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  Arrestation de 6 moines dans le district de Jomda


Monastère de Wara (photo : tchrd)

Monastère de Wara (photo : tchrd)

Samedi 15 mai 2010 : la Chine fait arrêter 4 moines du monastère de Wara de la municipalité de Thangpu, district de Jomda (chinois : Jiangda xian) dans la préfecture de Chamdo, Région « Autonome » du Tibet.

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Selon le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), les moines sont soupçonnés d’avoir conduit et initié des manifestations aux quartiers généraux du district au printemps 2008. Deux autres moines de rang supérieur du même monastère ont été mis en garde à vue pour « échec à l’éducation des moines selon la campagne patriotique d’éducation ».


Les moines ont été pris au monastère très tôt le matin suite à deux raids le samedi et le dimanche. Thinley, 25 ans et Nangsey, 27 ans, ont été arrêtés dans leurs chambres pendant que Soegon lui, a été capturé alors qu’il alertait les autres de l’arrivée de la police dans le monastère. Un autre moine, Kelsang Gyurmey, 29 ans, s’est fait prendre dans sa maison, la police ne le trouvant pas au monastère.


Les quatre moines sont actuellement détenus au centre de détention de la police du district de Jomda.


Les deux autres moines de rang supérieur, Sonam Gonpo dit Soegon, 40 ans et Tagyal, 29 ans, ont eux été arrêtés le samedi 16 mai pour « échec à l’éducation » des moines selon la « campagne patriotique d’éducation » lancée lors des manifestations au Tibet en 2008. On ne sait pas où ils sont détenus.


Le 3 avril 2008, les moines du monastère de Wara s’étaient heurtés à « l’équipe de travail » gouvernementale chinoise en refusant de se soumettre à la campagne d’éducation patriotique et en déclarant « même au prix de nos vies, nous ne renierons pas notre guide, le Dalaï-lama. »

source : Phayul

 

  Mort d’un moine tibétain suite à des tortures

Phuntsok Lhundup, 32 ans, (nom civil : Kalden), un moine du monastère de Drepung, a succombé des suites de ses blessures infligées sous la torture en prison. Il était originaire du village N° 8, commune de Tso-doe, district de Phenpo Lhundup, ville de Lhassa, dans la « région autonome » du Tibet.

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Phuntsok Lhundup

Phuntsok Lhundup



Le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD) ne connaît pas la date précise de sa mort qui s’est produite le mois dernier (août 2009). Phuntsok faisait parti des 300 moines qui avaient initié une marche de protestation à partir du monastère de Drepung en direction du centre de Lhassa le 10 mars 2008, soit 4 jours avant le soulèvement de masse dans la capitale et la répression qui s’est ensuivie. Après avoir stoppé la marche en cours de route, les forces de sécurité avaient arrêté tous les moines.


Depuis son arrestation, aucune information n’avait filtré sur son sort. Ni sa famille, ni d’autres moines de Drepung n’avaient de renseignement sur sa détention.


Citant plusieurs sources, le TCHRD précise que Phuntsok est mort à la mi-août 2009 à la suite d’une période prolongée de détention avec tortures. Son corps a été remis à un parent éloigné vivant à Lhassa.


Samdup, le frère aîné de Phuntsok et appartenant au même monastère, a également été arrêté le 10 mars 2008 et son sort demeure totalement inconnu.



Samdup

Samdup



source : Phayul

 

  Un neveu de Khenpo Jigme Phuntsok en prison

Un neveu de Khenpo Jigme Phuntsok, le défunt fondateur et maître de l’institut de bouddhisme de Serthar (Larong Gar), est en prison depuis bientôt un an.

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D’après des sources en contact avec Serthar, Ngagchung a été arrêté en même temps que son frère, Thaphun et que de Drudak du monastère de Serthar, le 8 juillet 2008 par la police de Chengdu. Thaphun et Drudak sont relâchés rapidement mais pas Ngagchung qui est accusé de divulguer des informations aux “forces séparistes” par le biais du téléphone et d’autres moyens.

