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  Lobsang Sangay, nouveau Premier Ministre de l’Administration tibétaine en exil

Lobsang Sangay

Lobsang Sangay

La commission des élections de l’Administration centrale tibétaine en exil, présidée par Monsieur Jampal Chosang, a annoncé ce matin les résultats du second tour des élections à la nomination du Premier Ministre ainsi que pour le renouvellement du Parlement en exil.

[…]


Monsieur Lobsang Sangay, chercheur à Harvard et résidant aux Etats-Unis, a obtenu 27.051 voix avec 55 % de votes exprimés en sa faveur. Lobsang Sangay est donc élu Premier Ministre de l’Administration en exil. Les autres finalistes, Monsieur Tethong Tenzin Namgyal a obtenu 18.450 voix et Monsieur Tashi Wangdi 3.173 voix.

Quant au renouvellement du Parlement en exil, la commission a annoncé l’élection des quarante-deux députés qui vont siéger à la XVe législature du Parlement en exil, dont vingt-huit représentant les trois provinces du Tibet, huit représentant les quatre écoles bouddhistes du Tibet, deux représentant la religion pré-bouddhique Bön, deux représentant le continent nord-américain et deux l’Europe.

Le Vénérable Thupten Wangchen, résidant  en Espagne et Madame Chungdak Koren, résidant en Norvège ont été élus pour les deux sièges attribués à l’Europe.

Le nouveau Premier Ministre ainsi que la XVe législature du Parlement en exil entreront en fonction à partir de septembre 2011 pour une durée de cinq ans.

Comme l’a annoncé Sa Sainteté le Dalaï Lama dans son message du 10 mars 2011, la révision de la Charte Constitutionnelle régissant la fonction de l’Administration en exil est en cours, dans la mesure où Sa Sainteté a déclaré se retirer de toutes fonctions administratives et politiques afin que naisse « un vrai Gouvernement du peuple, pour le peuple et élu librement par le peuple ». Dès la ratification de la Charte Constitutionnelle amendée par l’actuel Parlement, le nouveau Premier Ministre et la XVe législature exerceront de très hautes responsabilités avec des pouvoirs élargis.

source : communiqué du Bureau du Tibet Paris

 

  Un Rimpoché destitué, arrestations, suicide et 17 moines chassés au monastère Shag Rongpo au Tibet

La Chine accuse Dawa Rimpoché du monastère Shag Rongpo dans le district de Nagshu (région « autonome » du Tibet) d’avoir secrètement lancé des recherches pour découvrir la 5e réincarnation de Rongpo Choeje, le révéré dirigeant du monastère [Defacto : depuis le 1er septembre 2007, le parti communiste a promulgué une loi comme quoi « les lamas ne sont plus autorisés à se réincarner sans avoir obtenu une autorisation préalable des autorités chinoises. » Loi surréaliste pour un parti soit-disant marxiste et qui a surtout pour objectif de préparer la succession de l’actuel Dalaï-lama à la sauce pékinoise].

[…]


De plus, le Rimpoché est également accusé d’avoir contacté le leader tibétain en exil, le Dalaï-lama, à propos de la présumée découverte de la réincarnation. Il a été arrêté ainsi que quatre autres personnes le 17 mai 2010 à Lhassa, capitale du Tibet.


Les moines du monastère et des Tibétains locaux ont protesté contre ces arrestations entraînant la fermeture provisoire du monastère qui est considéré par les autorités chinoises locales comme la menace numéro 1 sur leur « liste noire » parmi les 113 monastères du district de Nagchu.


Des quatre personnes arrêtées avec le Rimpoché, 2 moines du monastère (Dungphuk et Ngawang Jangchup) et un civil (Tashi Dhondup) ont été relâchées séparément après le 21 mai 2010.


Par contre, Ngawang Jangchup, 35 ans, un lama important du monastère a été condamné à 2 ans d’emprisonnement après qu’une image du Dalaï-lama ait été trouvée dans sa chambre de moine. Avoir une image du Dalaï-lama est toujours illégal au Tibet vu qu’il est jugé comme un séparatiste voulant diviser la « Mère Patrie ».


En avril, un mois avant les arrestations, les autorités chinoises locales se sont rendues au monastère pour initier une campagne « d’éducation patriotique » auprès des moines.


Tous les moyens de communication des alentours du monastère ont été coupés avant l’arrestation.


Lutte entre les Tibétains locaux et les autorités chinoises


Après l’arrestation, environ 50 membres de l’autorité chinoise flanqués de plus de 150 militaires se sont rendus au monastère pour interroger les moines interdits de voir leur révéré lama Dawa Rinpoché.


