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  Le village de Xi Jinping

À Liangjiahe, un petit village du centre de la Chine, les visiteurs peuvent visiter les sites qui ont formé Xi Jinping. Voici l’humble demeure où, il y a presque cinquante ans, le futur président à vie dormait aux côtés de ses collègues fonctionnaires du Parti communiste ; il y a le puits qu’il a aidé à creuser. Lorsqu’une équipe de CNN a fait un reportage sur le village de Xi, elle a été suivie partout : c’est un endroit pour rendre hommage, pas pour sourire ou critiquer.

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Les mêmes règles s’appliquent ailleurs. Roy Jones d’Omaha, Nebraska, était en charge du compte Twitter de la chaîne d’hôtels Marriott, peu de temps après que Marriott ait offensé la Chine avec un sondage en ligne qui désignait le Tibet comme un pays. Certains militants tibétains ont tweeté leurs félicitations à Marriott ; Jones a approuvé le tweet. Immédiatement, des représentants du gouvernement chinois se sont plaints et Marriott, conscient de ses quelque 300 hôtels en Chine, a licencié leur employé. Comme Jones l’a découvert, on ne sait pas toujours quand on est dans le village de Xi Jinping.


On peut le voir du point de vue de la Chine. Marriott est un invité dans son pays ; les invités ne sont pas censés aborder des sujets gênants. Mais la rapidité et la force de la réponse montrent l’étendue de l’autorité de la Chine. Il en va de même pour les excuses de Mercedes-Benz pour avoir publié une citation forcément gênante du Dalaï-Lama sur Twitter. (Le géant de la voiture a promis : « Nous prendrons immédiatement des mesures pour approfondir notre compréhension de la culture et des valeurs chinoises »). Il y a une longue liste de marques qui ont été forcées, non seulement d’apaiser la Chine, mais aussi de présenter des excuses abjectes exprimant leur profonde honte de faire référence à Taïwan en tant que nation indépendante.


Il est frappant de voir ce que les intérêts commerciaux provoquent. Il y a beaucoup de choses inquiétantes sur la manière dont Facebook courtise la Chine par exemple. La tristement célèbre mise à jour de Mark Zuckerberg — « C’est génial d’être de retour à Pékin ! J’ai commencé ma visite par une course à travers la place Tiananmen », accompagnée d’une photo de ladite course, était particulièrement dégoûtante.


Vingt-neuf ans se sont écoulés depuis le massacre de la place Tiananmen. Mais en Chine, on peut encore être arrêté, voire emprisonné, pour l’avoir commémoré publiquement, selon le rapport annuel d’Amnesty International. La police peut également vous rendre visite si vous êtes un avocat des droits de l’homme, un défenseur des droits des travailleurs ou un critique de la politique gouvernementale. Human Rights Watch affirme que les militants sont torturés, détenus au secret et contraints de faire des aveux qui sont ensuite diffusés sur les chaînes de télévision et les médias sociaux de l’État. Les églises sont vandalisées par les autorités de l’État, les chefs religieux arrêtés. Tout cela s’aggrave, et ne s’améliore en rien, sous la férule de plus en plus centralisée de Xi. Le futur système de « crédit social » classera les citoyens en fonction des moindres détails de leur vie quotidienne et pourrait les empêcher de trouver des prêts ou des emplois.


Pendant ce temps, la Chine pénètre profondément dans la vie familiale de ses citoyens : ses politiques de « planification familiale », y compris les avortements forcés, ont entraîné le plus grand nombre de décès d’enfants à naître dans le monde. Le gouvernement prétend avoir mis fin à ses pratiques de prélèvement d’organes, dans lesquelles les prisonniers politiques étaient attachés à des tables et ouverts, mais les universitaires soulignent un manque de transparence. En effet, l’ampleur de la torture, des exécutions, de la détention sans procès, de l’oppression des travailleurs et de l’avortement forcé demeure un mystère — et il est encore moins probable que l’on en sache plus maintenant que la Chine place les ONG étrangères sous une surveillance plus étroite.


Ce sont des faits assez bien connus. Mais ils sont obscurcis par la campagne de relations publiques de la Chine — les Jeux olympiques de 2008 ont été un exercice de propagande virtuose — et brouillés par la flagornerie d’autres nations et institutions. L’image de la Chine est façonnée par d’innombrables extensions du « soft power ». Le rapport de février du Global Public Policy Institute, « Authoritarian Advance », a catalogué l’extraordinaire éventail de partis qui ont été poussés ou encouragés ou orientés vers une position plus acceptable pour Pékin.


La Hongrie et la Grèce ont bénéficié d’un financement chinois ; toutes deux ont fait tout leur possible pour bloquer les déclarations de l’UE sur le bilan de la Chine en matière de droits de l’homme. En 2016, trois ministres tchèques ont été publiquement dénoncés par leur propre premier ministre et président pour avoir rencontré le redouté Dalaï-Lama. Plusieurs pays d’Afrique et d’Amérique latine, qui dépendent des investissements chinois, sont de plus en plus disposés à se ranger du côté du Parti communiste dans les discussions de l’ONU sur les droits de l’homme.


