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  Trois arrestations à Sertha

La police chinoise du district de Sertha (Chinois : Seda), (« Préfecture Autonome Tibétaine » de Kardze), a arrêté un jeune de 20 ans alors qu’il manifestait contre le gouvernement chinois le vendredi 2 avril 2010.

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D’après un Tibétain en exil ayant des contacts dans la région, Ugyen Namgyal du village de Choktsang, a brandi le drapeau national tibétain interdit tout en scandant des slogans pour l’indépendance du Tibet, pour la liberté religieuse et pour le retour du Dalaï-Lama au Tibet. La police chinoise est intervenue immédiatement en le rouant de coups avant de l’arrêter.


Dans un autre incident, deux moines tibétains de l’institut bouddhiste de Larung Gar ont été mis en garde à vue le 31 mars suite à une manifestation contre le gouvernement chinois.


Les deux moines n’ont pas été identifiés. Tous deux sont de Yulshul dans le district de Sertha (Chinois : Seda) de la « Préfecture Autonome Tibétaine » de Kardze située dans la province traditionnelle tibétaine du Kham.


Sur la place du marché de Sertha, les deux moines portant le drapeau national tibétain interdit ont crié des slogans réclamant l’indépendance du Tibet et le retour du Dalaï-Lama au Tibet. La source de cette information a précisé qu’elle lui a été fournie au téléphone par un Tibétain témoin de l’incident.


L’institut bouddhiste de Larung Gar (ou Larong Gar) a été fondé par Khenpo Jigme Phuntsok décédé dans des circonstances mystérieuses dans un hôpital de Chengdu en 2004.

source : Phayul


 

  Yankyi, Tashi, Gyalseng, Nima, Aniy, Kunchok…

Kunphok Tsephel

Kunchok Tsephel


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Yankyi Dolma, une des deux nonnes arrêtées le 24 mars 2009 lors d’une manifestation au marché de Kardze [Cf. l’info Tibet-defacto] est décédée le samedi 5 décembre 2009 à l’hôpital de Chengdu, la capitale de la province du Sitchuan, probablement des suites de mauvais traitements et de tortures en prison.

Heureusement que l’UMP qui vient de signer un protocole harmonieux avec le Parti Communiste Chinois a bien précisé par la voix de Christian Estrosi « que notre mouvement ne transige jamais sur le respect des droits humains ». Il est donc certain que l’UMP va, dès demain, demander à son parti frère des éclaircissements sur cette histoire.


Tashi Dondrup, jeune chanteur extrêmement populaire dans la région de l’Amdo, a lui été arrêté le 3 décembre à Xining, capitale de la province du Qinghai. Son crime : avoir sorti un disque sur lequel il chantait sa nostalgie du Dalaï-Lama et qui évoquait également la répression de mars 2008 à Lhassa.
Heureusement, que L’UMP, qui vient de signer un protocole harmonieux avec le Parti Communiste Chinois, va faire tonner sa grosse voix pour rappeler à son parti frère qu’il ne faut jamais transiger (mais alors, jamais) sur le respect des droits humains. D’ailleurs, Christian Estrosi a bien déclaré « Que le parti communiste, qui est l’instance dirigeante de la Chine, soit demandeur de relations avec le parti du président de la République qui a rencontré le Dalaï Lama, c’est une belle avancée ».

C’est ce qu’on appelle bien maîtriser un dossier. Avec ça, nul doute que Tashi Dondrup soit relâché dans les jours qui viennent.


Gyalseng, (25 ans) et Nima Wangchuk (24 ans) ont été condamnés à 3 ans d’emprisonnement. Originaires du district de Sog (préfecture de Nagchu), ils font partis de quatre Tibétains ayant été arrêtés le premier octobre 2009, jour anniversaire de la fondation du Parti Communiste Chinois. Leur crime : avoir mis en ligne des photos et des discours du Dalaï-Lama dans leurs profils utilisateurs sur un célèbre site de dialogue (qq.com). Yeshi Namkha (25 ans) et Aniy (âge inconnu), les deux autres Tibétains impliqués n’ont pas encore été jugés. Leurs proches et leurs familles n’ont pas l’autorisation de les voir et craignent qu’ils soient torturés.

