout en me bousculant violemment, ils ont à plusieurs reprises  tenté de m&#8217;arracher mon sac, et n&#8217;ont reculé que quand j&#8217;ai poussé des  hurlements. Finalement, ils se sont mis à trois pour immobiliser Brice  Pedroletti, fouiller ses poches, et récupérer les clefs de la voiture  dans l&#8217;une d&#8217;entre elles.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Nous  avons ainsi été poussés sur les 300 mètres de chemin menant à la route.  Au moment où nous l&#8217;avons atteinte, la troupe de sbires avait grossi  jusqu&#8217;à atteindre une quinzaine d&#8217;individus. Ils nous ont obligés à  traverser la route de force, sans prendre vraiment garde à la  circulation pourtant intense sur cette route nationale. Ils nous ont  fait attendre sous bonne garde de l&#8217;autre côté de la route. Une voiture  aux plaques masquées et aux vitres noires est venue tourner autour de  nous. On pouvait voir le voyant lumineux d&#8217;une caméra s&#8217;allumer pendant  qu&#8217;ils nous filmaient.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Au  bout d&#8217;une vingtaine de minutes, ils nous ont rendu notre voiture,  qu&#8217;ils ont arrêtée devant nous à contresens de la circulation. Ils ont  rendu le Nagra - sans sa carte mémoire, et sans la carte de presse de  Stéphane. Comme j&#8217;insistais en disant que nous ne partirions pas sans  cette carte de presse, la violence est montée d&#8217;un cran. J&#8217;ai été saisie  par les bras, poussée brutalement dans le dos et fourrée de force dans  la voiture, pendant qu&#8217;ils hurlaient : <em>« Ouste, cassez-vous, dehors&#8230; »</em></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Nous  avons démarré, suivis par une voiture sans plaque. Stéphane a remarqué  que les pages écrites de son carnet de notes avait été coupées au  cutter, et que la mémoire de son téléphone portable laissé dans la  voiture avait été effacée. Décidés à porter plainte, nous nous sommes  rendus au poste de police le plus proche, toujours suivis par une  voiture sans plaque. Là, des policiers, l&#8217;air très embêtés, nous ont dit  que Dongshigu ne faisait pas partie de leur territoire. Nous nous  sommes alors rendus au poste de police de Shuanghou.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Les  agents qui nous ont reçus à Shuanghou se sont montrés peu accueillants,  voire hostiles. Comme j&#8217;appelais un responsable du Ministère des  Affaires Etrangères, un des fonctionnaires présents me hurlait : <em>« Raccroche, raccroche immédiatement. Tu n&#8217;as le droit de téléphoner à personne. »</em></span> <span style="font-size: medium;">Comme je lui disais qu&#8217;il s&#8217;agissait du Ministère chinois des Affaires étrangères à Pékin, il a hurlé de plus belle :</span> <span style="font-size: medium;"><em>« Je m&#8217;en fiche, ici on ne connaît ni le Ministère des Affaires étrangères, ni personne d&#8217;autre de Pékin ».</em></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Les  agents ont refusé d&#8217;enregistrer notre plainte. Quant aux violences que  nous venions de subir dans le village, le gradé nous a dit sans rire : <em>« Les  villageois ont un comité autonome de maintien de l&#8217;ordre. Ils ont le  droit de se défendre contre l&#8217;extérieur. Vous étiez peut-être des  voleurs ».</em></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Le souci  le plus vif des policiers était de nous voir déguerpir. Nous avons donc  quitté le commissariat de Shuanghou sur la promesse verbale qu&#8217;ils  chercheraient la carte de presse saisie par les gros bras de Dongshigu.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">La carte de presse n&#8217;a pas été rendue. Stéphane Lagarde a été invité à déclarer sa <em>« perte »</em>,  et à la publier dans les petites annonces d&#8217;un journal de Pékin. C&#8217;est  la procédure habituelle pour obtenir une nouvelle carte.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Le lendemain de notre passage mouvementé à Dongshigu, une équipe du <a href="http://www.nytimes.com/2011/02/19/world/asia/19china.html?_r=1&amp;emc=tnt&amp;tntemail1=y" target="_blank">New York Times</a> a été accueillie avec encore plus de violence au <em>« poste frontière »</em> de Dongshigu qui avait retrouvé ses gardes : les trois journalistes ont  été violemment arrachés de leur voiture, du matériel a été volé, un  ordinateur brisé, et la voiture endommagée. Un jour plus tard, trois  journalistes de <a href="http://edition.cnn.com/2011/WORLD/asiapcf/02/16/china.chen/" target="_blank">CNN</a> se rendant à Dongshigu ont été de la même façon stoppés. Repoussés  violemment, ils ont été chassés à coups de pierres. Comme la scène s&#8217;est  produite assez loin de l&#8217;entrée du village, il n&#8217;y avait que deux  sbires pour garder le passage. Le cameraman a donc pu filmer la scène,  et l&#8217;incroyable agressivité de ces individus.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Interpellé  lors de la conférence de presse hebdomadaire sur les violences et les  violations dont les journalistes étrangers ont été en quelques jours  victimes à Dongshigu, le porte-parole du Ministère chinois des Affaires  étrangères a répondu: <em>« Nous souhaitons que les correspondants  étrangers respectent les lois et les réglementations de la Chine (&#8230;)  les conditions nationales et en particulier les souhaits de la  population locale, afin d&#8217;éviter les désagréments ».</em></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Le  problème, bien sûr, ne vient pas de ce que les correspondants étrangers  ne respecteraient pas les lois chinoises. Aucun d&#8217;entre nous n&#8217;a commis  d&#8217;acte illégal. Il ne découle pas non plus des <em>« souhaits de la population locale »</em>.  