archives pour mars 2009

  Mort d’un moine sous les coups de la police chinoise

Un moine tibétain de 27 ans est décédé le 25 mars à la suite de ce que certains médias ont qualifié d’« altercation » entre des agriculteurs et la police. Mais pour le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), c’est la police de sécurité chinoise qui l’a frappé à mort.

[…]


D’après le TCHRD, Phuntsok, du district de Drango, Kardze, a été sévèrement battu pour avoir collé des tracts anti-gouvernementaux sur les murs d’une antenne de la police de sécurité, sur le pont de Shara Thang-do, et sur des eucalyptus bordant routes et autoroutes dans le district de Drango.

 

Phuntsok aurait planifié son action afin d’exprimer sa solidarité avec ses confrères du monastère de Drango, torturés, maltraités et emprisonnés lors des manifestations de mars 2008.

 

Phuntsok faisait campagne pour exhorter les habitants du district d’arrêter toute activité agricole en « signe de deuil pour les moines torturés et emprisonnés par les autorités chinoises. »

 

Phuntsok a été repéré par la police de sécurité alors qu’il collait ses tracts sur les murs d’un centre de services automobile. Il a immédiatement pris la fuite en moto mais a été rattrapé puis battu à coups de matraque.

 

La police chinoise a déclaré qu’il s’était suicidé. D’après un rapport de Reuters, un employé de l’Hôpital du Peuple du district de Luhuo a aujourd’hui confirmé le décès mais en l’attribuant à un accident de moto.

 

Le 27 mars, la Police Armée Populaire (PAP) a arrêté 11 Tibétains du village de Da-do pour avoir bravé l’injonction des autorités chinoises les sommant de reprendre leurs activités agricoles. Ils ont ensuite été exhibés à travers tout le village.

Selon le TCHRD, leur sort est inconnu. On sait juste qu’ils ont été vus pour la dernière fois dans un hôpital bouclé par la Police Armée Populaire.

source : Phayul

 

  Le commissariat de Xining attaqué

D’après l’agence Chine Nouvelle un commissariat de police a été attaqué, dimanche, à Xining, capitale de la province du Qinghai, une région voisine du Tibet à forte population d’origine tibétaine.

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Deux policiers ont été blessés. Il s’agit de la deuxième attaque en huit jours contre un commissariat de police. Des incidents qui interviennent alors que la Chine célébrait samedi le 50e anniversaire de l’échec de la rébellion tibétaine contre la Chine. Une répression qui avait fait, selon les Tibétains en exil, quelque 87000 morts entre mars et octobre 1959. Cette année, la Chine s’était assuré qu’aucune manifestation n’aurait lieu en renforçant son arsenal sécuritaire au Tibet et dans les provinces voisines.

Malgré l’imposant dispositif militaire et l’isolement presque total du Tibet et des régions voisines, des incidents sont tout de même signalés régulièrement depuis plusieurs semaines. Encore une fois, c’est un commissariat qui a été attaqué dans le Qinghai, une province proche du Tibet où résident de nombreuses communautés tibétaines.

Selon les informations transmises par l’agence officielle Chine Nouvelle, le commissariat de Xining, la capitale de la province, a été attaqué tôt dimanche matin. Deux policiers ont été blessés. Une enquête a été ouverte, indique l’agence chinoise, sans donner plus de précisions.

Ces quelques incidents montrent bien que la région n’est toujours pas pacifiée, malgré les discours officiels. Ils interviennent alors que la Chine célébrait pour la première fois hier la Journée d’émancipation des serfs, une journée destinée à marquer les 50 ans de la chute du régime féodal et la libération des paysans tibétains. À Pékin, mais aussi à Lhassa, d’importantes manifestations se sont déroulées en présence de personnalités chinoises et tibétaines pour défendre l’appartenance du Tibet à la Chine. Une opération de propagande largement relayée par la presse officielle, qui continue d’alimenter une campagne féroce à l’encontre du Dalaï-lama.

source : RFI

 

  Chérir les fruits du mensonge

« Le 28 mars est peut-être la date la plus importante de toute l’histoire des droits de l’homme dans le monde ». Vous ne le saviez pas ? C’est pourtant ce qu’affirme la Chine. Et question droits de l’homme, Pékin en connaît un rayon…

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Pour en savoir plus sur ce fameux 28 mars, ouvrons les médias chinois. Nous avons l’embarras du choix.