 

Ngagchung

Ngagchung

 

Les proches de Ngagchung n’ont pas d’information précise sur son lieu de détention malgré leurs efforts pour le retrouver. Les autorités chinoises ne leur ont pas accordé de droit de visite.

 

Ngagchung a étudié le bouddhisme au monastère de Serthar pendant plus de 20 ans.

 

Le site de Larung Gar

Le site de Larung Gar

 

Les autorités chinoises ont commencé à mener des mesures de répression à l’encontre du monastère de Serthar Larung Ngarig à la fin des années 90. Le 18 avril 2001, les autorités réitèrent l’ordre de ne pas dépasser un quota de 1 400 étudiants qui mènera à l’éviction de plus de 7 000 d’entre eux.
source : Phayul

 

Defacto :

l’histoire de Khenpo Jigme Phuntsok et la fondation de l’institut bouddhiste de Serthar (Larong Gar) a été un phénomène exceptionnel. Dans le Kham, il est encore extrêmement vénéré et il est courant de voir son portrait. Cela s’explique en partie par le fait qu’il est à l’origine du renouveau du bouddhisme tibétain dans le Tibet d’aujourd’hui. Reconnu dès l’âge de 5 ans comme étant la réincarnation de Terton Sogyal, un des maîtres du 13e Dalaï-lama, il reste au Tibet même pendant les années les plus noires de la révolution culturelle pendant lesquelles il retourne à une vie de nomade en se jouant des forces chinoises qui tentent de le faire renoncer à ses pratiques religieuses.

 

Khenpo Jigme Phuntsok doit également sa popularité au fait qu’il soit un “Terton”, c’est-à-dire un découvreur de “Terma” qui signifie “trésors”. Ces trésors sont des legs spirituels qui auraient été cachés par Padmasambhava lui-même et par d’autres maîtres du bouddhisme il y a des siècles. Ces Terma sont souvent des textes, des petites statues ou des petits coffres cachés dans des endroits improbables et isolés souvent au sein de la roche même.

 

Cette tradition Nyingma revivifiée confère à Khenpo Jigme Phuntsok une aura miraculeuse qui va fasciner au-delà des frontières du Tibet. Lors d’un voyage en Chine, il mettra à jour d’anciennes grottes sacrées totalement oubliées.

 

En 1980, dans la vallée de Larong, près de Serthar (préfecture de Kardze), il fonde l’institut bouddhiste de Serthar (également appelé l’institut bouddhiste de Larung Gar ou Larong Gar). Comme les restrictions religieuses se relâchent à cette époque, les autorités chinoises ne s’en formalisent pas. Larung Gar est une vallée isolée et il n’y a qu’une poignée d’étudiants. Mais bientôt la vallée déserte se retrouve couverte d’un nombre impressionnant de petites cahutes car l’institut va attirer plus de 8 500 étudiants tant la réputation de Khenpo Jigme Phuntsok est phénoménale. Et parmi ces étudiants, environ 1 000 sont des Chinois… C’est certainement une des raisons qui vont mener les autorités chinoises à vouloir endiguer le phénomène. En 2001, une bonne partie de l’institut est rasée.

 

La destruction du site de Serthar

La destruction du site de Serthar

 

Le 7 janvier 2004, Khenpo Jigme Phuntsok meurt dans un hôpital militaire, officiellement pour une déficience cardiaque. Une version contestée par beaucoup.
Bien que sous une forme réduite, l’institut a perduré après ces événements. Il serait intéressant de savoir ce qui s’y passe aujourd’hui…

 

Pour en savoir plus :

Une page sur l’histoire de Serthar sur le site du TCHRD

 

Le chapitre de David Germano consacré à Serthar (mais écrit avant la répression) : “Re-membering the dismembered body of Tibet: Contemporary Tibetan visionary movements in the People’s Republic of China” dans Buddhism in Contemporary Tibet: Religious revival and cultural identity. UC Press

 

Une vidéo de la destruction du site :