15 Tibétains blessés à Labrang suite au tirs de la police

La police armée à la cimenterie de Madang

La police armée à la cimenterie de Madang (photo : ICT)

15 mai 2010 : la police chinoise ouvre le feu sur des manifestants tibétains non armés alors qu’ils protestent contre la pollution d’une cimenterie qui plus est implantée sur un site à caractère religieux.

[…]


D’après ICT, (International Campaign for Tibet), 15 personnes sont emmenées à l’hôpital suite à des blessures par balles et aux coups portés par les policiers. Toutefois, aucun décès n’est signalé pour le moment.


Des Tibétains de 7 villages de la municipalité de Madang, dans le district de Xiahe (Labrang) situé dans la province traditionnelle de l’Amdo avaient signé une pétition pour dénoncer la pollution causée par la cimenterie “Amdo Cement Factory” qui emploie environ 600 travailleurs. En plus de ces considérations environnementales, les Tibétains de la zone concernée déplorent que l’usine a été construite sur un site ayant à leurs yeux un caractère religieux.


La cimenterie de Labrang (photo : ICT)

La cimenterie de Labrang (photo : ICT)


D’après ICT, cette pétition sous forme d’assignation démontre non seulement une bonne connaissance des lois et de la politique sur la protection environnementale mais sait également intégrer à son compte des vocables et slogans en vogue actuellement au Parti Communiste tels que “développement harmonieux” et “point de vue scientifique”.


La tension était grande après que les villageois aient commencé à reconstruire une route précédemment bloquée pour l’expansion de l’usine. Les photos montrent la police armée en tenue de combat complète sur le site. Selon des Tibétains en exil ayant des contacts dans la région, les Tibétains de Madang s’apprêtaient à reconstruire une route menant au village de Yarshul (chinois : Yaxiu) devenu inaccessible depuis la mise en place d’un barrage routier par les autorités chinoises.


Le personnel de la cimenterie, des cadres de la municipalité de Madang et des policiers les ont mis en garde de ne pas reconstruire cette route. Le sous-gouverneur du district a demandé aux Tibétains de se retirer du site les menaçant de répression s’ils ne permettaient pas aux véhicules de la cimenterie de circuler.


15 minutes ont été accordées pour que la zone soit dégagée. Bien que les manifestants aient commencé à se retirer de la route, la police armée à ouvert le feu.


madang


Plus tôt dans le mois, des villageois de Markham (chinois : Mangkang) dans la région du Kham avaient manifesté à plusieurs reprises contre des exploitations minières. Au moins cinq Tibétains dont deux femmes ont été blessés. Malgré une forte présence de la police armée, les Tibétains de Markham ne cessent pas de manifester contre l’implantation de mines sur des montagnes qu’ils considèrent sacrées. Markham avait été le théâtre de véhémentes manifestations l’année dernière contre l’exploitation minière de la montagne Ser Ngul Lo.

Source : Phayul

 

  Encore un intellectuel tibétain arrêté


shogdung


L’intellectuel tibétain Shogdung (ou Zhogs dung), chef de file du groupe “La nouvelle école de pensée” de Xining, province à majorité tibétaine du Qinghai, vient d’être arrêté.

[…]


J’ai rencontré Shogdung il y a deux semaines, à Xining. Il savait qu’il pouvait être arrêté à tout moment.


Il ne se trompait pas. Vendredi dernier 23 avril, à 17 heures, une demi-douzaine de policiers se sont présentés sur son lieu de travail et l’ont emmené. Son logement a été fouillé, ses ordinateurs confisqués. Depuis, sa femme n’a plus de nouvelles. Aucun motif n’a été donné, pas plus que le lieu ou la durée de sa détention.


Shogdung s’attendait – avec un courage quelque peu fataliste – à devoir « payer le prix » du dernier livre qu’il a publié il y a quelques mois, en-dehors des circuits normaux d’édition, sans numéro ISBN, c’est-à-dire sans autorisation. Le premier tirage, 10 000 exemplaires, a été rapidement épuisé. Des éditions pirates ont pris la relève. En Chine, on pirate tous les livres, même écrits en langue tibétaine, même illégaux, à condition qu’ils se vendent. Celui de Shogdung était un succès de librairie, un pur phénomène de bouche à oreille. On pouvait se le procurer partout à Xining, y compris à la grande gare. Il n’était pas mis en évidence, il fallait le demander.


Bien qu’il soit lui-même un éditeur de longue date et auteur de plusieurs ouvrages remarqués, Shogdung n’a pas trouvé d’éditeur pour cet ouvrage intitulé « Séparer le ciel de la terre » (une expression qui signifie « une première historique »). Il n’en était pas étonné : le livre traite en effet des événements de mars 2008 qui ont secoué Lhassa avant de se propager à toutes les régions tibétaines de Chine (aujourd’hui éclatées entre cinq provinces différentes).