Récusant le titre de « Rimpoché » (maître spirituel) au lama, les autorités ont ordonné aux moines de ne pas le vénérer comme tel en le cataloguant comme membre de la « clique du dalai ».


Les autorités ont également exigé un irrespect inconditionnel envers le Dalaï-lama que les Tibétains vénèrent.


Ces « exigences » ont provoqué la colère des moines et des Tibétains locaux qui se sont mis à manifester contre les autorités ce qui a entraîné la fermeture temporaire du monastère.


Un moine se suicide


Dans la foulée de ces perturbations frappant le monastère Rongpo, Ngawang Gyatso, un moine de 70 ans s’est suicidé le 20 mai.


Le défunt aurait laissé des notes confisquées par les autorités qui ont proclamé que sa mort était « naturelle ».


Les autorités ont également prévenu les moines que de dire quoi que ce soit relatif à ce suicide pouvait les mener en prison.


Impossible de savoir ce que contenaient ces notes.


Le Rimpoché libéré mais sous haute surveillance


Le lama Dawa Rimpoché a été relâché un mois plus tard mais avec l’interdiction d’endosser la moindre responsabilité au monastère.


Il ne peut avoir aucun contact avec le monastère et ses étudiants. Ses déplacements sont surveillés et restreints. Le lama âgé de 75 ans vit dans sa maison sous haute surveillance policière près de Thoego La.


Les moines exigent le retour du Rimpoché


Fermé temporairement suite aux arrestations, le monastère a rouvert récemment.


Néanmoins, mené par un dénommé Ngawang Lobsang, 17 moines supérieurs ont exigé le retour du Rimpoché et ont exprimé leur respect et leur vénération inconditionnels envers lui et le Dalaï-lama contrariant ainsi fortement les officiels chinois.


Malgré les avoir retiré de la discipline monastique tout en les persécutant, les autorités chinoises n’ont pu faire plier les moines restés inflexibles dans leurs exigences.


En conséquence de quoi les moines ont été contraints de quitter le monastère et doivent se présenter au bureau des autorités chaque semaine. De plus, leurs déplacements sont limités, et ce, pour 2 ans.


Nouvelles arrestations


Encore plus récemment, mercredi dernier (le 21 juillet 2010), 2 moines du monastère ont été arrêtés après s’être confrontés avec les autorités lors d’une réunion faite pour dénoncer le Dalaï-lama et le lama Dawa Rimpoché.


L’un des moines a été relâché rapidement, l’autre est toujours en prison sans que l’on sache où.


Khenrab, 35 ans, est le gardien (au sens de concierge) du monastère.


Excédé par les propos des officiels lors de cette réunion, Khenrab a clamé que si autant de « restrictions sévères » devaient être imposées, il était dès lors parfaitement dénué de sens de rester dans ce monastère.


Il a ensuite remis les clés du temple principal en disant aux officiels qu’ils n’avaient qu’à le garder eux-mêmes et a quitté la réunion.


Il a bien sûr été immédiatement arrêté.


sources : The Tibet Express et Phayul

 

  Yankyi, Tashi, Gyalseng, Nima, Aniy, Kunchok…

Kunphok Tsephel

Kunchok Tsephel


[…]

Yankyi Dolma, une des deux nonnes arrêtées le 24 mars 2009 lors d’une manifestation au marché de Kardze [Cf. l’info Tibet-defacto] est décédée le samedi 5 décembre 2009 à l’hôpital de Chengdu, la capitale de la province du Sitchuan, probablement des suites de mauvais traitements et de tortures en prison.

Heureusement que l’UMP qui vient de signer un protocole harmonieux avec le Parti Communiste Chinois a bien précisé par la voix de Christian Estrosi « que notre mouvement ne transige jamais sur le respect des droits humains ». Il est donc certain que l’UMP va, dès demain, demander à son parti frère des éclaircissements sur cette histoire.


Tashi Dondrup, jeune chanteur extrêmement populaire dans la région de l’Amdo, a lui été arrêté le 3 décembre à Xining, capitale de la province du Qinghai. Son crime : avoir sorti un disque sur lequel il chantait sa nostalgie du Dalaï-Lama et qui évoquait également la répression de mars 2008 à Lhassa.
Heureusement, que L’UMP, qui vient de signer un protocole harmonieux avec le Parti Communiste Chinois, va faire tonner sa grosse voix pour rappeler à son parti frère qu’il ne faut jamais transiger (mais alors, jamais) sur le respect des droits humains. D’ailleurs, Christian Estrosi a bien déclaré « Que le parti communiste, qui est l’instance dirigeante de la Chine, soit demandeur de relations avec le parti du président de la République qui a rencontré le Dalaï Lama, c’est une belle avancée ».