Le mercredi 16 février, soit trois jours après notre mésaventure, une  quinzaine d&#8217;avocats pékinois se sont réunis dans un restaurant du centre  de la capitale pour discuter de la situation de l&#8217;avocat aveugle. le  jour-même, plusieurs d&#8217;entre eux ont été arrêtés, passés à tabac, roués  de coups de pieds. On est sans nouvelles de deux d&#8217;entre eux. Quand il  s&#8217;agit de Chen Guangcheng, la police de la capitale sait se montrer  aussi brutale que les nervis et les voyous qui font la loi dans un  hameau du Shandong.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Ce  qui ne laisse rien augurer de bon quant à la façon dont Chen Guangcheng  et sa famille sont traités dans leur village transformé en citadelle de  non-droit, à l&#8217;abri des yeux du monde.</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: medium;"><strong>Ursula Gauthier</strong></span></p>
<p style="text-align: right;"> </p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-size: medium;"><strong>source : </strong><a href="http://gauthier.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/02/21/la-chine-connait-elle-encore-autre-chose-que-la-maniere-fort.html" target="_blank">Nouvel Obs</a><strong><br />
</strong></span></p>
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		<title>Une chanson chinoise contre la dictature&#8230; en Égypte</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Feb 2011 17:57:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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“En avant ! En avant ! Le rugissement du lion mettra fin aux larmes, enterrera la dictature ! Pas d&#8217;égalité, pas de droits de l&#8217;homme, les racines de la pauvreté, le peuple n&#8217;est plus un mouton ! Frères et sœurs égyptiens, le peuple chinois est avec vous !”
Décidément, l&#8217;onde de choc de ce qui se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe title="YouTube video player" width="480" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/rzujzXb3NDI?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>“En avant ! En avant ! Le rugissement du lion mettra fin aux larmes, enterrera la dictature ! Pas d&#8217;égalité, pas de droits de l&#8217;homme, les racines de la pauvreté, le peuple n&#8217;est plus un mouton ! Frères et sœurs égyptiens, le peuple chinois est avec vous !”</p>
<p><span id="more-1012"></span>Décidément, l&#8217;onde de choc de ce qui se passe dans le monde arabe n&#8217;en finit pas d&#8217;avoir des répercussions, y compris jusqu&#8217;en Chine. Pour preuve cette étonnante chanson de “Red Uncle” sur des paroles de &#8220;Snowman&#8221; postée sur YouTube, présentée comme un hommage du peuple chinois à la révolution et au peuple égyptien et qui est évidemment un message à peine déguisé de ce qu&#8217;il faudrait faire ici en Chine. Bien sûr, la plupart des internautes chinois ne pourront voir ce clip, YouTube y étant bloqué. Mais de plus en plus nombreuses sont les personnes capables de &#8220;sauter le mur&#8221; de la censure. Il y a également actuellement un appel sur Twitter (également bloqué) pour des manifestations dans plusieurs grandes villes demain. Malgré la censure et le contrôle drastique des médias, une partie du peuple chinois arrive à s&#8217;informer et à relayer des initiatives de résistance. Je doute que l&#8217;on voit demain arrivé la même chose que ce qui s&#8217;est produit sur la place Tahrir mais il va être tout de même très intéressant de suivre l&#8217;évolution de ces actions.</p>
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		<title>La Chine couleur jasmin&#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Feb 2011 16:30:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Un certain nombre d&#8217;utilisateurs d&#8217;Internet en Chine continentale essaient d&#8217;organiser des manifestations anti-gouvernement dans les grandes villes demain. Toutefois, ils se rendent compte qu&#8217;il est difficile d&#8217;échapper à la censure du gouvernement.

Un message intitulé “La Chine jasmin” - une référence à la récente “révolution de jasmin” en Tunisie - a été envoyé via le service [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un certain nombre d&#8217;utilisateurs d&#8217;Internet en Chine continentale essaient d&#8217;organiser des manifestations anti-gouvernement dans les grandes villes demain. Toutefois, ils se rendent compte qu&#8217;il est difficile d&#8217;échapper à la censure du gouvernement.</p>
<p><span id="more-1008"></span></p>
<p>Un message intitulé “La Chine jasmin” - une référence à la récente “révolution de jasmin” en Tunisie - a été envoyé via le service de réseau social, Twitter <em>(bloqué en Chine sauf pour ceux qui arrivent à “sauter le mur”).</em> Ce message appelle à des rassemblements en masse pour exiger la liberté de la presse, des réformes politiques, l&#8217;indépendance judiciaire et un meilleur niveau de vie.</p>
<p>Mais il semble que les autorités qui censurent de manière très strict le contenu sur Internet, n&#8217;aient pas tardé à sévir. Un site continental - peacehall.com - qui a relayé le message a été bloqué, les utilisateurs se retrouvant automatiquement redirigés vers Yahoo.</p>
<p>Des recherches pour “révolution de jasmin” ne donnent aucun résultats sur les moteurs de recherche en Chine continentale.</p>
<p><strong>source </strong>: <a href="http://www.rthk.org.hk/rthk/news/englishnews/news.htm?hightlight&amp;20110219&amp;56&amp;735050" target="_blank">RTHK.HK</a></p>
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