6 arrestations à Lhassa

Selon des sources autorisées, cette semaine, les autorités chinoises ont arrêté 6 Tibétains après que plus d’une centaine de personnes se soient rassemblées et aient marché dans « un exercice de leur droit à pratiquer le bouddhisme tibétain », selon ce qu’elles ont annoncé à la police.

[…]

 

Des habitants disent qu’il s’agit du premier grand rassemblement à Lhassa depuis les manifestations contre le gouvernement chinois, initiées à cet endroit en mars 2008.

 

« Ce n’était pas une manifestation mais un sangsol » ou offrande aux divinités bouddhistes, rapporte un habitant de Lhassa dans une interview. L’homme raconte qu’il a été détenu pendant 3 jours, du 7 au 10 juin. « Beaucoup d’entre nous ont été détenus, mais ce n’est pas facile de donner des détails au téléphone », ajoute-t-il.

 

Selon une autre source, 6 autres Tibétains ont été mis en détention pour interrogatoire. Il n’a pas été précisé combien ont été libérés trois jours plus tard.

 

Les 6 personnes seraient : Pedo, Dege Pema Drimey, Dege Phurba, Dege Dokyab, Dege Dorje Tsering et Nangchen Thubpa.

 

Geshe Monlam Tharchin, Tibétain installé à Dharamsala, dit avoir appris par des témoins de ces événements que 200 Tibétains se sont réunis tôt le 7 juin, vêtus de leurs costumes tibétains traditionnels dans le quartier du marché à Lhassa.

 

Ils ont recueilli de l’argent et ont fait des offrandes au temple principal de la ville, le Jokhang, puis ont traversé le marché, sont passés devant les bâtiments du gouvernement provincial et se sont dirigés vers le Potala.

 

Lorsqu’ils ont atteint l’espace en face du Potala, ils se sont tournés vers le Potala et ont crié pour la victoire des divinités. Ils portaient tous des écharpes traditionnelles tibétaines. Lorsqu’ils ont voulu aller au temple de Nechung, ils ont été stoppés par plusieurs membres de la Police armée.

 

Davantage de Tibétains se sont réunis vers 4 heures de l’après-midi dans la zone du marché de Trumse Khang, où ils ont été immobilisés et interrogés par les autorités auxquelles ils ont répondu qu’ils exerçaient leur liberté religieuse. Six Tibétains ont alors été mis en détention.

 

Les fonctionnaires de la municipalité, interrogés sur les faits, refusent de répondre. Mais un fonctionnaire du Bureau de la Sécurité Publique de Lhassa qui a répondu au téléphone dit « Personne n’a été détenu. Il s’agissait d’un événement religieux ».

 

« La République Populaire de Chine autorise l’exercice de leur religion aux Tibétains », a-t-il ajouté.

 

Le 7 juin est une date auspicieuse qui correspond à la pleine lune de printemps. Cette fête est appelée Saka Dawa dans le calendrier tibétain, et marque la naissance, l’éveil et le parinirvana du Bouddha.

 

source : tibet-info.net. Rédigé par Monique Dorizon D’après Radio Free Asia 10 juin 2009 et Phayul, 11 juin 2009

 

  Tiananmen : les ombrelles de la honte

Tous les journalistes et toutes les télévisions qui ont voulu filmer la place Tiananmen le 4 juin 2009 ont eu droit à la même performance pour le moins insolite : l’ouverture d’ombrelles devant les objectifs…

[…]

 

Contrairement aux tanks, le ridicule ne tue pas. C’est ce qu’a dû penser le gouvernement chinois en envoyant une armada de flics en civil munis d’ombrelles pour systématiquement les placer devant les objectifs des équipes de télévisions ou de ceux des photographes ayant pourtant en principe toutes les autorisations officielles. Lire par exemple à ce sujet, l’expérience de Brice Pedroletti du journal le Monde sur son blog.

 

Une manière d’agir d’autant plus grotesque que la place est entièrement sous contrôle policier, les flics en civil étant plus nombreux que les véritables passants ou touristes. Ce faisant, le pouvoir actuel confirme qu’il est bien l’héritier de celui de 89. Un état totalitaire et criminel qui continue de vouloir étouffer la mémoire de son propre peuple.