Les groupes de réflexion et les universités sont également mêlés à l’argent chinois. Quelques universités ont fermé leurs instituts Confucius parce qu’elles doutaient de l’indépendance des programmes. Les médias internationaux sont implicitement avertis de ne pas regarder de trop près les affaires de la Chine : ceux qui s’égarent, comme la journaliste française Ursula Gauthier, sont expulsés bruyamment. Comme l’a fait remarquer Gauthier : « Ils se contentent de dire [aux journalistes étrangers] : attention ! Tenez-vous bien ! Si vous ne le faites pas, vous aurez la même fin qu’Ursula Gauthier. »


Ne soyons pas naïfs. Il n’y a pas de repas gratuit, et si l’argent de la Chine sert à financer l’infrastructure, l’éducation et la recherche, la Chine recevra un traitement plus amical. Il en va de même pour la diplomatie de n’importe quel pays. De plus, les gouvernements occidentaux sont loin d’être innocents à financer d’horribles programmes dans des endroits lointains. Et les pays qui se sentent isolés — disons, les nations de l’UE sous la pression de Bruxelles — peuvent considérer la Chine comme un contrepoids utile. Néanmoins, il est alarmant de constater à quel point les nouveaux amis de Pékin abandonnent rapidement et sans réserve leur solidarité avec les millions de Chinois opprimés et commencent à flatter le régime à la place.


Tout cela n’est pas pour dénigrer le peuple chinois, sa civilisation, ses réalisations dans la réduction de la faim et de la misère. Il s’agit de noter une autre façon dont la force politique est exercée discrètement aujourd’hui. Donc, si nous devons vivre à la périphérie du village de Xi Jinping, j’espère que nous ne perdrons pas aussi notre dignité. Nous pouvons peut-être aspirer, sinon à une résistance de sang-froid, du moins à l’ironie du duc de Wellington, qui aurait paraphé une lettre de cette façon : « J’ai l’honneur d’être, Monsieur, votre humble et obéissant serviteur (ce que vous savez très bien que je ne suis pas). »


Dan Hitchens (First Thing)

 

  Deux moines arrêtés dans la région de Lhoka

Deux moines attitrés d’un monastère de la région de Lhoka au Tibet ont été arrêtés à la suite d’une manifestation de moines contre les autorités chinoises le 19 septembre 2010.

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Gyurmey Tenzin et un autre moine non identifié, tous deux attitrés au monastère de Mindroling, ont approché les autorités chinoises afin qu’elles autorisent Dralha Rinpoché à visiter le monastère. Dralha Rinpoché est un lama héritier du trône de Mindroling, l’une des six lignées de la tradition Nyingmapa dans le bouddhisme tibétain.

Le 19 septembre, environ 50 moines du monastère ont manifesté pour exiger que leur vénéré professeur ait l’autorisation de cette visite. Les autorités chinoises ont isolé le monastère en déployant des soldats tout autour qui se sont préparés pour l’assaut.

Les moines et la population tibétaine locale restent choqués par la tournure prise par les événements.

Le monastère a été fermé à tout visiteur extérieur. Plus de 80 officiels chinois d’unités de travail sont arrivés au monastère où les moines ont été soumis à des sessions de rééducation patriotique.

Le monastère Mindroling en exile, reconstruit près de Dehradun en Inde a confirmé que les faits et gestes de Dralha Rinpoché sont étroitement surveillés par les autorités chinoises.

source : Phayul

 

  Le leader de la manifestation étudiante à Machu condamné à 2 ans de prison

Un leader étudiant tibétain arrêté en mars pour avoir mené une manifestation contre le gouvernement chinois lors du second anniversaire de l’insurrection de 2008 au Tibet a été condamné à 2 ans d’emprisonnement.

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D’après Dolkar Kyap, natif de Machu et vivant à Dharamsala, Thupten Nyima est accusé d’avoir initié une manifestation de 30 étudiants de l’école secondaire de la nationalité tibétaine de Machu (dans l’Amdo). Plus de 500 autres Tibétains ont plus tard rejoint la manifestation étudiante le 14 mars de cette année. Les manifestants réclamaient l’indépendance du Tibet et protestaient contre le manque de liberté. Au moins 40 personnes ont été arrêtées à la suite de cette manifestation.

Thupten a été jugé par la cour intermédiaire de la préfecture de Kanlho mais on ne sait pas où il est détenu.

Des étudiants de la même école ont protesté une seconde fois le 3 avril 2010 contre le limogeage de leur proviseur et de deux de ses assistants tibétains par les autorités chinoises.

Kyabchen Dedrol, le proviseur, et ses deux assistants, Do Re et Choekyong Tseten, ont été démis de leurs fonctions suite à la première manifestation pro-indépendance du 14 mars.

Deux étudiants ont également été expulsés de l’école suite à leur critique de la campagne de rééducation patriotique menée par le gouvernement chinois.