Heureusement, Christian Estrosi, commentant le protocole harmonieux entre l‘UMP et le Parti Communiste Chinois, a parlé « des avancées significatives dans le domaine des droits de l’homme ».

Cette histoire en est une nouvelle et frappante démonstration.


Kunchok Tsephel, 39 ans a été condamné à 15 ans de prison. Il avait été arrêté le 26 février 2009. Son crime : il aurait divulgué des secrets d’état sur son site internet (comprendre qu’en fait il a dû parler des événements de mars 2008). Kunchok Tsephel est le fondateur de Chodme (la lampe à beurre), un site dédié à la littérature tibétaine. J’ai rencontré il y a quelques années Kunchok en Amdo. C’est quelqu’un d’une gentillesse extrême dont le seul but est de défendre la culture tibétaine, notamment en offrant une plateforme d’expression aux poètes actuels. Au moment où je l’ai vu, il se désespérait de voir son site être régulièrement fermé par les autorités chinoises, soit sans un mot d’explication soit sous prétexte de problèmes techniques. Mais jamais il n’a renoncé à l’idée de promouvoir une culture tibétaine contemporaine. Aujourd’hui, après 9 mois de détention, sa santé est très mauvaise. Il n’a pas droit à un avocat et il est condamné à 15 ans de prison. Kunchok Tsephel est marié et a une fille malade.
Je n’ai même plus envie de parler de l’UMP.


La plupart des sources proviennent de Phayul.

 

  Des Tibétains doivent exposer des photos du Dalaï-lama

D’après Voice of Tibet, les autorités gouvernementales du district de Chogro à Kardze obligent les Tibétains à exposer des photos du Dalaï-lama sur leurs autels.

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Le Dalaï-lama à Bercy

Le Dalaï-lama à Bercy

 

Les Tibétains dans la région sont très surpris, pour ne pas dire méfiants envers cette nouvelle attitude des autorités.

 

Phurba, un moine du monastère de Drepung loseling (celui en Inde du sud) dit qu’il tient ses informations de sources sûres à Chogro qui se situe dans la région traditionnelle tibétaine de Trehor.

 

D’après Phurba, les autorités affirment que l’interdiction des photos du Dalaï-lama dans le passé ne venait pas d’un ordre gouvernemental mais d’initiatives individuelles visant à restreindre la possession des photos de celui que la Chine accuse d’inciter au séparatisme.

 

Phurba ajoute que pour le moment, aucun Tibétain n’a encore placé une photo du Dalaï-lama dans sa maison.

 

Les Tibétains sont pour le moins surpris de ce nouvel ordre et prudents par peur d’être bernés par ce que les analystes appellent “la politique de la carotte et du bâton”. Les Tibétains n’arrivent pas à croire que les autorités qui les ont forcés à abjurer le Dalaï-lama leur demandent maintenant d’afficher des photos du leader tibétain.

 

Dans des villes plus grandes, les autorités ont même fourni leurs propres tirages en grand format de photos du Dalaï-lama.

 

Les Tibétains au Tibet (en région autonome) n’ont même pas le droit de posséder ce type de photos et encore moins évidemment celui de les exposer librement. Nombreux sont les cas de Tibétains purgeant de longues peines de prison à cause de ces restrictions.

 

Phurba ajoute que les autorités à Tongkhor ont brûlé environ 18 sacs de photos du Dalaï-lama il y a tout juste quelques mois.

 

Defacto : avant les événements de 2008, les autorités étaient relativement plus tolérantes sur cette question dans le Kham et dans l’Amdo où l’on pouvait voir parfois des portraits du Dalaï-lama dans certaines maisons et (bien que de manière très discrète) dans certains monastères. Mais pas question toutefois d’exposer des photos du véritable Panchen-lama, sujet totalement tabou.
source : Phayul

 

  Un neveu de Khenpo Jigme Phuntsok en prison

Un neveu de Khenpo Jigme Phuntsok, le défunt fondateur et maître de l’institut de bouddhisme de Serthar (Larong Gar), est en prison depuis bientôt un an.