C’est ce qu’on appelle bien maîtriser un dossier. Avec ça, nul doute que Tashi Dondrup soit relâché dans les jours qui viennent.


Gyalseng, (25 ans) et Nima Wangchuk (24 ans) ont été condamnés à 3 ans d’emprisonnement. Originaires du district de Sog (préfecture de Nagchu), ils font partis de quatre Tibétains ayant été arrêtés le premier octobre 2009, jour anniversaire de la fondation du Parti Communiste Chinois. Leur crime : avoir mis en ligne des photos et des discours du Dalaï-Lama dans leurs profils utilisateurs sur un célèbre site de dialogue (qq.com). Yeshi Namkha (25 ans) et Aniy (âge inconnu), les deux autres Tibétains impliqués n’ont pas encore été jugés. Leurs proches et leurs familles n’ont pas l’autorisation de les voir et craignent qu’ils soient torturés.

Heureusement, Christian Estrosi, commentant le protocole harmonieux entre l‘UMP et le Parti Communiste Chinois, a parlé « des avancées significatives dans le domaine des droits de l’homme ».

Cette histoire en est une nouvelle et frappante démonstration.


Kunchok Tsephel, 39 ans a été condamné à 15 ans de prison. Il avait été arrêté le 26 février 2009. Son crime : il aurait divulgué des secrets d’état sur son site internet (comprendre qu’en fait il a dû parler des événements de mars 2008). Kunchok Tsephel est le fondateur de Chodme (la lampe à beurre), un site dédié à la littérature tibétaine. J’ai rencontré il y a quelques années Kunchok en Amdo. C’est quelqu’un d’une gentillesse extrême dont le seul but est de défendre la culture tibétaine, notamment en offrant une plateforme d’expression aux poètes actuels. Au moment où je l’ai vu, il se désespérait de voir son site être régulièrement fermé par les autorités chinoises, soit sans un mot d’explication soit sous prétexte de problèmes techniques. Mais jamais il n’a renoncé à l’idée de promouvoir une culture tibétaine contemporaine. Aujourd’hui, après 9 mois de détention, sa santé est très mauvaise. Il n’a pas droit à un avocat et il est condamné à 15 ans de prison. Kunchok Tsephel est marié et a une fille malade.
Je n’ai même plus envie de parler de l’UMP.


La plupart des sources proviennent de Phayul.

 

  Des Tibétains doivent exposer des photos du Dalaï-lama

D’après Voice of Tibet, les autorités gouvernementales du district de Chogro à Kardze obligent les Tibétains à exposer des photos du Dalaï-lama sur leurs autels.

[…]

Le Dalaï-lama à Bercy

Le Dalaï-lama à Bercy

 

Les Tibétains dans la région sont très surpris, pour ne pas dire méfiants envers cette nouvelle attitude des autorités.

 

Phurba, un moine du monastère de Drepung loseling (celui en Inde du sud) dit qu’il tient ses informations de sources sûres à Chogro qui se situe dans la région traditionnelle tibétaine de Trehor.

 

D’après Phurba, les autorités affirment que l’interdiction des photos du Dalaï-lama dans le passé ne venait pas d’un ordre gouvernemental mais d’initiatives individuelles visant à restreindre la possession des photos de celui que la Chine accuse d’inciter au séparatisme.

 

Phurba ajoute que pour le moment, aucun Tibétain n’a encore placé une photo du Dalaï-lama dans sa maison.

 

Les Tibétains sont pour le moins surpris de ce nouvel ordre et prudents par peur d’être bernés par ce que les analystes appellent “la politique de la carotte et du bâton”. Les Tibétains n’arrivent pas à croire que les autorités qui les ont forcés à abjurer le Dalaï-lama leur demandent maintenant d’afficher des photos du leader tibétain.

 

Dans des villes plus grandes, les autorités ont même fourni leurs propres tirages en grand format de photos du Dalaï-lama.

 

Les Tibétains au Tibet (en région autonome) n’ont même pas le droit de posséder ce type de photos et encore moins évidemment celui de les exposer librement. Nombreux sont les cas de Tibétains purgeant de longues peines de prison à cause de ces restrictions.

 

Phurba ajoute que les autorités à Tongkhor ont brûlé environ 18 sacs de photos du Dalaï-lama il y a tout juste quelques mois.

