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  Huit Tibétains sont condamnés à cause des manifestations de Ragya

Le 14 août 2009, hier un tribunal du district de Machen dans la Préfecture Autonome Tibétaine de Golok a condamné huit Tibétains à des peines d’emprisonnement diverses.

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Parmi les huit Tibétains condamnés par le tribunal populaire du district de Machen, il y a six moines du monastère de Ragya et deux hommes civils.

 

Palden Gyatso, âgé de 40 ans, maître de discipline du monastère de Ragya a été condamné à sept ans de prison et Tsultrim, ancien maître de discipline de ce même monastère a été condamné à quatre ans de prison. Sangpo, ancien trésorier du monastère a été condamné à trois ans de prison, et Jamyang Khedup, secrétaire du conseil d’administration du monastère, a été condamné à deux ans de prison.

 

Gedun Ralo a reçu une peine d’une année d’emprisonnement, tandis que Sherab Sangpo a été condamné à deux ans de prison.

 

Parmi les deux personnes civiles, Hulo a été condamné à deux ans de prison et Yangkyab à six mois de prison.

 

Les huit Tibétains ont été arrêtés en mars 2009, suite à la mort par suicide de Tashi Sangpo, moine tibétain, âgé de 28 ans sous la pression des officiers chinois menant une enquête.

 

La mort de Tashi Sangpo, le 22 mars 2009 a provoqué immédiatement des manifestations de colère des Tibétains locaux, qui sont descendus avec des drapeaux nationaux tibétains interdits et des banderoles, scandant des slogans tels que « Indépendance pour le Tibet, longue vie pour le Dalai Lama ».

 

Quelques jours avant la date anniversaire du soulèvement national tibétain du 10 mars, des tracts contenant des messages politiques ont circulé dans l’enceinte du monastère et un drapeau national tibétain géant a été hissé sur le toit du principal hall de prière.

 

Les forces de sécurité chinoise, encerclant le monastère, prétendent avoir trouvé un drapeau national tibétain qui est interdit, et des pamphlets politiques dans la chambre de Tashi Sangpo.

 

D’après le Centre Tibétain des Droits de l’Homme et de la Démocratie, Tashi, qui s’est jeté lui même dans la rivière de Machu a été « cruellement battu et soumis à des tortures inhumaines ».

 

Les lieux où les deux autres moines se trouvent, Lobsang Dhargye et Mengag Dorjee, qui ont été arrêtés pendant la manifestation, restent inconnus selon le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala en Inde.

 

source : Phayul traduction : Tibetan.fr

 

  Youtube bloqué et visa refusé

Le pouvoir chinois ne relâche pas la pression ces derniers jours. Bien au contraire, il continue d’agir sur tous les fronts. L’accès à Youtube, le site de partage de vidéos, est bloqué en Chine depuis le lundi 23 mars. Par ailleurs, l’Afrique du Sud a refusé son visa au Dalaï-lama qui devait participer à une conférence à Johannesburg.

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Coïncidence, c’est au moment où Pékin remet en cause l’authenticité de la vidéo montrant une petite partie de la répression au Tibet (traduite ici sur Tibet-defacto), que le site de Google se retrouve bloqué. « Pour l’instant, nous n’avons pas d’informations à vous fournir », a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Ca a le mérite d’être simple.

« Nombre de personnes ont à tort l’impression que le gouvernement chinois craint internet. En fait, c’est exactement le contraire », a assuré aux journalistes Qin Gang, le porte-parole. Il aurait pu ajouter: « Avec seulement 4 nœuds d’accès pour tout le pays, il est vraiment facile pour nous de le contrôler. C’est ce qui explique la lenteur exaspérante du débit ici. De plus nous avons développé des partenariats fructueux avec entre autres Google, Microsoft et Yahoo pour traiter certains termes non harmonieux comme “Tien’anmen” (qui renvoie à d’utiles infos touristiques) ou “dalaï” qui est banni. Baidu, notre propre moteur de recherche est lui aussi tout à fait sécurisé. Nous avons également simplifié l’usage d’Internet dans la riante province du Tibet en le coupant totalement. Mais j’ai oublié de vous parler de notre cyber-police. Une autre fois si vous le voulez bien. »

 

Pour ce qui est du refus de l’Afrique du Sud d’accorder un visa au Dalaï-lama, c’est assurément une énorme source de satisfaction pour Pékin qui rêve de le voir banni par le plus grand nombre de pays possibles.