Defacto : Kyabchen Dedrol, le proviseur de l’école, est une des figures les plus importantes de la nouvelle vague de poètes tibétains. Il collaborait également à Chodme (la lampe à beurre), un site internet dédié à la littérature tibétaine fondé par Kunchok Tsephel qui lui a été arrêté le 26 février 2009 pour être ensuite condamné à 15 ans de prison.

source : Phayul

 

  Un Rimpoché destitué, arrestations, suicide et 17 moines chassés au monastère Shag Rongpo au Tibet

La Chine accuse Dawa Rimpoché du monastère Shag Rongpo dans le district de Nagshu (région « autonome » du Tibet) d’avoir secrètement lancé des recherches pour découvrir la 5e réincarnation de Rongpo Choeje, le révéré dirigeant du monastère [Defacto : depuis le 1er septembre 2007, le parti communiste a promulgué une loi comme quoi « les lamas ne sont plus autorisés à se réincarner sans avoir obtenu une autorisation préalable des autorités chinoises. » Loi surréaliste pour un parti soit-disant marxiste et qui a surtout pour objectif de préparer la succession de l’actuel Dalaï-lama à la sauce pékinoise].

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De plus, le Rimpoché est également accusé d’avoir contacté le leader tibétain en exil, le Dalaï-lama, à propos de la présumée découverte de la réincarnation. Il a été arrêté ainsi que quatre autres personnes le 17 mai 2010 à Lhassa, capitale du Tibet.


Les moines du monastère et des Tibétains locaux ont protesté contre ces arrestations entraînant la fermeture provisoire du monastère qui est considéré par les autorités chinoises locales comme la menace numéro 1 sur leur « liste noire » parmi les 113 monastères du district de Nagchu.


Des quatre personnes arrêtées avec le Rimpoché, 2 moines du monastère (Dungphuk et Ngawang Jangchup) et un civil (Tashi Dhondup) ont été relâchées séparément après le 21 mai 2010.


Par contre, Ngawang Jangchup, 35 ans, un lama important du monastère a été condamné à 2 ans d’emprisonnement après qu’une image du Dalaï-lama ait été trouvée dans sa chambre de moine. Avoir une image du Dalaï-lama est toujours illégal au Tibet vu qu’il est jugé comme un séparatiste voulant diviser la « Mère Patrie ».


En avril, un mois avant les arrestations, les autorités chinoises locales se sont rendues au monastère pour initier une campagne « d’éducation patriotique » auprès des moines.


Tous les moyens de communication des alentours du monastère ont été coupés avant l’arrestation.


Lutte entre les Tibétains locaux et les autorités chinoises


Après l’arrestation, environ 50 membres de l’autorité chinoise flanqués de plus de 150 militaires se sont rendus au monastère pour interroger les moines interdits de voir leur révéré lama Dawa Rinpoché.


Récusant le titre de « Rimpoché » (maître spirituel) au lama, les autorités ont ordonné aux moines de ne pas le vénérer comme tel en le cataloguant comme membre de la « clique du dalai ».


Les autorités ont également exigé un irrespect inconditionnel envers le Dalaï-lama que les Tibétains vénèrent.


Ces « exigences » ont provoqué la colère des moines et des Tibétains locaux qui se sont mis à manifester contre les autorités ce qui a entraîné la fermeture temporaire du monastère.


Un moine se suicide


Dans la foulée de ces perturbations frappant le monastère Rongpo, Ngawang Gyatso, un moine de 70 ans s’est suicidé le 20 mai.


Le défunt aurait laissé des notes confisquées par les autorités qui ont proclamé que sa mort était « naturelle ».


Les autorités ont également prévenu les moines que de dire quoi que ce soit relatif à ce suicide pouvait les mener en prison.


Impossible de savoir ce que contenaient ces notes.


Le Rimpoché libéré mais sous haute surveillance


Le lama Dawa Rimpoché a été relâché un mois plus tard mais avec l’interdiction d’endosser la moindre responsabilité au monastère.


Il ne peut avoir aucun contact avec le monastère et ses étudiants. Ses déplacements sont surveillés et restreints. Le lama âgé de 75 ans vit dans sa maison sous haute surveillance policière près de Thoego La.


Les moines exigent le retour du Rimpoché


Fermé temporairement suite aux arrestations, le monastère a rouvert récemment.


Néanmoins, mené par un dénommé Ngawang Lobsang, 17 moines supérieurs ont exigé le retour du Rimpoché et ont exprimé leur respect et leur vénération inconditionnels envers lui et le Dalaï-lama contrariant ainsi fortement les officiels chinois.


Malgré les avoir retiré de la discipline monastique tout en les persécutant, les autorités chinoises n’ont pu faire plier les moines restés inflexibles dans leurs exigences.


En conséquence de quoi les moines ont été contraints de quitter le monastère et doivent se présenter au bureau des autorités chaque semaine. De plus, leurs déplacements sont limités, et ce, pour 2 ans.


Nouvelles arrestations


Encore plus récemment, mercredi dernier (le 21 juillet 2010), 2 moines du monastère ont été arrêtés après s’être confrontés avec les autorités lors d’une réunion faite pour dénoncer le Dalaï-lama et le lama Dawa Rimpoché.


L’un des moines a été relâché rapidement, l’autre est toujours en prison sans que l’on sache où.


Khenrab, 35 ans, est le gardien (au sens de concierge) du monastère.


Excédé par les propos des officiels lors de cette réunion, Khenrab a clamé que si autant de « restrictions sévères » devaient être imposées, il était dès lors parfaitement dénué de sens de rester dans ce monastère.


Il a ensuite remis les clés du temple principal en disant aux officiels qu’ils n’avaient qu’à le garder eux-mêmes et a quitté la réunion.