 

Voici trois exemples à (ne pas) voir pour le croire :

Al Jazeera :

 

CNN :

 


BBC :

 

  Restrictions religieuses à Lhassa et arrestations à Labrang

Le gouvernement chinois intensie les restrictions sur les activités religieuses des Tibétains à Lhassa au moment du Saka Dawa, le mois sacré du bouddhisme.

[…]

Tous les personnels travaillant de près ou de loin pour le gouvernement ont reçu des instructions très fermes. L’ordre donné de ne pas se rendre dans les temples concerne en priorité les fonctionnaires et les étudiants.

 

À Lhassa, les forces de sécurité sont encore renforcées. Les touristes eux-mêmes sont de plus en plus contrôlés. Les familles tibétaines doivent rendre des comptes sur les éventuelles visites en Inde ou à l’étranger de certains de leurs membres.

 

Par ailleurs, deux moines sont portés disparus depuis une rafle dans le monastère de Labrang le 14 mai 2009.

 

Tsundue Gyatso, 35 ans, et Sonam Gyatso, 38 ans, ont été arrêtés pour la quatrième fois par la police, toujours à propos des multiples manifestations en 2008 à Labrang.

 

Tsondi Gyatso

Tsondi Gyatso

Sonam Gyatso

Sonam Gyatso

 

 

Les familles et les proches qui ont tenté en vain d’apporter vêtements et nourritures en se rendant à la station de police, se sont entendus dire que de nouveaux interrogatoires relatifs à l’implication des moines dans les manifestations étaient en cours et qu’ils seraient prochainement relâchés.
Mais impossible de connaître le lieu de détention ou l’état de santé des deux moines.

source : Phayul

 

  Il y a 20 ans : le massacre de Tiananmen

Suivant de quelques mois la répression du soulèvement de Lhassa en mars 1989, le massacre des étudiants chinois manifestant sur la place Tiananmen a eu lieu il y a tout juste 20 ans.

À cette occasion, Tibet-defacto publie une série de photos prises par des étudiants chinois et confiées ensuite à un étranger pour les sortir clandestinement de Chine en témoignage du massacre. Ces images illustrent une séquence particulièrement tragique qui s’est déroulée sur à peine vingt minutes.

[…]

 

4 juin 1989

 

6 h 10 : Les derniers étudiants sont en train d’évacuer calmement la place Tiananmen en portant leurs banderoles.
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6 h 12 : Quand ils débouchent sur l’avenue Chang’an au carrefour Liubukou, à 50 mètres du siège du gouvernement et du Parti, ils voient foncer vers eux trois chars venant de la place.

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6 h 15 : Un tir très nourri de gaz lacrymogènes enfume l’air. Des étudiants tentent d’éviter les chars en escaladant les barrières.

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6 h 17 : Le carrefour Liubukou après le passage de ces trois chars.

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6 h 20 : Pendant que d’autres chars continuent de circuler sur l’avenue, les gaz se dissipent. Des témoins se précipitent sur un blessé qui s’accroche à la barrière. Sur la chaussée, il y a onze morts.

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6 h 25 : Deux hommes tentent de poser des garrots sur ce qui reste des jambes broyées d’un des étudiants piégés au carrefour Liubukou.

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Nous savons aujourd’hui qu’il s’agit de Fang Zheng, qui avait aidé une jeune fille à sauter la barrière, sans avoir le temps de se mettre lui-même à l’abri. Quelques années plus tard, il a décroché le titre de champion de Chine d’athlétisme pour handicapés. Mais le gouvernement lui a interdit de participer aux Jeux asiatiques. Qu’aurait-il répondu aux journalistes l’interrogeant sur la cause de son handicap ?

Las des harcèlements systématiques, il vient de quitter la Chine pour la Californie.

 

Cette séquence n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des massacres commis à Tiananmen. Il est possible d’en trouver d’autres sur le Net comme par exemple sur  www.64memo.org, un site consacré à la mémoire des événements de 1989.

 

Comme toujours, la propagande chinoise a bien sûr immédiatement commencé son travail de réécriture de l’histoire.

Extrait d’une bande dessinée officielle parue le 21 juillet 1989 :

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« Les troupes ont fait preuve d’une maîtrise absolue. En revanche, les émeutiers contre-révolutionnaires, remplis d’une haine à mort contre l’Armée Populaire de Libération, ont mis à profit cette modération pour déclencher les bagarres, la casse, les incendies et les meurtres que chacun a pu constater. »

(Tiens… ça ne vous rappelle rien ce type de discours ? Cherchez bien.)