 

Defacto : avant les événements de 2008, les autorités étaient relativement plus tolérantes sur cette question dans le Kham et dans l’Amdo où l’on pouvait voir parfois des portraits du Dalaï-lama dans certaines maisons et (bien que de manière très discrète) dans certains monastères. Mais pas question toutefois d’exposer des photos du véritable Panchen-lama, sujet totalement tabou.
source : Phayul

 

  Deux manifestants évadés du Tibet parlent des atrocités chinoises

Deux frères évadés du Tibet impliqués dans les manifestations de l’année dernière contre l’autorité chinoise ont rejoint Dharamsala.

[…]

 

tsewang-dhondup

Tsewang Dhondup montre ses blessures lors de la conférence de presse. (Photo de Dhonyoe)

 

 

Tsewang Dhondup, 38 ans et Lobsang Thupten, 31 ans, originaires de Tehor, (district de Dragko (Ch : Luhuo), préfecture autonome de Kardze (Ch : Ganzi), province du Sichuan) avaient participé avec des centaines d’autres personnes à une grande marche de protestation contre les autorités chinoises dans le district de Dragko le 24 avril 2008. En tête de cette marche, des nonnes et des moines du monastère de Palden Chokri.

 

La manifestation pacifique s’était terminée par des tirs meurtriers de la police armée chinoise, faisant au moins deux morts et plus de dix blessés graves.

 

Tsewang pense qu’il y a eu probablement beaucoup plus de victimes.

 

“Vers 16 h 30, le 24 mars, une grande marche de protestation menée par environ 150 nonnes du couvent de Ngangong se met en branle à Dragko. La marche est ensuite rejointe par des moines de Palden Chokri et des centaines de civils, principalement des paysans”, explique Tsewang.

Les marcheurs chantaient “Longue vie au Dalaï-lama”, “Chine, quitte le Tibet”, et “Retour de Sa Sainteté le Dalaï-lama au Tibet”.

 

“Plus tard, plus de 300 policiers chinois armés ont ouvert le feu au hasard dans la foule. Ils ont également lancé des gaz lacrymogènes et fait usage de cannes électriques et de matraques métalliques pour réprimer la manifestation. Ces forces chinoises ont frappé sans aucune retenue et sans montrer la moindre pitié.”

 

Tsewang a été touché par deux fois en essayant d’aider Kunga, un moine de 20 ans du monastère de Chokri, blessé par balle.

 

“Alors que j’essayais de sauver la vie de kunga, j’ai moi-même étais atteint par deux fois. Une balle tirée dans mon dos a traversé mon corps et est ressortie devant, un peu au-dessus de ma taille et une autre a touché mon bras gauche. Je suis tombé quasi inconscient”, raconte Tsewang tout en montrant ses mauvaises blessures aux journalistes présents à la conférence de presse.

 

Son frère Thupten l’a vu tomber sous les balles. Très vite, il réussit à le mener en sécurité à l’aide de sa moto. Konga, le moine de 20 ans et fils de Tashi Gyaltsen, était lui déjà mort.

 

À partir de là, Tsewang a lutté entre la vie et la mort tout en réussissant à ne pas être arrêté pendant un an et trois mois.

 

“C’est mon frère qui a pris constamment soin de moi alors qu’on était toujours en cavale de peur d’être arrêtés”, raconte Tsewang.

 

“On a même passé environ 6 mois dans une famille. On ne pouvait pas rentrer dans notre ville vu que nos noms apparaissaient dans la liste des personnes recherchées par le gouvernement avec une prime entre 15 000 et 20 000 Yuan (1 500 et 2 000 €) sur chacune de nos têtes.”

 

“C’était vraiment un combat entre la vie et la mort pour moi. Comme je ne pouvais pas accéder à des soins médicaux corrects, les blessures par balle ont commencé à pourrir en se couvrant d’asticots et de pus, ce qui provoquait des douleurs insoutenables.”

 

“Ma santé allait tellement de mal en pis que j’ai envisagé de mettre fin à mes jours”.

 

“Et puis l’espoir et la détermination de voir Sa Sainteté le Dalaï-lama et l’envie de raconter au monde extérieur les souffrances endurées par le peuple tibétain sous l’occupation chinoise m’ont rendu plus fort.”

 

“Tout au long du parcours, nous avons été généreusement soutenus par plusieurs familles. Mais je suis avant tout éternellement redevable à mon frère Thupten.”

 

Questionné par un étudiant américain sur ce que les communautés afro-américaines pouvaient faire pour le Tibet, Tsewang a lancé un appel pour que des “recherches approfondies” soient faites pour mettre réellement en lumière le problème du Tibet.

 

Lobsang Thupten (gauche) et son frère Tsewang

Lobsang Thupten (gauche) et son frère Tsewang Dhondup

 

 

“Je demande à la communauté internationale de soutenir le Tibet en se basant sur la réalité de la situation et à se dégager de l’emprise de l’information partisane émise par la puissante machine de propagande chinoise en Chine et à travers le monde.”