Il a bien sûr été immédiatement arrêté.


sources : The Tibet Express et Phayul

 

  La question tibétaine, “un défi politique majeur pour la Chine”

Nicholas Bequelin, basé à Hongkong et spécialiste de l’Asie à Human Rights Watch (HRW), s’exprime à la suite de la publication, jeudi 22 juillet, d’un rapport de l’organisation de défense des droits de l’homme basée à New York, sur les exactions policières chinoises au Tibet depuis 2008.

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Qu’est-ce qui a guidé l’équipe de HRW dans la rédaction de ce rapport, présenté notamment comme indépendant des organisations liées au gouvernement tibétain en exil ?
Human Rights Watch a travaillé sans aucun a priori sur ce qui s’est passé au Tibet, mais avec le souci de répondre à un problème principal, à savoir, qu’est-ce que le gouvernement chinois cherchait à cacher en verrouillant complètement l’ensemble du plateau tibétain depuis les manifestations de mars 2008 jusqu’à aujourd’hui. On peut certes, depuis, s’y rendre, mais il y a des soldats partout, des policiers armés, etc.


Au moment des évènements au Tibet, quand il a fallu alerter la communauté diplomatique ou les Nations Unis, l’une de nos principales difficultés venait du fait que la majeure partie des informations fournies par le gouvernement tibétain en exil et les organisations pro-tibétaines étaient souvent de seconde main ou invérifiables. Il fallait donc faire une enquête qui s’affranchisse de ces sources et construise un rapport à neuf uniquement sur la base d’information de première main par des témoins oculaires directs.


Nous proposons un rapport difficilement réfutable, car complètement indépendant. Nous ne pouvons pas nous prononcer sur le nombre de tués mais seulement sur la nécessité absolue de faire une enquête sur cette question, maintenant qu’il est établi que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants à plusieurs reprises.


Quels éléments nouveaux le rapport apporte-t-il ?
Je crois qu’on établit de façon claire que les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles, notamment à Lhassa, Ngaba, Tonghor et Gardze (province du Sichuan). Ce sont des informations qu’on a pu recouper : au total nous n’avons utilisé que 10 à 15 % des informations recueillies pour le rapport. La position du gouvernement chinois est que les troupes n’ont jamais tiré sur les manifestants, qu’il n’y a pas eu de morts par balle. Il n’a jamais admis que des manifestants sont morts à Lhassa le 14, ni le 15. Or, on a des témoignages. Officiellement, il y a bien eu à certains moments des communiqués sur des manifestants tués ou touchés par balles, mais ils ont été immédiatement retirés. On peut donc dire que les forces de l’ordre ont bien ouvert le feu, plusieurs fois, dans des régions différentes. Il faudrait maintenant répertorier tous les autres incidents sur lesquels nous n’avions pas assez de témoignages pouvant être recoupés.


Qu’est-ce qui est caractéristique dans la réaction chinoise au soulèvement tibétain de mars 2008, et la manière dont la ” normalisation ” de la région a été effectuée ?
Quand on voit tout l’appareil policier déployé, les abus, la férocité de la répression, les cas de ces moines ayant imprimé à la main une centaine de tracts et qui ont pris 6 ou 7 ans de prison, on constate que les forces de sécurité agissent comme s’il s’agissait d’une situation de conflit armé, de guérilla, ou de terrorisme, et non de manifestations populaires, pour la plupart spontanées, avec des manifestants non armés. Et qui n’ont pas causé de violences graves, avec l’exception de Lhassa, où il y a eu des morts il est la vrai, mais la plupart ont eu lieu au cours d’incendies de boutiques.


A l’époque Human Rights Watch a condamné sans ambiguité la violence par les manifestants. Les manifestations n’ont pas toujours été pacifiques, il y a eu des postes de police brulées, des jets de pierre, des representants des forces de l’ordre blessés et le rapport souligne que dans un certain nombre de cas il semble que les forces de sécurité aient exercé une retenue adequate… Mais dans de nombreux cas, on ne connaît jamais l’enchaînement qui a conduit à la confrontation. Le problème fondamental reste que le gouvernement chinois n’a jamais distingué entre les manifestants violents et non-violents, qui sont tous considérés comme des séparatistes.


Les procédures judiciaires ont été extrêmement sommaires, avec un appareil judiciaire très politisé. Les sources chinoises officielles ne s’en cachent même pas. Nous détaillons dans le rapport, sur la base de documents officiels chinois, de nombreux cas de Tibetains condamnés à de lourdes peines pour des actes de protestation absolument non-violents : par exemple a Kardze, deux moines d’un monastère sont sortis agiter un drapeau. Les gens prennent peur et ferment leurs boutiques. Les deux moines sont accusés d’incitation au séparatisme et ils écopent de longues années de prison.


Les informations données par la Chine sur le nombre de personnes arrêtées et condamnées sont-elles crédibles ?

La presse chinoise a par exemple titré sur le fait que ” 8 % seulement des émeutiers ont été condamnés”, ce qui reviendrait à 76 personnes. Mais si on commence à regarder hors de Lhassa, donc au Sichuan, au Gansu, dans les zones tibétaines, on trouve des dizaines de condamnations. Et cela a continué dans les mois qui ont suivi. Le nombre total de gens arrêtés et condamnés est beaucoup plus élevé que ce qu’ils ont donné. Tous les accusés sont qualifiés d’”incendiaires, des pilleurs et des casseurs “, mais de nombreuses personnes ont fait des actions qui ne sont absolument pas violentes. Des actions qui selon les comptes rendus chinois eux mêmes, ne sont même pas de l’ordre à troubler l’ordre public.