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D’après des sources en contact avec Serthar, Ngagchung a été arrêté en même temps que son frère, Thaphun et que de Drudak du monastère de Serthar, le 8 juillet 2008 par la police de Chengdu. Thaphun et Drudak sont relâchés rapidement mais pas Ngagchung qui est accusé de divulguer des informations aux “forces séparistes” par le biais du téléphone et d’autres moyens.

 

Ngagchung

Ngagchung

 

Les proches de Ngagchung n’ont pas d’information précise sur son lieu de détention malgré leurs efforts pour le retrouver. Les autorités chinoises ne leur ont pas accordé de droit de visite.

 

Ngagchung a étudié le bouddhisme au monastère de Serthar pendant plus de 20 ans.

 

Le site de Larung Gar

Le site de Larung Gar

 

Les autorités chinoises ont commencé à mener des mesures de répression à l’encontre du monastère de Serthar Larung Ngarig à la fin des années 90. Le 18 avril 2001, les autorités réitèrent l’ordre de ne pas dépasser un quota de 1 400 étudiants qui mènera à l’éviction de plus de 7 000 d’entre eux.
source : Phayul

 

Defacto :

l’histoire de Khenpo Jigme Phuntsok et la fondation de l’institut bouddhiste de Serthar (Larong Gar) a été un phénomène exceptionnel. Dans le Kham, il est encore extrêmement vénéré et il est courant de voir son portrait. Cela s’explique en partie par le fait qu’il est à l’origine du renouveau du bouddhisme tibétain dans le Tibet d’aujourd’hui. Reconnu dès l’âge de 5 ans comme étant la réincarnation de Terton Sogyal, un des maîtres du 13e Dalaï-lama, il reste au Tibet même pendant les années les plus noires de la révolution culturelle pendant lesquelles il retourne à une vie de nomade en se jouant des forces chinoises qui tentent de le faire renoncer à ses pratiques religieuses.

 

Khenpo Jigme Phuntsok doit également sa popularité au fait qu’il soit un “Terton”, c’est-à-dire un découvreur de “Terma” qui signifie “trésors”. Ces trésors sont des legs spirituels qui auraient été cachés par Padmasambhava lui-même et par d’autres maîtres du bouddhisme il y a des siècles. Ces Terma sont souvent des textes, des petites statues ou des petits coffres cachés dans des endroits improbables et isolés souvent au sein de la roche même.

 

Cette tradition Nyingma revivifiée confère à Khenpo Jigme Phuntsok une aura miraculeuse qui va fasciner au-delà des frontières du Tibet. Lors d’un voyage en Chine, il mettra à jour d’anciennes grottes sacrées totalement oubliées.

 

En 1980, dans la vallée de Larong, près de Serthar (préfecture de Kardze), il fonde l’institut bouddhiste de Serthar (également appelé l’institut bouddhiste de Larung Gar ou Larong Gar). Comme les restrictions religieuses se relâchent à cette époque, les autorités chinoises ne s’en formalisent pas. Larung Gar est une vallée isolée et il n’y a qu’une poignée d’étudiants. Mais bientôt la vallée déserte se retrouve couverte d’un nombre impressionnant de petites cahutes car l’institut va attirer plus de 8 500 étudiants tant la réputation de Khenpo Jigme Phuntsok est phénoménale. Et parmi ces étudiants, environ 1 000 sont des Chinois… C’est certainement une des raisons qui vont mener les autorités chinoises à vouloir endiguer le phénomène. En 2001, une bonne partie de l’institut est rasée.

 

La destruction du site de Serthar

La destruction du site de Serthar

 

Le 7 janvier 2004, Khenpo Jigme Phuntsok meurt dans un hôpital militaire, officiellement pour une déficience cardiaque. Une version contestée par beaucoup.
Bien que sous une forme réduite, l’institut a perduré après ces événements. Il serait intéressant de savoir ce qui s’y passe aujourd’hui…

 

Pour en savoir plus :

Une page sur l’histoire de Serthar sur le site du TCHRD

 

Le chapitre de David Germano consacré à Serthar (mais écrit avant la répression) : “Re-membering the dismembered body of Tibet: Contemporary Tibetan visionary movements in the People’s Republic of China” dans Buddhism in Contemporary Tibet: Religious revival and cultural identity. UC Press

 

Une vidéo de la destruction du site :

 

 

  Deux manifestants évadés du Tibet parlent des atrocités chinoises

Deux frères évadés du Tibet impliqués dans les manifestations de l’année dernière contre l’autorité chinoise ont rejoint Dharamsala.