 

“Je demande à la communauté internationale d’aider le Dalaï-lama à retourner dans son pays, le Tibet. Vous pouvez également aider à faire libérer les prisonniers politiques tibétains ainsi que le Panchen-lama, celui reconnu par le Dalaï-lama.”

 

“Les gens des médias doivent être assez courageux pour aller au cœur des villages tibétains et dans les régions isolées pour évaluer eux-mêmes et de manière indépendante la véritable situation du Tibet sous l’autorité chinoise. Ils doivent entendre les vraies voix du Tibet qui sont si bien bâillonnées par le gouvernement chinois”, insiste Tsewang.

 

“Le niveau de violence que nous avons dû subir de la part des forces chinoises l’année dernière confirme ce que nous pensons depuis longtemps. La Chine n’a aucun respect ni aucune considération pour la vie et le bien-être des Tibétains”, ajoute Tsewang avec dédain.

 

“Je ne peux même pas m’imaginer comment les Chinois ont pu infliger une telle violence à des manifestants pacifiques l’année dernière. Après ce qu’ils ont fait au Tibet l’année dernière, je peux seulement imaginer la quantité de ressentiment qu’éprouvent maintenant les Tibétains envers le gouvernement chinois.”

 

Les deux frères disent qu’ils ont quitté le Tibet avec la “conviction et l’espoir” d’aider à soulager les souffrances des Tibétains au Tibet.

 

À la conférence de presse, Tsewang et Thupten ont été rejoints par Tsering Gyurmey et Gonpo qui avaient pris part à une manifestation similaire à Kardze l’année dernière et qui ont réussi eux aussi à regagner l’Inde la semaine dernière.

 

source : Phayul

 

  Mort du Panchen-lama ?

Depuis quelques jours, l’annonce de la mort de Gedhun Choekyi Nyima, le 11e Panchen-lama enlevé à 6 ans par les autorités chinoises, commence à se propager dans les médias.

[…]

Gedhun Choekyi Nyima, 11e Panchen-lama

Gedhun Choekyi Nyima, 11e Panchen-lama

Cette nouvelle est curieusement tombée quelques jours avant le 20e anniversaire du Panchen-lama, le 25 avril. Info ou intox ? Impossible à dire évidemment. Penpa Tsering, le porte-parole du Parlement tibétain en exile a publié le 27 une lettre ouverte au président Hu Jintao lui réclamant toute la vérité sur cette affaire.

 

Je reproduis ici dans son intégralité le post d’Aglio E Cipolla qui a traduit la majeure partie de l’article du Corriere della Sera, journal qui a le premier donné cette information :

 

Selon Yoichi Shimatsu, ancien directeur du journal Japanese Times Weeks, le 11e Panchen-lama Gendhun Choekyi Nyima, jamais reconnu par les autorités chinoises qui le firent enlever à l’age de 6 ans et devenir ainsi « le plus jeune prisonnier politique du monde », serait mort il y a déjà plusieurs années. Reste celui mis en place par la République Populaire de Chine, Gyancain Norbu qui lui condamne les révoltes au Tibet.

 

 

Le Panchen-lama est le deuxième plus haut chef spirituel du bouddhisme tibétain, juste après le Dalaï-lama. Son nom est un composé de « grand érudit » (panchen) et « maître spirituel » (lama). Il est considéré comme une émanation du Bouddha Amitabha (« de lumière infinie »)

 

Le 11e Panchen-lama, Gendhun Choekyi Nyima est né le 25 avril 1989 à Nagchu. Il est le fils de Kunchok Phuntsok et Dechen Choedon, nomades tibétains.

 

Il a été enlevé avec ses parents le 17 mai 1995, soit 3 jours après sa désignation par Tenzin Gyatso, XIVe Dalaï-lama. On ne l’a jamais revu depuis. Les autorités chinoises ont confirmé au fil des années être l’auteur de l’enlèvement, officiellement pour « protéger » l’enfant.

 

« Le Panchen-lama choisi par les émissaires du Dalaï-lama est mort. Celui indiqué par la Chine est (donc) aujourd’hui l’unique Panchen-lama ». C’est ce qu’a déclaré Yoichi Shimatsu, ancien directeur du Japan Times Weekly, lors d’une table ronde organisée par l’école de journalisme et communication de l’université Quinghua de Pékin. On y aborda la question tibétaine.