Les Tibétains qui tentent de témoigner et de passer des informations à l’étranger sont condamnés très lourdement…
Au cours des deux dernières années, comme l’ont d’ailleurs bien montré les organisations liées au gouvernement tibétain en exil, les gens qui passent des informations sont condamnés pour espionnage. Des gens qui téléphonent à leur cousin à Dharamsala peuvent se retrouver avec des condamnations extrêmement lourdes. Or, le gouvernement chinois sait bien que le comportement des forces de sécurité au Tibet est en contradiction avec les normes internationales, mais aussi ses propres lois


Après le Tibet, c’est le Xinjiang qui s’est embrasé en juillet 2009, et a connu une répression également brutale. Il y a des parallèles entre les situations dans lesquelles se trouvent aujourd’hui ces deux zones de minorités ethniques…
C’est un défi politique majeur pour l’équipe de Hu Jintao : dans les quatre sixièmes du pays, des troupes armées ont dû être envoyées pour maintenir l’ordre et la liberté de circulation et de communication y sont restreints. Les évènements d’Urumqi ont été beaucoup plus contenus : ils ne se sont pas propagés ailleurs. Au Tibet, ça s’est davantage étendu. L’une des raisons, c’est qu’au Xinjiang, les Chinois Hans constituent près de 50 % de la population, bien plus qu’au Tibet. Le terrain est plus facile, ce sont des oasis. Il y a des routes, des aéroports, on peut facilement amener des troupes. Peu de temps après les évènements d’Urumqi, le gouvernement chinois a changé le premier secrétaire du parti de la Région autonome, et en a nommé un autre qui, en rupture avec la tradition, n’a pas fait sa carrière au Xinjiang même. Un plan massif de développement a été lancé, qui va complètement transformer le territoire. Les autorités ont aussi admis qu’à la base du problème, les Ouigours étaient exposés à des discriminations socio économiques. Et puis, il y a moins de sympathie international, il y a le problème du terrorisme islamique, le régime est donc dans une situation plus confortable.
Au Tibet, oui, on va construire des autoroutes, mais aucun mot sur les discriminations. La réalité est que la pouvoir est bien plus dans une impasse au Tibet : il y a une proportion de Chinois Hans plus faible, il n’y a pas d’agriculture qu’on peut étendre comme au Xinjiang en apportant l’irrigation. Il y a aussi une bureaucratie tibétaine qui a complètement accentué les rancoeurs, en captant les ressources et les richesses, comme l’a montré le rapport de l’ONG chinoise Gongmeng en 2008. Pékin peut difficilement faire face à deux régions de minorités ethniques en révolte : le Tibet tout seul, ça passe. Le Xinjiang, aussi. Mais les deux en même temps, non. Il fallait donc qu’ils règlent au moins un des problèmes : au Xinjiang, ils vont faire ce qu’ils savent faire, moderniser et transformer le terrain indigène en terrain chinois. Faire des villes qu’on puisse lire, administrativement et militairement. Renforcer les Bingtuan [Corps de production et de construction du Xinjiang]. Au Tibet, il n’y a pas de solution rapide, il n’y a pas de plan de 5 ans qui puisse faire progresser les choses.


Qu’est-ce que cela implique pour la question tibétaine ?

Sur le long terme, cela pose la question de la résolution politique. Le débat entre archaïsme et modernité, qui fait souvent surface quand on parle de la politique chinoise au Tibet, est relégué à l’arrière plan par un problème plus grave : quand les forces de sécurité agissent de cette façon, quand tout le monde est suspect, quand des gens sont emmenés, torturés et ” disparus “, ça aliène la population. Cela accentue le processus de polarisation dans la société. L’attitude des forces de l’ordre éloigne la possibilité d’une solution politique pour le Tibet. Les [autorités chinoises] auraient besoin de faire comme ce qu’elles ont fait dans le reste de la Chine, et de parvenir à un processus d’accommodation, de négociation avec la société.
Propos recueillis par Brice Pedroletti

source : Le Monde

Le rapport (en anglais) est disponible ici.


 

  Crime et châtiment au Tibet

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Les procès récents de puissants hommes d’affaires tibétains soulèvent de nombreuses questions sur la gouvernance de la région autonome et ses rapports avec le pouvoir chinois.

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La Chine a été largement critiquée pour la violence de son traitement de presque toute forme de dissidence politique au Tibet. En 2008, par exemple, un Tibétain appelé Wangdu, éducateur pour AIDS à Lhasa, a été condamné à mort pour avoir envoyé des nouvelles sur les manifestations tibétaines à des Tibétains à l’étranger. La logique était claire : préserver ce que les dirigeants Chinois appellent la « stabilité » et l’« harmonie » afin de maintenir le pouvoir de l’état.


Mais deux évènements récents au Tibet, autour des procès de deux dirigeants Tibétains qui n’ont ni attaqué ni critiqué l’état, ne suivent pas cette logique.