Tiens, le Quotidien de Peuple par exemple :

« Pour chérir les fruits de la réforme démocratique : célébration du 50e anniversaire de la libération de millions de serfs tibétains ».


Ah oui et ben dites-donc. Mais que dit l’agence Chine Nouvelle ?

« Pour chérir les fruits de la réforme démocratique : célébration du 50e anniversaire de la libération de millions de serfs tibétains ».


Ah d’accord, alors consultons vite le Economic Daily :

« Pour chérir les fruits de la réforme démocratique : célébration du 50e anniversaire de la libération de millions de serfs tibétains ».


Le Guangming Daily nous précise même que :

« Pour chérir les fruits de la réforme démocratique : célébration du 50e anniversaire de la libération de millions de serfs tibétains ».


Et il n’a pas échappé au Sichuan Daily que :

« Pour chérir les fruits de la réforme démocratique : célébration du 50e anniversaire de la libération de millions de serfs tibétains ».


Pourtant de son côté le Zhejiang Daily affirme que :

« Pour chérir les fruits de la réforme démocratique : célébration du 50e anniversaire de la libération de millions de serfs tibétains ».


C’est un peu curieux car le Beijing Daily n’hésite pas de son côté à titrer :

« Pour chérir les fruits de la réforme démocratique : célébration du 50e anniversaire de la libération de millions de serfs tibétains ».


Ce qui, il est vrai, va un peu dans le même sens que le Science & Technology Daily :

« Pour chérir les fruits de la réforme démocratique : célébration du 50e anniversaire de la libération de millions de serfs tibétains ».


Dans le même temps le CPPCC Daily va lui jusqu’à imprimer que :

« Pour chérir les fruits de la réforme démocratique : célébration du 50e anniversaire de la libération de millions de serfs tibétains ».


Remarquez, d’autres que lui ont fait exactement la même chose, tel le Gansu Daily, le People’s Daily Online, CCTV. com, le Qinghai Daily… La liste est quasiment sans fin. Il n’y a qu’aux informations télévisées que l’on a pu entendre que :

« Pour chérir les fruits de la réforme démocratique : célébration du 50e anniversaire de la libération de millions de serfs tibétains ».


Grâce à une totale liberté de ton éditoriale qui ne le dispute qu’à la diversité florissante des points de vue typiquement chinoise, nous savons maintenant pourquoi le 28 mars est une date clé dans l’histoire de l’humanité.


L’idée est simple. Le 10 mars au Tibet commémore le soulèvement de 1959 contre l’occupation chinoise. Le 50e anniversaire tombe donc cette année. Le 14 mars est maintenant lié aux émeutes de l’année dernière. Tout cela fait désordre. Pourquoi ne pas instaurer un jour de fête le 28 (assorti de vacances) afin de célébrer la seule chose qui vaille, devinez quoi : « la libération de millions de serfs tibétains ».


Allez, c’est dit, et pour bien marquer le coup, on organise une grande cérémonie à Lhassa juste devant le Potala, histoire de ne pas faire de provocation.


Quelques photos émouvantes de la cérémonie :

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La foule en liesse devant le Potala

 

La foule en liesse devant le Potala cadrée différemment.

La foule en liesse devant le Potala cadrée différemment.

 

Mais revenons à nos moutons de serfs et d’esclaves tondus durant des siècles par le régime théocratique féodal le plus cruel et le plus malfaisant qui se puisse imaginer. Les témoignages n’ont pas manqué lors de la cérémonie. Par exemple celui d’un vétéran de l’Armée populaire de Libération (APL) : « Les esclaves hurlaient et mendiaient. Certains avaient eu leurs jambes coupées par leurs propriétaires, d’autres avaient eu les yeux arrachés ou n’avaient plus de mains. » Un véritable cauchemar on vous dit et qui concernait 95 % de la population. Alors quoi, il fallait bien faire quelque chose.

