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  Trois arrestations à Sertha

La police chinoise du district de Sertha (Chinois : Seda), (« Préfecture Autonome Tibétaine » de Kardze), a arrêté un jeune de 20 ans alors qu’il manifestait contre le gouvernement chinois le vendredi 2 avril 2010.

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D’après un Tibétain en exil ayant des contacts dans la région, Ugyen Namgyal du village de Choktsang, a brandi le drapeau national tibétain interdit tout en scandant des slogans pour l’indépendance du Tibet, pour la liberté religieuse et pour le retour du Dalaï-Lama au Tibet. La police chinoise est intervenue immédiatement en le rouant de coups avant de l’arrêter.


Dans un autre incident, deux moines tibétains de l’institut bouddhiste de Larung Gar ont été mis en garde à vue le 31 mars suite à une manifestation contre le gouvernement chinois.


Les deux moines n’ont pas été identifiés. Tous deux sont de Yulshul dans le district de Sertha (Chinois : Seda) de la « Préfecture Autonome Tibétaine » de Kardze située dans la province traditionnelle tibétaine du Kham.


Sur la place du marché de Sertha, les deux moines portant le drapeau national tibétain interdit ont crié des slogans réclamant l’indépendance du Tibet et le retour du Dalaï-Lama au Tibet. La source de cette information a précisé qu’elle lui a été fournie au téléphone par un Tibétain témoin de l’incident.


L’institut bouddhiste de Larung Gar (ou Larong Gar) a été fondé par Khenpo Jigme Phuntsok décédé dans des circonstances mystérieuses dans un hôpital de Chengdu en 2004.

source : Phayul


 

  Un neveu de Khenpo Jigme Phuntsok condamné à 7 ans de prison

Un tribunal chinois de la province du Sichuan a condamné Ngagchung, moine de l’institut bouddhiste de Larong Gar à Serthar, à sept ans de prison et lui a retiré tous ses droits politiques pour un an.

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D’après le centre tibétain pour les droits de l’homme et la démocratie (TCHRD), ce jugement a été rendu en janvier 2010 par un tribunal du district de Serthar dans la préfecture autonome tibétaine.


Le TCHRD doute de la validité de ce jugement et appelle à une intervention internationale sur cette affaire. Ni les accusations portées contre Ngagchung, ni la date exacte de son procès ne sont encore connues. De plus, sa famille n’a pas été informée de ce procès ce qui constitue une violation des normes internationales en matière de justice.


Ngagchung a été arrêté 8 juillet 2008 par la police de Chengdu, capitale du Sichuan. Il est un neveu de Khenpo Jigme Phuntsok, le défunt fondateur et maître de l’institut de bouddhisme de Serthar (Larong Gar). Plus d’information sur cette précédente nouvelle et Larun Gar.


Les membres de sa famille n’ont pas l’autorisation de lui rendre visite. Il serait dans une prison à Ya’an, dans la banlieue de Chengdu, capitale du Sichuan.


Source : Phayul

 

  Un neveu de Khenpo Jigme Phuntsok en prison

Un neveu de Khenpo Jigme Phuntsok, le défunt fondateur et maître de l’institut de bouddhisme de Serthar (Larong Gar), est en prison depuis bientôt un an.

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D’après des sources en contact avec Serthar, Ngagchung a été arrêté en même temps que son frère, Thaphun et que de Drudak du monastère de Serthar, le 8 juillet 2008 par la police de Chengdu. Thaphun et Drudak sont relâchés rapidement mais pas Ngagchung qui est accusé de divulguer des informations aux “forces séparistes” par le biais du téléphone et d’autres moyens.

 

Ngagchung

Ngagchung

 

Les proches de Ngagchung n’ont pas d’information précise sur son lieu de détention malgré leurs efforts pour le retrouver. Les autorités chinoises ne leur ont pas accordé de droit de visite.

 

Ngagchung a étudié le bouddhisme au monastère de Serthar pendant plus de 20 ans.

 

Le site de Larung Gar

Le site de Larung Gar

 

Les autorités chinoises ont commencé à mener des mesures de répression à l’encontre du monastère de Serthar Larung Ngarig à la fin des années 90. Le 18 avril 2001, les autorités réitèrent l’ordre de ne pas dépasser un quota de 1 400 étudiants qui mènera à l’éviction de plus de 7 000 d’entre eux.
source : Phayul

 

Defacto :

l’histoire de Khenpo Jigme Phuntsok et la fondation de l’institut bouddhiste de Serthar (Larong Gar) a été un phénomène exceptionnel. Dans le Kham, il est encore extrêmement vénéré et il est courant de voir son portrait. Cela s’explique en partie par le fait qu’il est à l’origine du renouveau du bouddhisme tibétain dans le Tibet d’aujourd’hui. Reconnu dès l’âge de 5 ans comme étant la réincarnation de Terton Sogyal, un des maîtres du 13e Dalaï-lama, il reste au Tibet même pendant les années les plus noires de la révolution culturelle pendant lesquelles il retourne à une vie de nomade en se jouant des forces chinoises qui tentent de le faire renoncer à ses pratiques religieuses.

 

Khenpo Jigme Phuntsok doit également sa popularité au fait qu’il soit un “Terton”, c’est-à-dire un découvreur de “Terma” qui signifie “trésors”. Ces trésors sont des legs spirituels qui auraient été cachés par Padmasambhava lui-même et par d’autres maîtres du bouddhisme il y a des siècles. Ces Terma sont souvent des textes, des petites statues ou des petits coffres cachés dans des endroits improbables et isolés souvent au sein de la roche même.

 

Cette tradition Nyingma revivifiée confère à Khenpo Jigme Phuntsok une aura miraculeuse qui va fasciner au-delà des frontières du Tibet. Lors d’un voyage en Chine, il mettra à jour d’anciennes grottes sacrées totalement oubliées.

 

En 1980, dans la vallée de Larong, près de Serthar (préfecture de Kardze), il fonde l’institut bouddhiste de Serthar (également appelé l’institut bouddhiste de Larung Gar ou Larong Gar). Comme les restrictions religieuses se relâchent à cette époque, les autorités chinoises ne s’en formalisent pas. Larung Gar est une vallée isolée et il n’y a qu’une poignée d’étudiants. Mais bientôt la vallée déserte se retrouve couverte d’un nombre impressionnant de petites cahutes car l’institut va attirer plus de 8 500 étudiants tant la réputation de Khenpo Jigme Phuntsok est phénoménale. Et parmi ces étudiants, environ 1 000 sont des Chinois… C’est certainement une des raisons qui vont mener les autorités chinoises à vouloir endiguer le phénomène. En 2001, une bonne partie de l’institut est rasée.

 

La destruction du site de Serthar

La destruction du site de Serthar

 

Le 7 janvier 2004, Khenpo Jigme Phuntsok meurt dans un hôpital militaire, officiellement pour une déficience cardiaque. Une version contestée par beaucoup.
Bien que sous une forme réduite, l’institut a perduré après ces événements. Il serait intéressant de savoir ce qui s’y passe aujourd’hui…

 

Pour en savoir plus :

Une page sur l’histoire de Serthar sur le site du TCHRD

 

Le chapitre de David Germano consacré à Serthar (mais écrit avant la répression) : “Re-membering the dismembered body of Tibet: Contemporary Tibetan visionary movements in the People’s Republic of China” dans Buddhism in Contemporary Tibet: Religious revival and cultural identity. UC Press

 

Une vidéo de la destruction du site :