 

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« À 5 h 30, le travail de nettoyage est complètement achevé. Parmi les étudiants qui étaient calmement installés comme parmi ceux qu’il a fallu forcer à partir, il n’y a pas eu un seul mort. »

(Est-il besoin de commenter ?)

 

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« La place Tiananmen est revenue dans les mains du peuple et les troupes de la loi martiale ont complètement triomphé: les troubles contre-révolutionnaires dans la capitale ont été écrasés d’un coup.

Dans le processus de pacification, l’Armée Populaire de Libération, la Police Militaire Populaire et la Sécurité publique ont fourni une inaltérable contribution en luttant au risque de leur vie et avec héroïsme. »

(« Revenue dans les mains du peuple »… Parce qu’avant la place était dans les mains de hérissons géants ? Et sans prétendre vouloir donner de leçons aux experts de la propagande chinoise, je trouve l’emploi du mot « écrasés » plutôt malvenu.)


Et aujourd’hui ? Eh bien c’est quasiment la même chose. Le pouvoir chinois fait plus que jamais l’impasse sur ces événements. Rien dans la presse, rien à la télé. Mieux, à la veille du vingtième anniversaire, il neutralise les anciens dissidents, fait taire les “mères de Tiananmen” qui réclament la vérité sur la mort de leurs enfants, bloque nombre de sites internet ou de plates-formes de discussions comme Hotmail, Twitter, Flickr, WordPress, Blogger, etc. La liste est longue. Les moteurs de recherche (locaux comme étrangers) renvoient comme d’habitude à des informations touristiques si vous tapez “Tiananmen” et les recherches d’images vous donnent une très belle série de cartes postales.

 

Il ne s’est rien passé à Tiananmen.

 

  Deux manifestants évadés du Tibet parlent des atrocités chinoises

Deux frères évadés du Tibet impliqués dans les manifestations de l’année dernière contre l’autorité chinoise ont rejoint Dharamsala.

[…]

 

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Tsewang Dhondup montre ses blessures lors de la conférence de presse. (Photo de Dhonyoe)

 

 

Tsewang Dhondup, 38 ans et Lobsang Thupten, 31 ans, originaires de Tehor, (district de Dragko (Ch : Luhuo), préfecture autonome de Kardze (Ch : Ganzi), province du Sichuan) avaient participé avec des centaines d’autres personnes à une grande marche de protestation contre les autorités chinoises dans le district de Dragko le 24 avril 2008. En tête de cette marche, des nonnes et des moines du monastère de Palden Chokri.

 

La manifestation pacifique s’était terminée par des tirs meurtriers de la police armée chinoise, faisant au moins deux morts et plus de dix blessés graves.

 

Tsewang pense qu’il y a eu probablement beaucoup plus de victimes.

 

“Vers 16 h 30, le 24 mars, une grande marche de protestation menée par environ 150 nonnes du couvent de Ngangong se met en branle à Dragko. La marche est ensuite rejointe par des moines de Palden Chokri et des centaines de civils, principalement des paysans”, explique Tsewang.

Les marcheurs chantaient “Longue vie au Dalaï-lama”, “Chine, quitte le Tibet”, et “Retour de Sa Sainteté le Dalaï-lama au Tibet”.

 

“Plus tard, plus de 300 policiers chinois armés ont ouvert le feu au hasard dans la foule. Ils ont également lancé des gaz lacrymogènes et fait usage de cannes électriques et de matraques métalliques pour réprimer la manifestation. Ces forces chinoises ont frappé sans aucune retenue et sans montrer la moindre pitié.”

 

Tsewang a été touché par deux fois en essayant d’aider Kunga, un moine de 20 ans du monastère de Chokri, blessé par balle.

 

“Alors que j’essayais de sauver la vie de kunga, j’ai moi-même étais atteint par deux fois. Une balle tirée dans mon dos a traversé mon corps et est ressortie devant, un peu au-dessus de ma taille et une autre a touché mon bras gauche. Je suis tombé quasi inconscient”, raconte Tsewang tout en montrant ses mauvaises blessures aux journalistes présents à la conférence de presse.