Dans le premier procès qui a eu lieu le 24 juin, Karma Samdrup, 42 ans, l’un des plus fortunés hommes d’affaires tibétains en Chine, a été condamné à 15 années d’emprisonnement par une cour de Xinjiang pour vol d’antiquités. Les associations des droits de l’homme ont suggéré que les charges retenues étaient inventées car la police avait, 12 ans auparavant, abandonné ces mêmes charges par manque de preuves lors d’une première enquête, et aucun témoin ni preuve nouvelle n’ont été produits devant la cour. Malgré une critique détaillée de l’accusation, la sentence, connue officieusement depuis déjà quelques jours des responsables locaux, a été confirmée.


Le 3 juillet, le frère ainé de Karma, Rinchen Samdrup, 46 ans, a été jugé pour « menace à la sécurité de l’état ». Son crime est d’avoir oublié d’avoir fait enregistrer une petite association environnementale dirigée par lui-même et son plus jeune frère dans leur village natal retiré de Gonjo, dans l’est du Tibet. Ayant été jugé coupable – le taux de condamnation en Chine est aux alentours de 98%, et il est même plus élevé au Tibet, le verdict n’a donc jamais été remis en question – il fut donc condamné à cinq ans de prison.


Le plus jeune frère, Chime Namgyal, 38 ans et handicapé, est hospitalisé depuis le 11 juin pour de sérieuses blessures infligées pendant sa détention. Il n’a pas bénéficié d’un procès mais a été condamné à 21 mois de prison par les responsables locaux pour le même délit que Rinchen – menace contre la sécurité de l’état pour avoir organisé de manière non officielle le ramassage des ordures, la plantation d’arbres et des patrouilles de nature pour empêcher la chasse d’espèces menacées d’extinction. Ces activités ne sont même pas considérées comme des menaces contre l’état en Chine.


Ces trois cas sont doublement inexplicables car aucun des trois frères n’a été accusé de critiquer ouvertement la Chine, de s’opposer au Parti Communiste ou même de parler politique. Bien au contraire, ils ont chacun été salués comme citoyen Tibétain idéal. Karma avait fondé et financé une organisation environnementale tibétaine en 2001, et a été nommé philanthrope chinois de l’année 2006 par la Télévision Centrale de Chine (pour « avoir créé une harmonie entre l’homme et la nature »). Et l’année dernière, la Fondation One, un fonds humanitaire dirigé par la star de cinéma Jet Li, lui a octroyé un million de renminbi pour son « projet modèle ».


Rinchen était tout aussi bien considéré. Son association a reçu un important prix environnemental de la société Ford Motor Company en 2006, et en 2008, le gouvernement chinois le considérait, ainsi que son association, comme « un apport extrêmement bénéfique au travail de protection de l’environnement du gouvernement chinois ». En février dernier, le plus important quotidien chinois, le Quotidien du Peuple, publiait une grande photographie de lui prise lors de la remise de ce prix, avec un texte élogieux sur son travail. (Le journal devait ignorer qu’à cette époque, il était en détention depuis cinq mois.)


Un livre paru l’année dernière en Chine faisant l’éloge des trois frères pour leur travail, Tianzhu (“Les perles célestes”), a eu un large succès auprès du public. En juin, sans aucune raison apparente, le livre a été interdit dans tout le pays malgré son manque total de contenu politique.


Alors pourquoi la Chine cible-t-elle des Tibétains qui n’ont aucun lien avec la politique et qui sont considérés comme des citoyens modèles ? Une partie de la réponse se trouve peut-être du côté des responsables locaux corrompus. Rinchen et Chime avaient critiqué un chef de la police locale pour avoir chassé des espèces en danger. On suspecte l’un de ses supérieurs au quartier général de la préfecture voisine de Chamdo d’avoir décidé de les punir, ainsi que deux de leurs cousins, Sonam Choephel et Rinchen Dorje, qui sont aussi sous les verrous au Tibet pour des délits vagues ou non précisés.


Mais les responsables locaux n’auraient pas pu faire juger Karma dans la lointaine province de Xinjiang, ni même persuader le gouvernement central de bannir le livre inoffensif des frères sur leur amour de la nature. Des responsables plus haut gradés ont peut-être récupéré l’affaire contre Karma – et ont peut-être persuadé leurs homologues au Xinjiang de déterrer la première affaire d’antiquités – parce qu’il avait contacté ses relations à Pékin pour se plaindre du mauvais traitement réservé à ses frères par les responsables au Tibet.


Cette théorie semble plausible car le dirigeant actuel du Parti Communiste dans la Région Autonome du Tibet était précédemment en poste dans la province de Xinjiang. Si cela s’avérait exact, le cas contre Karma suggèrerait que les responsables basés dans la région Tibétaine seraient en train de gagner en pouvoir, capables d’agir au-delà de leur juridiction pour poursuivre ce qui semble être un peu plus que de simples revendications personnelles.


Et ces cas ne sont pas uniques. Dorje Tashi, le riche propriétaire du Yak, un des grands hôtels touristiques de Lhassa, se languirait aussi en prison sur des accusations d’ordre politique. Au Tibet, où depuis 30 ans les principaux hommes d’affaires ont toujours été considérés comme des alliés naturels de l’état, ces évènements sont sans précédents.