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tsewang-dhondup

Tsewang Dhondup montre ses blessures lors de la conférence de presse. (Photo de Dhonyoe)

 

 

Tsewang Dhondup, 38 ans et Lobsang Thupten, 31 ans, originaires de Tehor, (district de Dragko (Ch : Luhuo), préfecture autonome de Kardze (Ch : Ganzi), province du Sichuan) avaient participé avec des centaines d’autres personnes à une grande marche de protestation contre les autorités chinoises dans le district de Dragko le 24 avril 2008. En tête de cette marche, des nonnes et des moines du monastère de Palden Chokri.

 

La manifestation pacifique s’était terminée par des tirs meurtriers de la police armée chinoise, faisant au moins deux morts et plus de dix blessés graves.

 

Tsewang pense qu’il y a eu probablement beaucoup plus de victimes.

 

“Vers 16 h 30, le 24 mars, une grande marche de protestation menée par environ 150 nonnes du couvent de Ngangong se met en branle à Dragko. La marche est ensuite rejointe par des moines de Palden Chokri et des centaines de civils, principalement des paysans”, explique Tsewang.

Les marcheurs chantaient “Longue vie au Dalaï-lama”, “Chine, quitte le Tibet”, et “Retour de Sa Sainteté le Dalaï-lama au Tibet”.

 

“Plus tard, plus de 300 policiers chinois armés ont ouvert le feu au hasard dans la foule. Ils ont également lancé des gaz lacrymogènes et fait usage de cannes électriques et de matraques métalliques pour réprimer la manifestation. Ces forces chinoises ont frappé sans aucune retenue et sans montrer la moindre pitié.”

 

Tsewang a été touché par deux fois en essayant d’aider Kunga, un moine de 20 ans du monastère de Chokri, blessé par balle.

 

“Alors que j’essayais de sauver la vie de kunga, j’ai moi-même étais atteint par deux fois. Une balle tirée dans mon dos a traversé mon corps et est ressortie devant, un peu au-dessus de ma taille et une autre a touché mon bras gauche. Je suis tombé quasi inconscient”, raconte Tsewang tout en montrant ses mauvaises blessures aux journalistes présents à la conférence de presse.

 

Son frère Thupten l’a vu tomber sous les balles. Très vite, il réussit à le mener en sécurité à l’aide de sa moto. Konga, le moine de 20 ans et fils de Tashi Gyaltsen, était lui déjà mort.

 

À partir de là, Tsewang a lutté entre la vie et la mort tout en réussissant à ne pas être arrêté pendant un an et trois mois.

 

“C’est mon frère qui a pris constamment soin de moi alors qu’on était toujours en cavale de peur d’être arrêtés”, raconte Tsewang.

 

“On a même passé environ 6 mois dans une famille. On ne pouvait pas rentrer dans notre ville vu que nos noms apparaissaient dans la liste des personnes recherchées par le gouvernement avec une prime entre 15 000 et 20 000 Yuan (1 500 et 2 000 €) sur chacune de nos têtes.”

 

“C’était vraiment un combat entre la vie et la mort pour moi. Comme je ne pouvais pas accéder à des soins médicaux corrects, les blessures par balle ont commencé à pourrir en se couvrant d’asticots et de pus, ce qui provoquait des douleurs insoutenables.”

 

“Ma santé allait tellement de mal en pis que j’ai envisagé de mettre fin à mes jours”.

 

“Et puis l’espoir et la détermination de voir Sa Sainteté le Dalaï-lama et l’envie de raconter au monde extérieur les souffrances endurées par le peuple tibétain sous l’occupation chinoise m’ont rendu plus fort.”