 

La nouvelle n’est pas officiellement confirmée mais le cadre est significatif : c’est ici que le président Hu Jintao se diplôma en ingénierie en 1964. Autant dire un « lieu saint ». La conférence a eu lieu en présence de savants chinois, occidentaux, et deux correspondants de journaux étrangers dont le Corriere della Sera qui reporte ces propos à travers son envoyé Marco Del Corona. Ce dernier souligne que « le débat autour de ce thème crucial fut long et empreint d’une liberté d’expression jusque-là impensable ». Ou fut simplement une exception à la règle pour annoncer la mort officielle d’un ennemi et partie d’une nouvelle phase offensive dans la stratégie anti-tibétaine.

 

« Il est mort depuis longtemps. De maladie, cancer ou leucémie » dit Shimatsu. « La nouvelle a été tenue secrète par les tibétains et les chinois pour le même motif : ne pas perdre la face. la Chine pour ne pas révéler qu’était mort dans ses bras un enfant dont elle avait la garde, et le Dalaï-lama et les siens pour ne pas perdre leur « élu » et ne pas devoir admettre que le leader boudhiste avait failli dans son choix en indiquant un enfant malade […] Ma source (d’information) est sûre, de nature diplomatique et en provenance d’un pays occidental non-européen et de gauche qui envoya des médecins pour tenter de sauver l’enfant. C’est la vérité ». Selon le journaliste Marco Del Corona, le pays en question pourrait être Cuba ou le Vénézuela.

 

Les propos de Shimatzu restent saisissants. Vient évidemment le doute qu’il ait été été « autorisé » à en parler, et le contenu de ses propos approuvé ou suggéré. Parler de la Chine qui se préoccupe de la santé du « Panchen-lama détesté » semble une énormité. Aussi l’usage des termes « Dalaï-lama et les siens » fait tiquer. Le « et » est très chinois : « le Dalaï-lama et sa clique » dit-on là-bas généralement, sous-entendu « de criminels délinquants ».

 

En 1996, le cas de Gedhun Choekyi Nyima, 11e Panchen-lama, avait été examiné par le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU et les autorités chinoises avaient admis pour la première fois avoir « pris l’enfant pour sa sécurité » quand la question du panchen-lama fut abordée ».

 

Chandrel Rinpoché, qui « trouva » le 11e Panchen-lama non reconnu par Pékin, avait été chargé de cette mission. Croyant l’abbé acquis à sa cause, le parti communiste chinois le nomma « chef de la commission officielle chinoise responsable de la recherche de la réincarnation du dernier Panchen Lama ». Il a été arrêté le 18 mai 1995, soit un jour après le Panchen-lama, inculpé de collaboration avec le Dalaï-lama, condamné à 6 ans, mis au secret, encore aujourd’hui à 67 ans en résidence surveillé.

 

Panchen-lama : une espérance de vie toujours plus réduite.

Hu Jintao, actuel président qui fut « responsable de la répression politique sévère au Tibet » en 1989 est lui-même soupçonné d’avoir fait empoisonné Choekyi Gyaltsen, 10e Panchen-lama, mort d’une crise cardiaque à 50 ans après une vie de persécution de la part des autorités chinoises. Il venait alors de déclarer que « le progrès apporté au Tibet par la Chine ne saurait compenser la somme de destructions et de souffrance infligée au peuple tibétain ». Dénonçant la répression chinoise au Tibet dans sa « Pétition aux 70 000 caractères » (1962), Choekyi Gyaltsen avait déclenché sa disgrâce et son arrestation. Emprisonné jusqu’en 1977, puis en résidence surveillée, il ne fut « réhabilité » complètement qu’en 1987 par le gouvernement chinois qui voulu l’utiliser comme médiateur après les premières émeutes de Lhassa. Mais par la suite, de plus en plus critique envers Pékin, et alors qu’il venait d’insister sur sa loyauté envers le Dalaï-lama (que les autorités chinoises lui demandèrent de renier pendant près de 30 ans) il fut terrassé dans un temple par une crise cardiaque.

 

L’important aujourd’hui semble être de faire savoir que « le Panchen-lama contesté par Pékin est mort » : il n’existe plus et n’en reste qu’un. Il s’appelle Gyancain Norbu et est né le 12 février 1990. Ce 11ème Panchen-lama-là a été choisi et reconnu officiellement le 29 novembre 1995 par les autorités chinoises. Sur quel critère ? À priori la parenté avec « un membre du Parti communiste chinois qui était président du Comité permanent de l’Assemblée populaire de la Région autonome du Tibet à l’époque de la désignation de l’enfant ». Ses déclarations officielles sont parfaitement alignées sur celles de Pékin : « Les faits démontrent que seulement grâce à (la République Populaire de Chine) le Tibet a pu acquérir sa prospérité actuelle et rêver d’un futur encore meilleur ». Un autre otage, de fait.