Le gouvernement central de la Chine a le pouvoir de régner sur ses chefs locaux ; qu’il n’y parvienne pas au Tibet est étonnant. Si il continue de laisser faire, il risque de perdre toute crédibilité auprès des Tibétains qui, comme les trois environnementalistes, ont essayé de respecter la loi et d’éviter la politique.


D’autres Tibétains pourraient conclure que le gouvernement chinois a délégué la gouvernance de leur région à des satrapes locaux qui ont tout intérêt à poursuivre leurs petites affaires. Dans une région où l’état suscite suspicion et antagonisme, élargir les cibles des poursuites politiques des protestants Tibétains aux environnementalistes et des moines dissidents aux hommes d’affaires risque de saper les propres objectifs de la Chine dans l’une de ses régions les plus troublées.


Robert Barnett

Professeur à l’Université de Columbia, directeur de la section dédiée à l’étude du Tibet.

Traduit de l’anglais par Frédérique Destribats

Copyright: Project Syndicate, 2010

source : les cercles

 

  Rinchen Samdrup, militant écologiste tibétain condamné à cinq ans de prison

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Rinchen Samdrup, 44 ans, a été reconnu coupable samedi d’incitation à la révolte par un tribunal de la région tibétaine de Chamdo, a annoncé la poètesse et militante des droits de l’Homme Woeser sur son blog.

[…]


L’avocat de Rinchen Samdrup, Xia Jun, n’était pas joignable dimanche, tout comme les responsables du tribunal de Chamdo.


Fin juin, un tribunal de la région du Xinjiang (nord-ouest) avait déjà condamné un de ses frères, Karma Samdrup, un collectionneur d’antiquités âgé de 42 ans, à quinze ans de prison pour profanation de tombes.


L’épouse de Karma Samdrup a confirmé la condamnation sur son compte Twitter.


L’année dernière, Chime Namgyal, un autre frère de Rinchen Samdrup, avait été condamné à 21 mois de « rééducation par le travail » pour atteinte à la sécurité de l’Etat, a rappelé samedi dans un communiqué l’organisation de défense des droits de l’Homme International Campaign for Tibet basée à Londres.


« Ces condamnations font peur à de nombreux intellectuels tibétains », a déclaré à l’AFP Woeser, qui a refusé de faire d’autres commentaires par crainte de représailles des autorités chinoises.


Rinchen Samdrup et son frère Chime Namgyal étaient à la tête d’une association de protection de la nature, dont l’activité a été saluée par les autorités et les médias chinois, rappelle International Campaign for Tibet.


Selon l’organisation, « cette condamnation de Rinchen Samdrup fait partie d’une affaire plus large contre ses deux frères, ses deux cousins et d’autres proches et soutiens à travers laquelle des intellectuels tibétains sont ciblés et emprisonnés malgré l’absence de toute activité politique ».


L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a dénoncé une arrestation « à caractère politique » après que les deux frères ont dénoncé des atteintes à l’environnement par des responsables locaux chinois.

source : Romandie news

 

  Après les tortures, 15 ans de prison pour l’écologiste tibétain Karma Samdrup

karma-samdrupKarma Samdrup en décembre 2008/AP


Dénonciation de fausses preuves et témoignages et allégations de torture n’auront pas dissuadé les juges. Karma Samdrup est condamné à 15 ans de prison pour des faits datant d’une décennie. Sa défense dénonce d’autres motivations : lui et ses frères ont osé accuser des officiels de trafic d’espèces en danger.

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Karma Samdrup, homme d’affaires et écologiste tibétain plusieurs fois récompensé, a été condamné, jeudi 24 juin, à 15 ans de prison par la cour du district de Yanqi, dans la province du Xinjiang voisine du Tibet, a rapporté son avocat.


L’homme était accusé de s’être livré à un commerce d’antiquités pillées dans des tombes, une charge vieille de 10 ans.


Pour ses soutiens, cette très lourde sentence n’est qu’une manière de punir cet environnementaliste pour avoir pris la défense de ses deux frères, arrêtés en août dernier après avoir osé accuser des officiels locaux de se livrer à un commerce illicite d’espèces en danger. Les deux hommes étaient également à la tête d’une ONG au Tibet. Le second, handicapé, purge à l’heure actuelle une peine de 21 mois dans un camp de rééducation pour « atteinte à la sécurité nationale ». Le premier, accusé de « subversion à la sécurité de l’Etat », une qualification pénale plus grave, devait être jugé ce jeudi 24 juin, mais son procès a récemment été reporté à une date non communiquée.


Karma a dénoncé lors de son procès les tortures dont il a été la victime pendant ses six mois de détention.

Lors de la première audience, mardi, il a raconté avoir été battu jour et nuit par la police pour avouer. Les agents lui administraient des drogues le faisant saigner du nez et de la bouche. Il dit aussi avoir été suspendu en l’air plusieurs heures durant. Il a perdu environ 15 kg.


Lorsqu’elle l’a vu apparaître à l’audience, sa femme s’est montrée choquée, rapporte le quotidien hongkongais South China Morning Post. Celle-ci n’avait pas revu son mari depuis son arrestation.


Karma, un des plus importants collectionneurs d’antiquités tibétaines, a fondé il y a 5 ans une ONG pour la protection des trois rivières du Qinghai, activité qui lui a valu plusieurs prix. En 2006, la puissante chaîne de télévision nationale CCTV l’a même nommé philanthrope de l’année pour avoir su « créer une harmonie entre les hommes et la nature ».