 

“Tout au long du parcours, nous avons été généreusement soutenus par plusieurs familles. Mais je suis avant tout éternellement redevable à mon frère Thupten.”

 

Questionné par un étudiant américain sur ce que les communautés afro-américaines pouvaient faire pour le Tibet, Tsewang a lancé un appel pour que des “recherches approfondies” soient faites pour mettre réellement en lumière le problème du Tibet.

 

Lobsang Thupten (gauche) et son frère Tsewang

Lobsang Thupten (gauche) et son frère Tsewang Dhondup

 

 

“Je demande à la communauté internationale de soutenir le Tibet en se basant sur la réalité de la situation et à se dégager de l’emprise de l’information partisane émise par la puissante machine de propagande chinoise en Chine et à travers le monde.”

 

“Je demande à la communauté internationale d’aider le Dalaï-lama à retourner dans son pays, le Tibet. Vous pouvez également aider à faire libérer les prisonniers politiques tibétains ainsi que le Panchen-lama, celui reconnu par le Dalaï-lama.”

 

“Les gens des médias doivent être assez courageux pour aller au cœur des villages tibétains et dans les régions isolées pour évaluer eux-mêmes et de manière indépendante la véritable situation du Tibet sous l’autorité chinoise. Ils doivent entendre les vraies voix du Tibet qui sont si bien bâillonnées par le gouvernement chinois”, insiste Tsewang.

 

“Le niveau de violence que nous avons dû subir de la part des forces chinoises l’année dernière confirme ce que nous pensons depuis longtemps. La Chine n’a aucun respect ni aucune considération pour la vie et le bien-être des Tibétains”, ajoute Tsewang avec dédain.

 

“Je ne peux même pas m’imaginer comment les Chinois ont pu infliger une telle violence à des manifestants pacifiques l’année dernière. Après ce qu’ils ont fait au Tibet l’année dernière, je peux seulement imaginer la quantité de ressentiment qu’éprouvent maintenant les Tibétains envers le gouvernement chinois.”

 

Les deux frères disent qu’ils ont quitté le Tibet avec la “conviction et l’espoir” d’aider à soulager les souffrances des Tibétains au Tibet.

 

À la conférence de presse, Tsewang et Thupten ont été rejoints par Tsering Gyurmey et Gonpo qui avaient pris part à une manifestation similaire à Kardze l’année dernière et qui ont réussi eux aussi à regagner l’Inde la semaine dernière.

 

source : Phayul

 

  6 femmes tibétaines blessées lors d’une fusillade à Tawu

Au moins 6 femmes tibétaines ont été gravement blessées après que les forces de sécurité chinoises aient ouvert le feu sur des Tibétains dans le district de Tawu.

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Dimanche 24 mai, 11 heures du matin (heure de Pékin) : la police et la police armée (la PSB et la PAP) tirent à l’aveuglette sur des habitants des districts de Tawu et de Kardze (préfecture autonome de Kardze).

 

A l’origine de cet événement, la volonté de la Chine de construire un énorme barrage hydroélectrique entre les districts de Nyagchu et Tawu qui implique un déplacement massif de Tibétains (des dizaines de milliers). Alors qu’elles commencent à planifier les travaux début 2008, les autorités chinoises contraignent les habitants du district de Tawu à signer des documents relatifs à leur expropriation.

 

Cette année, les autorités veulent commencer le transfert des populations, ce à quoi les Tibétains s’opposent vivement, refusant de quitter leurs terres et maisons ancestrales.

 

Le 5 mai 2009, le gouvernement chinois envoie un grand nombre de policiers armés dans la région. Ils détruisent les maisons de plusieurs familles dont celles d’Ati Gyatso Tsang et de Chego Pezi Tsang.

 

Plus tôt, lors d’une réunion à laquelle les habitants de la ville de Wara Mato ont été convoqués, les autorités font ériger un pilier en pierre pour leur signifier leur transfert dans un autre lieu.

 

Sous la conduite de Lhamo, une femme de plus de 70 ans, les habitants furieux et s’opposant fermement à cette politique de transfert forcé, refusent de bouger et détruisent le pilier.