 

Son frère Thupten l’a vu tomber sous les balles. Très vite, il réussit à le mener en sécurité à l’aide de sa moto. Konga, le moine de 20 ans et fils de Tashi Gyaltsen, était lui déjà mort.

 

À partir de là, Tsewang a lutté entre la vie et la mort tout en réussissant à ne pas être arrêté pendant un an et trois mois.

 

“C’est mon frère qui a pris constamment soin de moi alors qu’on était toujours en cavale de peur d’être arrêtés”, raconte Tsewang.

 

“On a même passé environ 6 mois dans une famille. On ne pouvait pas rentrer dans notre ville vu que nos noms apparaissaient dans la liste des personnes recherchées par le gouvernement avec une prime entre 15 000 et 20 000 Yuan (1 500 et 2 000 €) sur chacune de nos têtes.”

 

“C’était vraiment un combat entre la vie et la mort pour moi. Comme je ne pouvais pas accéder à des soins médicaux corrects, les blessures par balle ont commencé à pourrir en se couvrant d’asticots et de pus, ce qui provoquait des douleurs insoutenables.”

 

“Ma santé allait tellement de mal en pis que j’ai envisagé de mettre fin à mes jours”.

 

“Et puis l’espoir et la détermination de voir Sa Sainteté le Dalaï-lama et l’envie de raconter au monde extérieur les souffrances endurées par le peuple tibétain sous l’occupation chinoise m’ont rendu plus fort.”

 

“Tout au long du parcours, nous avons été généreusement soutenus par plusieurs familles. Mais je suis avant tout éternellement redevable à mon frère Thupten.”

 

Questionné par un étudiant américain sur ce que les communautés afro-américaines pouvaient faire pour le Tibet, Tsewang a lancé un appel pour que des “recherches approfondies” soient faites pour mettre réellement en lumière le problème du Tibet.

 

Lobsang Thupten (gauche) et son frère Tsewang

Lobsang Thupten (gauche) et son frère Tsewang Dhondup

 

 

“Je demande à la communauté internationale de soutenir le Tibet en se basant sur la réalité de la situation et à se dégager de l’emprise de l’information partisane émise par la puissante machine de propagande chinoise en Chine et à travers le monde.”

 

“Je demande à la communauté internationale d’aider le Dalaï-lama à retourner dans son pays, le Tibet. Vous pouvez également aider à faire libérer les prisonniers politiques tibétains ainsi que le Panchen-lama, celui reconnu par le Dalaï-lama.”

 

“Les gens des médias doivent être assez courageux pour aller au cœur des villages tibétains et dans les régions isolées pour évaluer eux-mêmes et de manière indépendante la véritable situation du Tibet sous l’autorité chinoise. Ils doivent entendre les vraies voix du Tibet qui sont si bien bâillonnées par le gouvernement chinois”, insiste Tsewang.

 

“Le niveau de violence que nous avons dû subir de la part des forces chinoises l’année dernière confirme ce que nous pensons depuis longtemps. La Chine n’a aucun respect ni aucune considération pour la vie et le bien-être des Tibétains”, ajoute Tsewang avec dédain.

 

“Je ne peux même pas m’imaginer comment les Chinois ont pu infliger une telle violence à des manifestants pacifiques l’année dernière. Après ce qu’ils ont fait au Tibet l’année dernière, je peux seulement imaginer la quantité de ressentiment qu’éprouvent maintenant les Tibétains envers le gouvernement chinois.”

 

Les deux frères disent qu’ils ont quitté le Tibet avec la “conviction et l’espoir” d’aider à soulager les souffrances des Tibétains au Tibet.

 

À la conférence de presse, Tsewang et Thupten ont été rejoints par Tsering Gyurmey et Gonpo qui avaient pris part à une manifestation similaire à Kardze l’année dernière et qui ont réussi eux aussi à regagner l’Inde la semaine dernière.

 

source : Phayul

 

  Un tribunal chinois condamne 6 moines tibétains

Vendredi 22 mai 2009 : un tribunal de Chamdo condamne six moines tibétains à différentes peines de prison.

[…]


Le 5 janvier 2009 une bombe explose dans la commune de Choekor (district de Jomda, préfecture de Chamdo, Région Automne du Tibet). Cet événement est suivi de quelques manifestations sporadiques.