Son avocat, Pu Zhiqiang, et sa femme se sont également plaints de multiples irrégularités lors du procès, telles que l’apport de fausses preuves et faux témoignages.


Selon les ONG de défense des droits de l’homme, cette sentence n’est qu’une nouvelle illustration du renforcement de la répression à l’encontre des artistes, intellectuels et étudiants tibétains depuis les émeutes de mars 2008.


Le juge n’a même pas tenu compte du témoignage de Karma à propos de ses sévices en prison, rapporte son avocat dans le New York Times.


Ironie du sort, le jour de l’annonce de ce verdict, la presse chinoise, restée totalement silencieuse sur cette affaire, annonce que la Cour suprême interdit désormais aux cours inférieures de retenir des aveux obtenus sous la torture.


source : Aujourd’hui la Chine

 

  3 moines tibétains arrêtés à Chamdo

3 nouvelles arrestations de moines du monastère de Wara le 7 juin d’après la radio Voice of Tibet.

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3 moines du monastère de Wara de la municipalité de Thangpu, district de Jomda (chinois : Jiangda xian) dans la préfecture de Chamdo, Région « Autonome » du Tibet, ont été arrêtés après avoir été convoqués pour un interrogatoire portant sur les manifestations en 2008 et en 2009. La police les accuse d’avoir initié et conduit les manifestations dans le district de Jomda.


Kelsang Dhargay, 32 ans, Tashi Lhundup, 22 ans, et Tashi Wangdue, 35 ans ont été arrêtés le 7 juin 2010 au quartier général de la police du district.

Le moine dernier, 6 autres moines avaient déjà été arrêtés.

source : Phayul

 

  Condamnation à mort et peines de prison à Lhassa

Sonam Tsering (photo : tchrd)

Sonam Tsering (photo : tchrd)

Mardi 25 mai : à Lhassa, la capitale tibétaine, un tribunal chinois a prononcé une peine de mort avec sursis à l’encontre d’un Tibétain âgé de 23 ans pour son implication présumée dans les soulèvements anti-Chine de mars 2008.

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Selon le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), le tribunal populaire intermédiaire de Lhassa a condamné à mort le 25 mai 2010, Sonam Tsering, Tibétain de 23 ans, avec deux ans de sursis, en vertu des articles 289 et 263 de la Loi Pénale de la République Populaire de Chine.


Ce même Tribunal a également condamné cinq autres Tibétains (Tashi Choedon, Kelyon, Yeshi Tsomo, Tayang et Tsewang Gyurmey) à de longues peines de prison allant de 3 à 7 ans en vertu de l’article 310 de la Loi Pénale de la République Populaire de Chine pour avoir fourni une cachette secrète à Sonam Tsering d’après le Lhassa Evening New (en chinois).


Toujours selon le Lhassa Evening New, Sonam a été inculpé pour avoir participé aux « émeutes et pour avoir incité le public à l’insurrection le 14 mars 2008 ».


« Il a joué le rôle de leader en incitant des centaines de personnes à se soulever en mettant le feu à des voitures et à des magasins et à renverser des véhicules de police », indique le rapport.


Il a également été accusé d’avoir brandi un couteau tout en criant des « slogans anti gouvernement » en étant juché sur une voiture de police. Selon les médias chinois, un dommage d’environ 40 millions de yuans a été causé à cause de l’émeute.


Les cinq autres Tibétains ont été accusés d’avoir fourni « une cachette à un criminel recherché » et de lui avoir procuré une assistance pour une éventuelle fuite vers l’étranger.


Sonam Tsering est le fils de Tsering Samdup (son père) et de Yangkyi (sa mère) et appartient à une famille semi-nomade de la municipalité de Rachap, district de Payul dans la « Préfecture autonome tibétaine de Kardze (province du Sichuan).


Sonam serait arrivé à Lhassa à la fin de 2007 à l’occasion d’un pèlerinage et y serait resté. Lorsque la contestation populaire a éclaté à Lhassa en mars 2008, il s’y est investi activement. Il a été arrêté à la mi-octobre 2009, 17 mois après le soulèvement de Lhassa.


Avec cette nouvelle condamnation, ce sont sept Tibétains qui ont été condamnés à la peine capitale dont deux déjà exécutés. En octobre de l’année dernière, la Chine a confirmé qu’elle avait exécuté deux Tibétains pour leur rôle dans les troubles de 2008.


D’après le TCHRD, environ 450 Tibétains ont été condamnés à des peines d’emprisonnement diverses pour leur participation dans les soulèvements qui ont éclaté à travers tout le Tibet en 2008 contre le gouvernement de la République Populaire de Chine.


Pour le TCHRD, le soulèvement généralisé au Tibet en 2008 a été une manifestation « spontanée des Tibétains suite au ressentiment accumulé au fil des décennies d’une politique inique » menée par le gouvernement communiste chinois.


Le TCHRD condamne le gouvernement chinois et sa propagande pour avoir « dépeint maintes fois le soulèvement populaire tibétain comme une activité criminelle » aux yeux de la communauté internationale ce qui permet de justifier la répression violente qui s’en est ensuivie.

source : Phayul