 

Le 24 mai 2009, les habitants des districts de Tawu et de Nyagchu sont convoqués au siège du district de Tawu pour assister à une déclaration publique à propos de leur évacuation de la région à cause du barrage. Très vite après cette annonce, le rassemblement se mue en manifestation que la police tente d’arrêter en lançant des gaz lacrymogènes. L’armée ouvre le feu.

 

Six femmes (Tsering Lhamo, Rigzin Lhamo, Dolma, Kelsang, Dolkar et Khaying) sont gravement blessées sans que l’on sache si c’est mortellement ou non vu qu’elles ont été immédiatement évacuées de force.

 

sources : TCHRD, CTA, Phayul,

 

  Deux tibétains arrêtés

La Chine a arrêté deux frères tibétains impliqués dans la marche de protestation du 18 mai 2008 contre l’autorité chinoise dans le district de Kardze (Ch : Ganzi/Garze).

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D’après une information du Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD) ils étaient en fuite depuis plus d’un an lorsqu’ils se font arrêter à Jyekundo au début de ce mois.

 

Tenpa, 30 ans, et son frère Jamdo, 25 ans, sont des paysans du village de Rapa, commune de Zakhog, district de Kardze, Kardze « RAT » (région autonome), province du Sichuan. Les deux frères étaient très impliqués dans la marche de protestation du 18 mai 2008 dans le district de Kardze qui avait rassemblé des centaines de Tibétains dont au moins trois ont été tués.

 

Tenpa et Jamdo réussissent à passer au travers des nombreuses arrestations arbitraires qui suivent les grandes manifestations de Kardze. Ils se cachent d’abord dans les collines voisines, ne restant jamais au même endroit. Mais après plus d’une année de cavale, ils sont arrêtés début mai 2009 à Jyekundo (Ch : Yushu/Jiegu), Jyekundo « RAT » (région autonome), province du Qinghai. On ne sait pas où, ni dans quelles conditions ils sont détenus.

 

  Deux autres manifestants s’évadent du Tibet pour l’Inde

Deux Tibétains ayant participé aux manifestations de l’année dernière contre l’autorité chinoise au Tibet sont arrivés en Inde après avoir évité d’être arrêtés pendant plus d’un an.

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Tsering Jigme (G) et Maday Gonpo, 41 après être arrivés à New Delhi (Photo: RFA)

Tsering Jigme et Maday Gonpo à New Delhi (Photo: RFA)

 

Maday Gompo, 41 ans et tsering Jigme, un moine de 24 ans du monastère Tsi Sung à Kardze, sont arrivés cette semaine à New Delhi, la capitale indienne.

 

Ils sont en route pour Dharamsala, le siège du gouvernement tibétain en exil et du Dalaï-lama.

 

Un peu plus tôt ce mois-ci, cinq moines ayant participé aux manifestations de Labrang avaient également trouvé refuge en Inde. Ils sont actuellement à Dharasamla.

 

D’après RFA (Radio Free Asia), les deux hommes se sont échappés séparément après avoir participé à une manifestation le 18 mars dans le district de Kardze (chinois : Ganzi), province du Sichuan.

 

« Alors que des Tibétains dans d’autres régions se révoltaient en manifestant, nous avons également organisé une manifestation le 18 mars à Kardze pour souhaiter une longue vie à Sa Sainteté le Dalaï-lama » déclare Gompo à RFA.

 

« Nous avons commencé à manifester à Tachu Do, dans le centre de la ville de Kardze. Nous avions franchi deux ponts lorsque cinq voitures de polices et deux véhicules de l’armée sont arrivés pour nous attaquer. Il y avait environ 1 000 manifestants dont 15 meneurs. »

 

« Cinq d’entre eux ont été arrêtés pendant que d’autres et moi-même avons réussi à nous enfuir. Deux de mes amis ont été blessés par balle. »

 

« Il était impossible de rentrer chez moi, alors j’ai commencé à errer d’un endroit à un autre, la plupart du temps dans les collines de Nyarong et aussi dans des zones où vivent les nomades. Pendant deux ou trois jours, je n’avais rien à manger. J’étais malade et j’avais de la fièvre. »

 

Gompo explique qu’après avoir ensuite mieux lié connaissance avec les nomades, ils lui ont donné de la nourriture et lui ont prêté leurs chevaux pour l’aider dans sa fuite. Certains d’entre eux ont même été à Kardze pour évaluer la situation.