 

Je ne vais pas ici m’étaler sur la véracité des affirmations dont Pékin bombarde le monde actuellement. Il faudrait tout un livre pour aborder sérieusement le sujet (d’une vallée à l’autre, la situation pouvait être très différente). Disons pour résumer que, oui, le Tibet était encore assez arriéré avec un système de « corvée » qui s’appliquait à environ 20 % de la population. N’oublions pas non plus un isolement quasi total à l’époque qui ne favorisait pas une évolution rapide de son système social. Oui, il y avait des abus, mais la propagande chinoise est totalement malhonnête en mélangeant des punitions issues de codes pénaux vieux de plusieurs siècles avec ce qui se passait réellement dans les années 50. On peut trouver aussi nombre de témoignages où les « serfs » allaient pique-niquer ou pratiquer le tir à l’arc avec leurs maîtres quand ils ne prenaient pas carrément une année sabbatique pour effectuer des pèlerinages. La propagande se garde bien également de mentionner les grandes réformes déjà entreprises par les gouvernements tibétains de l’époque. Qui se souvient par exemple que la peine de mort a été abolie au Tibet en 1898 ? Ah oui, quand-même… Certainement pas Pékin.

 

Le pouvoir chinois oublie aussi dans son discours humaniste d’auto-congratulations de préciser qu’il a repris, cinq ans après leur « libération », les terres données aux décidément pauvres serfs. Il s’agissait officiellement de « collectivisation ». C’était bien la peine.

 

Mais ce que Pékin oublie encore plus, c’est qu’au petit jeu des comparaisons, la Chine à la même époque n’est pas sûre d’en sortir la tête haute. Le peuple était la proie d’une meute d’usuriers, et bien souvent, pour s’en sortir, on devait « vendre » son petit garçon à une famille de propriétaires terriens chez qui il devenait serviteur à vie. Ou bien, variante, « vendre » sa petite fille à un lupanar. Quant à ceux qui s’avisaient de rouspéter, je cite pour mémoire la charmante coutume d’exposer sur la place publique les petits délinquants, la tête enserrée dans des planches jusqu’à ce que mort s’ensuive. Remarquez, en attendant ils pouvaient se distraire en regardant les enfants leur jeter des pierres…


Que ce soit pendant l’entre-deux guerres ou ensuite sous les communistes, c’est bien elle qui avait le système de servage le plus absolu :

Interdiction de choisir son métier et interdiction d’en changer ensuite.

Interdiction de changer de lieu d’habitation.

Interdiction de se marier sans autorisation (et encore moins avec la personne de son choix).

Interdiction d’avoir un enfant quand on le désire.

 

Si les ouvriers attachés à leur « unité de travail » obtiennent certains droits comme l’accès aux soins ou l’éducation pour leurs enfants, il n’en va pas de même pour les paysans qui, eux, n’ont droit à strictement rien. Attachés à la terre au service des communes populaires, les esclaves, ce sont eux.


Et ce sans même parler des véritables coups de folie d’un régime qui ira jusqu’à exiger que les paysans fondent tout le métal de leurs outils de travail, de leur première pioche jusqu’à leur dernière casserole, pour alimenter les « petits hauts fourneaux » du Grand Bond en avant. Lequel bond fut tellement grand et tellement en avant qu’il entraîna avec lui la mort de plusieurs dizaines de millions de personnes. Sûrement encore un grand pas dans l’histoire de l’humanité que vantait déjà la presse de l’époque.


À partir des années 80, la situation s’est heureusement améliorée sous la houlette de Deng Xiaoping et de ses réformes économiques. Mais aujourd’hui encore, il y a de véritables esclaves en Chine et les paysans sont toujours les éternelles victimes. Il suffit de voir ce qui se passe dans certaines mines. Enlevés ou attirés par la promesse d’un salaire, les braves « mingongs » (travailleurs migrants) fraîchement débarqués de la campagne se retrouvent enfermés et enchaînés. Papiers, autorisations de séjour et contrats confisqués, ils deviennent des sous-hommes mal nourris travaillant jour et nuit. Cela a beau être illégal, ces scandales sont tellement nombreux qu’ils indiquent une certaine complicité chez nombre de cadres locaux du Parti qui doivent y trouver leur compte.