 

Donc, fin du contentieux et de toute polémique, côté chinois.

 

Si cette nouvelle était confirmée, le Dalaï-lama et ses émissaires devraient partir à la recherche d’un nouveau Panchen-lama : un nouveau défi qui serait vraisemblablement « intolérable » aux yeux des autorités chinoises. À comprendre maintenant si le but de tout cela n’est donc pas tout simplement de créer de nouveaux précédents justifiant une intensification de la répression envers les Tibétains.

 

Gendhun Choeki Nyima aurait eu 20 ans le 25 avril.

sources Aglio E CipollaCorriere della Sera

 

On le voit, tout ceci est bien curieux. Et l’affirmation comme quoi « la nouvelle a été tenue secrète », y compris par les Tibétains, bien osée. Encore fallait-il qu’ils en soient eux-mêmes informés !

Il faut noter également que Yoichi Shimatsu semble totalement être pro-chinois et que ses propos ont été tenus dans le cadre de « Dialogue sur le Tibet— Histoire et Réalité », un séminaire de propagande de désinformation dont Pékin a le secret et qui s’est terminé par : « Grâce à ce débat, nous pouvons conclure que le Tibet ne constitue pas un problème en soi. »

 

Tiens-donc, en voilà une conclusion hardie…

 

  Raffarin mâche ses mots et crache le morceau

Vu dans le journal Le Monde, ces très savoureuses précisions de Monsieur Raffarin  à propos du communiqué de réconciliation publié le 1er avril par Paris et Pékin.

[…]

Lors d’un colloque le 6 avril, il a estimé qu’il s’agissait d’un “compromis fertile” qui permettait d’en revenir “aux fondamentaux” après des mois de boucherie, euh pardon, de bouderie chinoise. M. Raffarin a expliqué que le texte était à la fois “plus précis et plus engageant” à l’égard de Pékin. “On ne parle pas seulement de (l’attachement français) à l’unité de la Chine (dans ce communiqué) : on dit que l’on est non seulement contre l’indépendance du Tibet mais aussi contre le soutien à l’indépendance.”

Et pour “clarifier” encore plus :

A la question de savoir si le même texte engage le président Nicolas Sarkozy à renoncer à toute rencontre avec le dalaï-lama, M. Raffarin a répondu qu’“on ne peut pas faire dire au texte ce qu’il ne dit pas”, ajoutant cependant que, si M. Sarkozy rencontrait de nouveau le chef spirituel tibétain en exil, “les Chinois considéreraient cela comme une forme de soutien (à l’indépendance du Tibet).

En clair : Nicolas Sarkozy s’est bel et bien engagé à ne plus rencontrer le Dalaï-lama.

Donc vous avez bien compris? Ce qui n’est pas écrit n’est pas écrit mais veut bien dire ce que ça veut dire.

Bref, on s’aplatit totalement devant Pékin. On ne le savait pas, “revenir aux fondamentaux” signifie en fait “baisser sa culotte”.

 

  Sit-in de moines à Xining, 2 religieuses arrêtées à Kardze

D’après le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), six moines tibétains ont organisé un sit-in pacifique hier devant la Haute Cour populaire de Xining, province du Qinghai.

[…]

 

Les moines ont déployé une grande banderole avec un texte appelant la Cour à adopter une procédure judiciaire équitable envers les manifestants tibétains. Les moines qui avaient commencé leur sit-in vers 8 heures (heure de Pékin) ont été arrêtés par la police. On ne sait pas ce qu’il est advenu d’eux.

 

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Par ailleurs, deux religieuses du monastère de Dragkar, dans le district de Kardze, ont été arrêtées le 24 mars. Yankyi Dolma et Sonam Yangchen avaient organisé une manifestation pacifique sur la place du marché vers 15 heures (heure de Pékin), pour réclamer le « retour du Dalaï-lama au Tibet », «  les droits de l’homme au Tibet » et « la liberté religieuse au Tibet ».

 

Citant des sources anonymes, le TCHRD indique que Yangkyi Dolma a distribué des tracts au cours de la brève manifestation. La police armée populaire chinoise (PAP) est immédiatement intervenue en frappant aveuglément les religieuses à coup de barres et de matraques électriques avant de les enfermer dans un fourgon.

 

Vers 7 heures du soir, les forces de sécurité ont investi sans ménagement la maison de Yangkyi, saccageant un portrait du Dalaï-lama tout en reprochant aux membres de la famille d’être des partisans des « forces séparatistes ».

Deux agents de la sécurité chinoise ont convoqué le lendemain (le 25 mars) le frère de Yangkyi, Tsangyang Gyatso au siège du gouvernement du district de Kardze. Là non plus, on ne connaît pas les suites de cette histoire.

