archives pour juillet 2009

  Des Tibétains doivent exposer des photos du Dalaï-lama

D’après Voice of Tibet, les autorités gouvernementales du district de Chogro à Kardze obligent les Tibétains à exposer des photos du Dalaï-lama sur leurs autels.

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Le Dalaï-lama à Bercy

Le Dalaï-lama à Bercy

 

Les Tibétains dans la région sont très surpris, pour ne pas dire méfiants envers cette nouvelle attitude des autorités.

 

Phurba, un moine du monastère de Drepung loseling (celui en Inde du sud) dit qu’il tient ses informations de sources sûres à Chogro qui se situe dans la région traditionnelle tibétaine de Trehor.

 

D’après Phurba, les autorités affirment que l’interdiction des photos du Dalaï-lama dans le passé ne venait pas d’un ordre gouvernemental mais d’initiatives individuelles visant à restreindre la possession des photos de celui que la Chine accuse d’inciter au séparatisme.

 

Phurba ajoute que pour le moment, aucun Tibétain n’a encore placé une photo du Dalaï-lama dans sa maison.

 

Les Tibétains sont pour le moins surpris de ce nouvel ordre et prudents par peur d’être bernés par ce que les analystes appellent “la politique de la carotte et du bâton”. Les Tibétains n’arrivent pas à croire que les autorités qui les ont forcés à abjurer le Dalaï-lama leur demandent maintenant d’afficher des photos du leader tibétain.

 

Dans des villes plus grandes, les autorités ont même fourni leurs propres tirages en grand format de photos du Dalaï-lama.

 

Les Tibétains au Tibet (en région autonome) n’ont même pas le droit de posséder ce type de photos et encore moins évidemment celui de les exposer librement. Nombreux sont les cas de Tibétains purgeant de longues peines de prison à cause de ces restrictions.

 

Phurba ajoute que les autorités à Tongkhor ont brûlé environ 18 sacs de photos du Dalaï-lama il y a tout juste quelques mois.

 

Defacto : avant les événements de 2008, les autorités étaient relativement plus tolérantes sur cette question dans le Kham et dans l’Amdo où l’on pouvait voir parfois des portraits du Dalaï-lama dans certaines maisons et (bien que de manière très discrète) dans certains monastères. Mais pas question toutefois d’exposer des photos du véritable Panchen-lama, sujet totalement tabou.
source : Phayul

 

  Un moine condamné à 3 ans de prison pour avoir défié la campagne d’éducation patriotique

D’après le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), un moine tibétain a été condamné à 3 ans de prison début juillet (2009) pour avoir voulu résister à la campagne de (ré) éducation patriotique du gouvernement chinois il y a 2 ans.

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Le tribunal du peuple du district de Kardze a condamné Jamyang Tenzin, 35 ans, du monastère Yonru Geyden Rabgayling à Lithang, pour avoir défié la campagne “d’Éducation Patriotique” en 2007.
Citant une source, le TCHRD explique que Jamyang a été arrêté le 3 octobre 2007 pour s’être opposé à ce qu’une “équipe de travail” mène une campagne “d’Éducation Patriotique” dans son monastère dépendant de celui de Lithang.

 

Le TCHRD se préoccupe également du fait que le gouvernement chinois ait “violé la constitution et les lois internationales” en gardant en prison le moine pendant plus de 21 mois avant le procès. Le TCHRD émet aussi des doutes sur le respect du processus légal et si Jamyang a pu bénéficier d’une aide juridique. Avant le procès début juillet, sa famille ne savait absolument pas où il se trouvait.

 

Le TCHRD s’oppose à la condamnation de Jamyang Tenzin dont le droit d’expression n’enfreint pas la constitution.

 

Une campagne massive “d’Éducation Patriotique” a été lancée dans les institutions monastiques du district de Lithang à la suite des manifestations anti-Chine initiées par Ronggye A’drak lors de la fête annuelle du cheval à Lithang le premier août 2007.

 

Pendant une visite d’une “équipe de travail” au monastère de Yonru Geyden Rabgayling le 3 octobre 2007, Jamyang Tenzin a refusé de collaborer et a exprimé son soutien à Ronggye A’drak. Il a même clamé des slogans souhaitant une longue vie au Dalaï-lama avant d’être arrêté par la police.