 

Alors, avant de donner des leçons en travestissant l’histoire pour détourner l’attention du monde d’une colonisation répressive, la Chine ferait mieux de s’occuper de ses serfs.

 

  Youtube bloqué et visa refusé

Le pouvoir chinois ne relâche pas la pression ces derniers jours. Bien au contraire, il continue d’agir sur tous les fronts. L’accès à Youtube, le site de partage de vidéos, est bloqué en Chine depuis le lundi 23 mars. Par ailleurs, l’Afrique du Sud a refusé son visa au Dalaï-lama qui devait participer à une conférence à Johannesburg.

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Coïncidence, c’est au moment où Pékin remet en cause l’authenticité de la vidéo montrant une petite partie de la répression au Tibet (traduite ici sur Tibet-defacto), que le site de Google se retrouve bloqué. « Pour l’instant, nous n’avons pas d’informations à vous fournir », a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Ca a le mérite d’être simple.

« Nombre de personnes ont à tort l’impression que le gouvernement chinois craint internet. En fait, c’est exactement le contraire », a assuré aux journalistes Qin Gang, le porte-parole. Il aurait pu ajouter: « Avec seulement 4 nœuds d’accès pour tout le pays, il est vraiment facile pour nous de le contrôler. C’est ce qui explique la lenteur exaspérante du débit ici. De plus nous avons développé des partenariats fructueux avec entre autres Google, Microsoft et Yahoo pour traiter certains termes non harmonieux comme “Tien’anmen” (qui renvoie à d’utiles infos touristiques) ou “dalaï” qui est banni. Baidu, notre propre moteur de recherche est lui aussi tout à fait sécurisé. Nous avons également simplifié l’usage d’Internet dans la riante province du Tibet en le coupant totalement. Mais j’ai oublié de vous parler de notre cyber-police. Une autre fois si vous le voulez bien. »

 

Pour ce qui est du refus de l’Afrique du Sud d’accorder un visa au Dalaï-lama, c’est assurément une énorme source de satisfaction pour Pékin qui rêve de le voir banni par le plus grand nombre de pays possibles.

Le chef spirituel tibétain devait participer avec d’autres prix Nobel à une conférence sur le football comme instrument de lutte contre le racisme et la xénophobie. Le gouvernement du pays qui doit accueillir la Coupe du Monde 2010, prétend ne pas avoir été influencé par Pékin pour sa décision, affirmant juste que « la présence du Dalaï-lama n’était pas du meilleur intérêt pour l’Afrique du Sud en ce moment ». Pourtant, des médias locaux ont eux dénoncé une pression de la part de Pékin comme le Sunday Independent qui cite Dai Bing, le ministre conseiller à l’ambassade de Chine à Pretoria. Ce dernier a clairement dit que son pays avait exhorté l’Afrique du Sud à empêcher cette visite sous peine d’altérer de bonnes relations bilatérales.

La Chine est en effet devenue un investisseur et un partenaire commercial énorme dans le pays.

Les lauréats et le comité du prix Nobel ont eux menacé de ne pas participer à la conférence si la décision était maintenue. La décision est maintenue et la conférence simplement annulée.

 

Pour conclure, sachez que la rumeur a un prix. La famille du moine suicidé (Cf. infos du 22 mars) recevra une compensation financière de deux cent mille yuans chinois (23 000 €). Or le gouvernement local avait bien affirmé que c’était uniquement une simple rumeur sur la mort de ce moine prisonnier qui avait provoqué les grandes manifestations (et arrestations) à Ragya.

 

  Arrestation de deux nonnes à Kardze

Citant une source en exil, la radio Voice of Tibet a annoncé l’arrestation de deux nonnes tibétaines, Yulshey, 33 ans et Tsetan Lhamo, 28 ans, au cours d’une nouvelle manifestation à Kardze.