 

 

 

Yangkyi Dolma, née dans la municipalité de Roltsa, district de Kardze dans le Sitchuan, est la fille de Hormeytsang Dargay (père) et de Khando Pema (mère).

 

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Au-delà de ce type d’événements sporadiques, un grand mouvement de désobéissance civile continue de prendre de l’ampleur à Kardze. Les agriculteurs refusent toujours de se plier à l’ordre des autorités les intimant de reprendre le travail dans les fermes. Ils entendent ainsi protester contre la répression chinoise.

 

Selon des sources, les autorités chinoises ont posé un ultimatum aux agriculteurs tibétains de Drango. Si les labours n’ont pas repris le 11 avril, leurs terres seront confisquées par le gouvernement.

 

  Youtube bloqué et visa refusé

Le pouvoir chinois ne relâche pas la pression ces derniers jours. Bien au contraire, il continue d’agir sur tous les fronts. L’accès à Youtube, le site de partage de vidéos, est bloqué en Chine depuis le lundi 23 mars. Par ailleurs, l’Afrique du Sud a refusé son visa au Dalaï-lama qui devait participer à une conférence à Johannesburg.

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Coïncidence, c’est au moment où Pékin remet en cause l’authenticité de la vidéo montrant une petite partie de la répression au Tibet (traduite ici sur Tibet-defacto), que le site de Google se retrouve bloqué. « Pour l’instant, nous n’avons pas d’informations à vous fournir », a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Ca a le mérite d’être simple.

« Nombre de personnes ont à tort l’impression que le gouvernement chinois craint internet. En fait, c’est exactement le contraire », a assuré aux journalistes Qin Gang, le porte-parole. Il aurait pu ajouter: « Avec seulement 4 nœuds d’accès pour tout le pays, il est vraiment facile pour nous de le contrôler. C’est ce qui explique la lenteur exaspérante du débit ici. De plus nous avons développé des partenariats fructueux avec entre autres Google, Microsoft et Yahoo pour traiter certains termes non harmonieux comme “Tien’anmen” (qui renvoie à d’utiles infos touristiques) ou “dalaï” qui est banni. Baidu, notre propre moteur de recherche est lui aussi tout à fait sécurisé. Nous avons également simplifié l’usage d’Internet dans la riante province du Tibet en le coupant totalement. Mais j’ai oublié de vous parler de notre cyber-police. Une autre fois si vous le voulez bien. »

 

Pour ce qui est du refus de l’Afrique du Sud d’accorder un visa au Dalaï-lama, c’est assurément une énorme source de satisfaction pour Pékin qui rêve de le voir banni par le plus grand nombre de pays possibles.

Le chef spirituel tibétain devait participer avec d’autres prix Nobel à une conférence sur le football comme instrument de lutte contre le racisme et la xénophobie. Le gouvernement du pays qui doit accueillir la Coupe du Monde 2010, prétend ne pas avoir été influencé par Pékin pour sa décision, affirmant juste que « la présence du Dalaï-lama n’était pas du meilleur intérêt pour l’Afrique du Sud en ce moment ». Pourtant, des médias locaux ont eux dénoncé une pression de la part de Pékin comme le Sunday Independent qui cite Dai Bing, le ministre conseiller à l’ambassade de Chine à Pretoria. Ce dernier a clairement dit que son pays avait exhorté l’Afrique du Sud à empêcher cette visite sous peine d’altérer de bonnes relations bilatérales.

La Chine est en effet devenue un investisseur et un partenaire commercial énorme dans le pays.

Les lauréats et le comité du prix Nobel ont eux menacé de ne pas participer à la conférence si la décision était maintenue. La décision est maintenue et la conférence simplement annulée.

 

Pour conclure, sachez que la rumeur a un prix. La famille du moine suicidé (Cf. infos du 22 mars) recevra une compensation financière de deux cent mille yuans chinois (23 000 €). Or le gouvernement local avait bien affirmé que c’était uniquement une simple rumeur sur la mort de ce moine prisonnier qui avait provoqué les grandes manifestations (et arrestations) à Ragya.

 

  Taktser, le village natal du Dalaï-lama

À l’extrême frange orientale de l’espace tibétain, au sommet d’une montagne, un petit village tibétain subsiste au milieu d’une région aujourd’hui quasi-totalement habitée par des paysans Hui (musulmans chinois). La maison natale du Dalaï-lama est tenue par un de ses cousins. Détruite pendant la révolution culturelle, elle a été reconstruite dans les années 80, avec un sanctuaire privé, des bâtiments en bois autour de cours carrées. Photos rarissimes de Taktser et des alentours.

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