Le chef spirituel tibétain devait participer avec d’autres prix Nobel à une conférence sur le football comme instrument de lutte contre le racisme et la xénophobie. Le gouvernement du pays qui doit accueillir la Coupe du Monde 2010, prétend ne pas avoir été influencé par Pékin pour sa décision, affirmant juste que « la présence du Dalaï-lama n’était pas du meilleur intérêt pour l’Afrique du Sud en ce moment ». Pourtant, des médias locaux ont eux dénoncé une pression de la part de Pékin comme le Sunday Independent qui cite Dai Bing, le ministre conseiller à l’ambassade de Chine à Pretoria. Ce dernier a clairement dit que son pays avait exhorté l’Afrique du Sud à empêcher cette visite sous peine d’altérer de bonnes relations bilatérales.

La Chine est en effet devenue un investisseur et un partenaire commercial énorme dans le pays.

Les lauréats et le comité du prix Nobel ont eux menacé de ne pas participer à la conférence si la décision était maintenue. La décision est maintenue et la conférence simplement annulée.

 

Pour conclure, sachez que la rumeur a un prix. La famille du moine suicidé (Cf. infos du 22 mars) recevra une compensation financière de deux cent mille yuans chinois (23 000 €). Or le gouvernement local avait bien affirmé que c’était uniquement une simple rumeur sur la mort de ce moine prisonnier qui avait provoqué les grandes manifestations (et arrestations) à Ragya.

 

  Grande manifestation et arrestations à Ragya

Selon la presse officielle chinoise, les arrestations seraient liées à l’attaque d’un poste de police par plusieurs centaines de personnes. Elle ferait suite aux “rumeurs” sur la disparition d’un moine, arrêté vendredi par la police.

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Une centaine de moines tibétains ont été interpellés dans une ville à forte population tibétaine du nord-ouest de la Chine après l’attaque d’un poste de police, a rapporté dimanche 22 mars, l’agence Chine Nouvelle.

« La police a arrêté six personnes ayant participé à l’attaque. 89 se sont rendues », a indiqué Chine Nouvelle. « Sur les 95 personnes (interpellées), toutes sauf deux sont des moines du monastère de Ragya », situé à côté de la ville où s’est produite l’attaque, dans les montagnes du Qinghai, a précisé l’agence.

Ce sont près de 100 moines du monastère qui auraient pris part à cette émeute au cours de laquelle des manifestants ont attaqué des policiers et des responsables officiels dont certains sont légèrement blessés.

Le nombre de manifestants reste incertain, Chine Nouvelle ayant également évoqué la présence de plusieurs centaines de manifestants. La plupart des manifestants s’étaient dispersés samedi après-midi tandis qu’une trentaine, restés sur place, ont quitté les lieux dimanche matin, a précisé Chine Nouvelle, citant les autorités locales. Dimanche matin, des officiels se sont rendus au monastère pour demander aux présumés manifestants de se rendre, a encore indiqué l’agence.

La police de Rabgya n’a pas souhaité commenter l’information.

Selon Chine Nouvelle, les manifestants ont réagi à des « rumeurs » sur la disparition d’un homme interrogé vendredi pour avoir « appelé à ‘l’indépendance du Tibet’ ». Toujours selon l’agence officielle, cet homme portant le nom tibétain de Zhaxi Sangwu (ça, c’est plutôt sa version chinoise… — Tibet-defacto) s’est échappé samedi d’un poste de police de Rabgya avant de disparaître.

Une habitante de Rabgya a entendu dire que l’homme arrêté était un moine, a-t-elle indiqué à l’AFP sous couvert de l’anonymat. « J’ai entendu dire que des moines et d’autres personnes se sont rassemblés devant le poste de police après le suicide du moine qui s’est jeté dans le fleuve », a-t-elle déclaré.

Cette habitante a également fait état d’une importante présence militaire dimanche dans la ville. « Je ne suis pas sortie hier ni aujourd’hui car on m’a déconseillé de le faire », a-t-elle encore témoigné.

source: NouvelObs

 

Près de deux mille Tibétains ont investi les rues de Ragya aujourd’hui à l’annonce de la mort d’un moine tibétain. Des manifestations se sont tenues en face de la station de police locale et des bureaux gouvernementaux. Les manifestants, furieux, ont réussi à reprendre à la police le drapeau national tibétain qui avait été précédemment confisqué par les autorités chinoises.

Les manifestations se sont déclenchées suite à la mort de Tashi Sangpo, 28 ans, qui se serait suicidé en sautant dans la rivière Machu après que les autorités aient découvert dans sa chambre des prospectus politiques et le drapeau tibétain. Tashi était un moine du monastère Ragya qui est toujours totalement bouclé depuis le 10 mars. Des tracts de nature politique avaient été distribués dans le monastère et le drapeau national tibétain hissé dans la principale salle de prière.

La radio Voice of Tibet a indiqué que sept camions militaires de troupes sont arrivés à Ragya en provenance du Golok et que des renforts supplémentaires venant de Xining ont été demandés.

source: Phayul