Le 9 et le 10 janvier 2009, six moines du monastère de Dhen Choekor sont arrêtés dans le district de Jomda pour avoir manifesté.


Le principal motif de leur arrestation vient qu’ils sont soupçonnés d’être responsables de l’explosion.

Au procès du 22 mai, le tribunal du district de Jomda condamne les six moines à différentes peines de prison pour délit lié à l’explosion, participation à des manifestations, crime politique et refus de signer des documents accusant le Dalaï-lama d’être un “séparatiste et une force anti-Chine”.


Les six moines sont l’abbé Tenzin Gyaltsen, 37 ans, Nyi-chig, 50 ans, l’ex-trésorier Ngawang Tashi, 51 ans, Tashi Dorjee, 30 ans, tous condamnés à 15 ans de prison ferme. Le maître de chant Jamyang Sherab, 42 ans est lui condamné à une peine de 13 ans et Tsering Palden, 36 ans, à une peine de 12 ans.


On ne sait pas dans quelles conditions a eu lieu le procès.

source : TCHRD

 

  6 femmes tibétaines blessées lors d’une fusillade à Tawu

Au moins 6 femmes tibétaines ont été gravement blessées après que les forces de sécurité chinoises aient ouvert le feu sur des Tibétains dans le district de Tawu.

[…]

 

Dimanche 24 mai, 11 heures du matin (heure de Pékin) : la police et la police armée (la PSB et la PAP) tirent à l’aveuglette sur des habitants des districts de Tawu et de Kardze (préfecture autonome de Kardze).

 

A l’origine de cet événement, la volonté de la Chine de construire un énorme barrage hydroélectrique entre les districts de Nyagchu et Tawu qui implique un déplacement massif de Tibétains (des dizaines de milliers). Alors qu’elles commencent à planifier les travaux début 2008, les autorités chinoises contraignent les habitants du district de Tawu à signer des documents relatifs à leur expropriation.

 

Cette année, les autorités veulent commencer le transfert des populations, ce à quoi les Tibétains s’opposent vivement, refusant de quitter leurs terres et maisons ancestrales.

 

Le 5 mai 2009, le gouvernement chinois envoie un grand nombre de policiers armés dans la région. Ils détruisent les maisons de plusieurs familles dont celles d’Ati Gyatso Tsang et de Chego Pezi Tsang.

 

Plus tôt, lors d’une réunion à laquelle les habitants de la ville de Wara Mato ont été convoqués, les autorités font ériger un pilier en pierre pour leur signifier leur transfert dans un autre lieu.

 

Sous la conduite de Lhamo, une femme de plus de 70 ans, les habitants furieux et s’opposant fermement à cette politique de transfert forcé, refusent de bouger et détruisent le pilier.

 

Le 24 mai 2009, les habitants des districts de Tawu et de Nyagchu sont convoqués au siège du district de Tawu pour assister à une déclaration publique à propos de leur évacuation de la région à cause du barrage. Très vite après cette annonce, le rassemblement se mue en manifestation que la police tente d’arrêter en lançant des gaz lacrymogènes. L’armée ouvre le feu.

 

Six femmes (Tsering Lhamo, Rigzin Lhamo, Dolma, Kelsang, Dolkar et Khaying) sont gravement blessées sans que l’on sache si c’est mortellement ou non vu qu’elles ont été immédiatement évacuées de force.

 

sources : TCHRD, CTA, Phayul,

 

  Prison à vie pour un moine tibétain

Le tribunal de Kanlho a condamné aujourd’hui Tsultrim Gyatso, un moine du monastère de Labrang, à la prison à vie pour « atteinte à la sécurité de l’état ».

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Tsultrim, 37 ans, du village de Yig-jang, district de Sangchu, avait participé à une manifestation dans ce même district le 15 mars 2008. Tsultrim avait quitté le district dès la fin de la manifestation mais s’est fait arrêter par la police le 22 mai 2008 dans le district de Drugchu.

source : Phayul

 

  Deux tibétains arrêtés

La Chine a arrêté deux frères tibétains impliqués dans la marche de protestation du 18 mai 2008 contre l’autorité chinoise dans le district de Kardze (Ch : Ganzi/Garze).