 

Jamyang Tenzin, est né dans le village de Youru Sakhor dans le district de Lithang. Il a visité l’Inde en 1995 et étudié au monastère de Gaden Jangtse dans l’Inde du sud avant son retour au Tibet en 2004. Alors qu’il revenait au Tibet, il a été détenu à la frontière Népalo-Tibétaine et encore détenu plus tard pendant 3 mois.
source : Phayul

 

  Condamnés pour avoir enlevé le drapeau chinois/rénovation forcée pour des Tibétains de Ngaba

Deux jeunes Tibétains sont condamnés à deux ans de prison par un tribunal de la préfecture de Nagchu pour avoir descendu le drapeau national chinois du toit d’une école en avril cette année (2009). C’est ce qu’un Tibétain venant d’arriver au Népal a rapporté à la radio Voice of Tibet.

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La police du district de Diru dans la préfecture de Nangchu après s’être rendue compte de l’incident s’est mise en quête des coupables. Les autorités ont appréhendé des habitants de la commune de Tsashul où se situe l’école pour mener leur enquête qui les conduit à l’arrestation de deux jeunes de 20 ans, Namlha et Tsewang Jigdrak.

 

Originaires du village de Thanka Drungu dans la commune de Tsashul, ils sont condamnés à deux ans de prison. La source ajoute que leur action est représentative du ressentiment des Tibétains à l’égard du gouvernement chinois.

 

Par ailleurs, Voice of Tibet indique que dans la région de Ngaba, les Tibétains sont contraints par les autorités chinoises de blanchir à la chaux et de rénover leurs maisons.

 

Les Tibétains cette année ont fait l’impasse sur les festivités habituelles et le travail de décoration de leurs maisons pour la nouvelle année tibétaine (losar) afin de pleurer leurs morts et d’exprimer leur solidarité avec les victimes de la répression chinoise de l’année dernière.

 

Les Tibétains de Ngaba, témoins de la répression sanglante des forces chinoises l’année dernière s’opposent à l’ordre émis par le gouvernement d’embellir leurs maisons.

 

Un cas similaire de rénovation obligatoire a récemment été rapporté dans le district de Sershul.
source : Phayul

 

  Deux Tibétains de retour d’exil gravement torturés

Deux jeunes tibétains en exil retournant au Tibet ont été brutalement torturés par la police chinoise suite à leur arrestation près de la frontière du Népal en avril de cette année.

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D’après boxun.com, un site Web en langue chinoise, les deux jeunes étaient en Inde pour aller à l’école gérée par le gouvernement tibétain en exil.

 

Dagah et Tsuiltrim de la Préfecture autonome du Tibet de Dechen dans la province du Yunnan ont tenté une première fois d’entrer au Tibet en février. Ils sont arrêtés à la frontière par une patrouille chinoise qui leur indique qu’il y a en ce moment des restrictions gouvernementales sur les déplacements des jeunes tibétains à la frontière. Les deux retournent alors à la capitale népalaise et reviennent à la frontière en avril. De nouveau, une patrouille chinoise les arrête sous prétexte que leur permis de voyage a expiré depuis quinze jours.

 

Les deux jeunes sont emmenés dans un centre de détention à Shigatsé où la police chinoise les interroge pendant plusieurs jours. D’après le site, ils sont soumis à de terribles séances de torture durant lesquelles ils sont frappés avec des matraques électriques ce qui provoque de graves lésions sur leurs abdomens et leurs organes génitaux.

 

Avant leur départ du Népal, les deux jeunes avaient contacté par téléphone leurs familles dans le Yunnan. Les recherchant, les deux familles les localisent au centre de détention de Shigatsé. D’après les sources, la mère de Dagah s’est évanouie en voyant son fils dans un état de faiblesse extrême. Alors que la famille de Dagah obtient sa libération sous caution, les parents de Tsuiltrim seraient en route pour Shigatsé pour le faire libérer.

 

Dagah a été admis dans un hôpital de Kunming dans le Yunnan pour y suivre un traitement médical. Des sources fiables ont fait part au site Web de l’inquiétude des médecins envers les problèmes médicaux que Dagah risque d’avoir plus tard dans sa vie malgré sa récupération progressive à l’hôpital.

 

Selon le site, il y a d’autres Tibétains au centre de détention de Shigatsé arrêtés soit alors qu’ils fuyaient le Tibet soit de retour d’exil.

 

source : Phayul