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Les religieuses portaient un sac contenant des tracts politiques en scandant des slogans demandant le retour du Dalaï-lama et l’application des droits de l’homme pour les Tibétains.

Les religieuses seraient maintenant dans le nouveau centre de détention de Kardze.

Les membres de leurs familles sont accusés de complot contre le gouvernement chinois avec l’appui des “groupes séparatistes du Dalaï-lama”. Ils ont été convoqués au siège du gouvernement local ce matin.

source : Phayul

 

  Ouverture de “Tibet-defacto”

Coup d’envoi pour Tibet-defacto. L’idée du site me trottait dans la tête depuis un moment. Rendre disponible pour les francophones la masse des faits qui se déroulent dans les régions tibétaines. Depuis que je connais le Tibet, je suis frappé par le nombre d’événements dramatiques étouffés par la chape de plomb chinoise. L’information transpire parfois sur le web — comme par exemple sur Phayul.com —, mais touche rarement les internautes français. On trouvera ici des dépêches et des vidéos traduites de l’anglais. Pour en savoir d’avantage sur le pourquoi de ce site, vous pouvez lire le « à propos ».

[…]

L’âme du Tibet est présente aussi à travers ses paysages. C’est un pays où la géographie a façonné, plus qu’ailleurs, l’esprit du peuple. Je mettrai en ligne, au fur et à mesure, de nombreuses photos en haute résolution. Grâce à Zoomorama (une technique de “zooming” qui permet un agrandissement spectaculaire), vous pouvez “entrer dans la photo” et vous y promener. Plus tard, je mettrai également en ligne des vues panoramiques à 360°. En espérant que cela vous donne ne serait-ce qu’une idée de la beauté saisissante de ces paysages, de ces architectures et de ces visages. Voici pour commencer trois premiers sujets visuels.

J’ai eu la chance de rencontrer des Tibétains exceptionnels. Deux de ces vidéos sont déjà visibles sur le site. D’autres suivront.

Tibet-defacto est ouvert aux suggestions. N’hésitez pas à me laisser vos commentaires.

 

  Grande manifestation et arrestations à Ragya

Selon la presse officielle chinoise, les arrestations seraient liées à l’attaque d’un poste de police par plusieurs centaines de personnes. Elle ferait suite aux “rumeurs” sur la disparition d’un moine, arrêté vendredi par la police.

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Une centaine de moines tibétains ont été interpellés dans une ville à forte population tibétaine du nord-ouest de la Chine après l’attaque d’un poste de police, a rapporté dimanche 22 mars, l’agence Chine Nouvelle.

« La police a arrêté six personnes ayant participé à l’attaque. 89 se sont rendues », a indiqué Chine Nouvelle. « Sur les 95 personnes (interpellées), toutes sauf deux sont des moines du monastère de Ragya », situé à côté de la ville où s’est produite l’attaque, dans les montagnes du Qinghai, a précisé l’agence.

Ce sont près de 100 moines du monastère qui auraient pris part à cette émeute au cours de laquelle des manifestants ont attaqué des policiers et des responsables officiels dont certains sont légèrement blessés.

Le nombre de manifestants reste incertain, Chine Nouvelle ayant également évoqué la présence de plusieurs centaines de manifestants. La plupart des manifestants s’étaient dispersés samedi après-midi tandis qu’une trentaine, restés sur place, ont quitté les lieux dimanche matin, a précisé Chine Nouvelle, citant les autorités locales. Dimanche matin, des officiels se sont rendus au monastère pour demander aux présumés manifestants de se rendre, a encore indiqué l’agence.

La police de Rabgya n’a pas souhaité commenter l’information.

Selon Chine Nouvelle, les manifestants ont réagi à des « rumeurs » sur la disparition d’un homme interrogé vendredi pour avoir « appelé à ‘l’indépendance du Tibet’ ». Toujours selon l’agence officielle, cet homme portant le nom tibétain de Zhaxi Sangwu (ça, c’est plutôt sa version chinoise… — Tibet-defacto) s’est échappé samedi d’un poste de police de Rabgya avant de disparaître.