[…]

D’après une information du Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD) ils étaient en fuite depuis plus d’un an lorsqu’ils se font arrêter à Jyekundo au début de ce mois.

 

Tenpa, 30 ans, et son frère Jamdo, 25 ans, sont des paysans du village de Rapa, commune de Zakhog, district de Kardze, Kardze « RAT » (région autonome), province du Sichuan. Les deux frères étaient très impliqués dans la marche de protestation du 18 mai 2008 dans le district de Kardze qui avait rassemblé des centaines de Tibétains dont au moins trois ont été tués.

 

Tenpa et Jamdo réussissent à passer au travers des nombreuses arrestations arbitraires qui suivent les grandes manifestations de Kardze. Ils se cachent d’abord dans les collines voisines, ne restant jamais au même endroit. Mais après plus d’une année de cavale, ils sont arrêtés début mai 2009 à Jyekundo (Ch : Yushu/Jiegu), Jyekundo « RAT » (région autonome), province du Qinghai. On ne sait pas où, ni dans quelles conditions ils sont détenus.

 

  Deux autres manifestants s’évadent du Tibet pour l’Inde

Deux Tibétains ayant participé aux manifestations de l’année dernière contre l’autorité chinoise au Tibet sont arrivés en Inde après avoir évité d’être arrêtés pendant plus d’un an.

[…]

Tsering Jigme (G) et Maday Gonpo, 41 après être arrivés à New Delhi (Photo: RFA)

Tsering Jigme et Maday Gonpo à New Delhi (Photo: RFA)

 

Maday Gompo, 41 ans et tsering Jigme, un moine de 24 ans du monastère Tsi Sung à Kardze, sont arrivés cette semaine à New Delhi, la capitale indienne.

 

Ils sont en route pour Dharamsala, le siège du gouvernement tibétain en exil et du Dalaï-lama.

 

Un peu plus tôt ce mois-ci, cinq moines ayant participé aux manifestations de Labrang avaient également trouvé refuge en Inde. Ils sont actuellement à Dharasamla.

 

D’après RFA (Radio Free Asia), les deux hommes se sont échappés séparément après avoir participé à une manifestation le 18 mars dans le district de Kardze (chinois : Ganzi), province du Sichuan.

 

« Alors que des Tibétains dans d’autres régions se révoltaient en manifestant, nous avons également organisé une manifestation le 18 mars à Kardze pour souhaiter une longue vie à Sa Sainteté le Dalaï-lama » déclare Gompo à RFA.

 

« Nous avons commencé à manifester à Tachu Do, dans le centre de la ville de Kardze. Nous avions franchi deux ponts lorsque cinq voitures de polices et deux véhicules de l’armée sont arrivés pour nous attaquer. Il y avait environ 1 000 manifestants dont 15 meneurs. »

 

« Cinq d’entre eux ont été arrêtés pendant que d’autres et moi-même avons réussi à nous enfuir. Deux de mes amis ont été blessés par balle. »

 

« Il était impossible de rentrer chez moi, alors j’ai commencé à errer d’un endroit à un autre, la plupart du temps dans les collines de Nyarong et aussi dans des zones où vivent les nomades. Pendant deux ou trois jours, je n’avais rien à manger. J’étais malade et j’avais de la fièvre. »

 

Gompo explique qu’après avoir ensuite mieux lié connaissance avec les nomades, ils lui ont donné de la nourriture et lui ont prêté leurs chevaux pour l’aider dans sa fuite. Certains d’entre eux ont même été à Kardze pour évaluer la situation.

 

« Mais ils m’ont dit que les Chinois réprimaient les Tibétains en leur tirant dessus et qu’il était donc totalement impossible que je puisse revenir. »

 

Le 7 mai 2008, la police de Kardze émet un avis de recherche pour Maday Gonpo, Tsering Jigme, trois autres Tibétains de Kardze, quatre autres du district de Draggo (Ch : Luhuo) et 27 autres du district de Serthar (Ch : Serta).

 

« Une récompense de 10 000 à 20 000 yuans (de 1 000 à 2 000 €) était offerte à quiconque pourrait nous arrêter. »

 

« Nous avons su que ça avait été annoncé à la télévision et que les autorités avaient également promis que le montant de la prime serait augmenté cette année. »

 

source : Phayul