 

« Mais ils m’ont dit que les Chinois réprimaient les Tibétains en leur tirant dessus et qu’il était donc totalement impossible que je puisse revenir. »

 

Le 7 mai 2008, la police de Kardze émet un avis de recherche pour Maday Gonpo, Tsering Jigme, trois autres Tibétains de Kardze, quatre autres du district de Draggo (Ch : Luhuo) et 27 autres du district de Serthar (Ch : Serta).

 

« Une récompense de 10 000 à 20 000 yuans (de 1 000 à 2 000 €) était offerte à quiconque pourrait nous arrêter. »

 

« Nous avons su que ça avait été annoncé à la télévision et que les autorités avaient également promis que le montant de la prime serait augmenté cette année. »

 

source : Phayul

 

  Procés d’un lama de haut rang pour détention illégale d’armes

Phurbu Tsering Rinpoche, un lama tibétain de haut rang risque une peine de 15 ans de prison pour détention illégale d’armes.

[…]

Li Fangpin, son avocat pékinois a déclaré à The Associated Press que Phurbu Tsering Rinpoche a été contraint de faire des aveux après un interrogatoire de 4 jours assorti de menaces de détention pour sa femme et son fils. L’instruction prétend qu’un pistolet et plus de 100 balles et cartouches ont été trouvés sous un lit dans le salon après une descente de police. Ces allégations sont niées par le moine qui estime avoir été piégé. Ces accusations ne tiennent pas debout d’après son avocat. On ne lui a même pas demandé l’origine des armes ni fait de relevé d’empreintes digitales.

C’est la première fois qu’un lama de haut rang fait l’objet d’accusations aussi lourdes.

Phurbu Tsering Rinpoche qui dirigeait un couvent dans le district de Kardze a été arrêté le 18 mai de l’année dernière, quelques jours après les manifestations de plus de 80 nonnes contre la campagne de « rééducation patriotique » leur imposant de renier le Dalaï-lama.

 

  Exhibition de prisonniers et moines arrêtés à Kardze

Les autorités chinoises ont exhibé 15 prisonniers politiques tibétains dans les rues de Kardze pour intimider les habitants.

[…]

 

D’après ce que Gelong, un moine du monastère de Sera en Inde du sud, a déclaré à Phayul, cela s’est produit le 5 avril. Des Tibétains précédemment arrêtés lors de manifestations et refusant de cultiver leurs terres ont été exhibés dans un camion militaire suivi d’environ 20 autres véhicules remplis de soldats. Les prisonniers tibétains avaient la tête rasée ainsi que les mains et les pieds enchaînés, cette parade visant clairement à semer la peur chez les Tibétains de la région.

 

Les autorités ont clamé à travers un haut-parleur que toute personne s’avisant de manifester contre le gouvernement chinois s’exposerait à subir ce même type de traitement.

 

Sur les quinze prisonniers exhibés, trois ont été identifiés : Jampa Dhondup (27 ans), Taphel (56 ans) et Tsering Wangrap (42 ans).

 

[Cette info est à rapprocher avec celle donnée par The Times qui parle, lui, de 7 camions de prisonniers. Chaque prisonnier étant tenu par deux policiers le forçant à baisser la tête, une pancarte accrochée au cou. On est ici carrément dans un revival de la Révolution Culturelle ! Et on nous parle par ailleurs de la libération des serfs… Pour ceux qui lisent l’anglais, l’article de The Times est consacré à ce phénomène de boycott de l’agriculture. Defacto]

 

Par ailleurs, selon la communauté Trehor de Dharamsala, 5 moines du monastère de Tsitsang à Kardze ont été arrêtés de manière arbitraire le 1er avril après que les policiers chinois aient saccagé le monastère. L’un des moines a été identifié comme étant Sonam Nyima, un membre de l’administration du monastère.

source : Phayul