Une habitante de Rabgya a entendu dire que l’homme arrêté était un moine, a-t-elle indiqué à l’AFP sous couvert de l’anonymat. « J’ai entendu dire que des moines et d’autres personnes se sont rassemblés devant le poste de police après le suicide du moine qui s’est jeté dans le fleuve », a-t-elle déclaré.

Cette habitante a également fait état d’une importante présence militaire dimanche dans la ville. « Je ne suis pas sortie hier ni aujourd’hui car on m’a déconseillé de le faire », a-t-elle encore témoigné.

source: NouvelObs

 

Près de deux mille Tibétains ont investi les rues de Ragya aujourd’hui à l’annonce de la mort d’un moine tibétain. Des manifestations se sont tenues en face de la station de police locale et des bureaux gouvernementaux. Les manifestants, furieux, ont réussi à reprendre à la police le drapeau national tibétain qui avait été précédemment confisqué par les autorités chinoises.

Les manifestations se sont déclenchées suite à la mort de Tashi Sangpo, 28 ans, qui se serait suicidé en sautant dans la rivière Machu après que les autorités aient découvert dans sa chambre des prospectus politiques et le drapeau tibétain. Tashi était un moine du monastère Ragya qui est toujours totalement bouclé depuis le 10 mars. Des tracts de nature politique avaient été distribués dans le monastère et le drapeau national tibétain hissé dans la principale salle de prière.

La radio Voice of Tibet a indiqué que sept camions militaires de troupes sont arrivés à Ragya en provenance du Golok et que des renforts supplémentaires venant de Xining ont été demandés.

source: Phayul

 

  103 moines de Lutsang libérés, 6 toujours détenus

Sur les 109 moines du monastère de Lutsang arrêtés le 25 février lors d’une marche de protestation pacifique dans le district de Mangra, 103 ont été libérés aujourd’hui a indiqué la radio Voice of Tibet.

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Citant une source du monastère de Drepung en Inde du sud, la station précise que 6 sont toujours en garde à vue.

Les 6 moines toujours détenus seraient Jamyang Sherab, Jamyang Ngodup, Jamyang Khenrab, Lungtok, Thabkhey Gyatso et Kunsang.


« Ce ne sont pas des membres de l’administration du monastère mais des moines d’un niveau avancé en termes d’éducation monastique, je crois qu’ils sont suspectés d’être les instigateurs de la manifestation » déclare la même source. Les 109 moines du monastère de Lutsang avaient été emmenés dans une école pour y subir de sévères séances de rééducation patriotique.


Les autorités chinoises ont ordonné aux moines non originaires du district de Mangra de retourner dans leurs foyers. Presque la moitié d’entre eux sont concernés.

La police passe constamment la région au peigne fin, y compris les maisons des civils à qui l’on raconte que les forces séparatistes du Dalaï-lama projettent d’empoisonner l’eau potable.

source : Phayul

 

  Premières images des exactions de la Chine au Tibet

Dévoilées par le site du Bureau du Tibet à Genève, les premières images (extrêmement violentes) de la répression des manifestations à Lhassa en mars 2008. En voici la version traduite et sous-titrée par Tibet-defacto.

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  Une bombe lancée dans un poste de police à Bathang

Une bombe a été jetée dans une station de police nouvellement construite dans le district de Batang (tib : Bathang), province du Sichuan, d’après Liu Xiaojun, un fonctionnaire de la police chinoise, rapporte Associated Press. Aucun blessé n’a été signalé.

[…]

L’explosion, survenue juste après lundi minuit a fait voler en éclats les fenêtres de la gare de Bogexi, une ville de la préfecture autonome tibétaine de Ganzi (tib : Kardze), dans la province du Sichuan.

Le bâtiment n’était pas encore occupé et une enquête est en cours, a déclaré Liu qui travaille au bureau de la sécurité publique du district de Batang à environ sept kilomètres de la frontière avec la RAT (Région Autonome du Tibet).

Traditionnellement, la région relève de la province du Kham, l’une des trois provinces du Tibet. 

Le China Daily, journal d’état, impute l’explosion à des « terroristes » mais ne fournit aucun autre détail.

source : Phayul