J’ai demandé à Shogdung de m’en parler. Il a hésité : il ne se sentait pas capable de résumer de façon satisfaisante un travail qui avait exigé une considérable remise en question de sa propre pensée. Il m’a cependant suggéré : « Puisque vous ne lisez pas le tibétain, vous aurez une assez bonne idée du propos en vous faisant traduire le sommaire ».


Une amie m’a fourni cette traduction. Dans la préface, Shogdung déclare qu’aucune des formules par lesquelles on désigne les événements de mars 2008 ne réussit à en rendre l’esprit révolutionnaire et innovateur, l’audace extrême qui consiste à « abandonner la vieille voie socialiste » et à « jeter les bases d’une société nouvelle ». De fait, il suffit de jeter un coup d’œil sur le sommaire pour comprendre que Shogdung a décidé de faire le réquisitoire de la politique chinoise au Tibet. On y trouve des chapitres intitulés « Comment le Tibet est devenu la boucherie du Dieu de la Mort », « Comment le Tibet est devenu une prison infernale » ou encore « Comment le Tibet est devenu un lieu de conflit et de terreur »…


Aussi implacable que le constat puisse paraître, Shogdung veut s’en tenir à une résistance non-violente, à « la voie pacifique » et aux « valeurs universelles ». La déclaration universelle des droits de l’Homme est d’ailleurs jointe en annexe du livre.


Ce livre constitue un revirement à 180 degrés. Longtemps, Shogdung s’est acharné sur les travers de la culture tibétaine, les tenant pour responsables de ce qu’il appelait « l’arriération » tibétaine. S’il y avait autant d’analphabètes parmi les Tibétains, si leur société était si archaïque, c’était d’abord à cause du bouddhisme et de la tradition.


Dans une série d’articles publiés en 1999, Shogdung écrivait que le Tibet souffrait de n’avoir connu ni Renaissance, ni Meiji, ni rien qui ressemblait au mouvement (moderniste) du 4 mai 1919 en Chine. Il était resté confit dans une tradition étouffante : « L’ancienne religion des divinités temporelles qui se laissent guider par les dieux, les nagas, les esprits et autres démons présents dans ce monde ; la croyance dans les divinités, la divination, l’astrologie ; l’usage des malédictions, des sorts et des formules magiques ; ainsi que les notions de « non-soi » et de « karma », etc. ; toutes ces croyances par lesquelles les dieux et les démons prétendent nous posséder sont les vieilles propensions dont nous parlons et qui ont si souvent noyé de leurs ténèbres les jeunes qui voulaient réfléchir… Ce monde grouillant de divinités et de démons ne nous a apporté que de la honte. Il ne nous a en rien sauvés ». Shogdung concluait cette diatribe d’une rare violence en prônant une modernisation à la hache.


Ces articles ayant été publiés dans le journal “Qinghai Tibetan News”, organe du Parti de la province, Shogdung est alors apparu comme un « intellectuel officiel », proche des positions du gouvernement chinois. Pour certains Tibétains, ce n’était qu’un vendu, un traître à son peuple. D’autres, et spécialement les plus jeunes, appréciaient la nouveauté de ses analyses, son franc-parler et son courage. Avec un petit groupe de ses amis de Xining, Shogdung avait fondé un groupe baptisé « Nouvelle École de Pensée ». Parmi ces intellectuels tibétains quadragénaires, modernistes affirmés, une femme : Jamyang Kyi, chanteuse et journaliste, est la première Tibétaine à affirmer la nécessité d’une révolution féministe dans cette société ultra-patriarcale. Quand je l’avais rencontrée en 2007, quelques mois avant les événements de Lhassa, elle m’avait longuement expliqué comment la tradition patriarcale était à ses yeux responsable du retard de la société tibétaine, y compris du statut de soumission auquel elle se trouvait réduite. « Et le rôle des Chinois ? » lui avais-je demandé. « Les Chinois, on peut en dire beaucoup de choses, mais au moins ils traitent leurs femmes plus correctement que nous. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’ils sont plus modernes et plus puissants… »


Le soulèvement de Lhassa en 2008 a été un énorme choc pour les membres de la Nouvelle École de Pensée. Shogdung écrit qu’il avait été trop effrayé pour prendre la parole au moment des faits, mais que l’événement a marqué un grand tournant pour lui comme pour tous les Tibétains, en rendant manifeste la réappropriation d’une conscience nationale. Dans les semaines qui ont suivi mars 2008, la féministe Jamyang Kyi avait d’ailleurs été arrêtée – son crime consiste à avoir communiqué une information par mail concernant les émeutes – et torturée pendant les interrogatoires. Aujourd’hui, elle continue les actions de sensibilisation sur le statut des femmes. Mais les priorités ont changé : il ne suffit plus de s’interroger sur les causes endogènes du « retard » tibétain, il faut désormais s’interroger sur les facteurs « externes ». En clair, sur la responsabilité chinoise.


Quelques jours avant l’arrestation de Shogdung, le groupe de Xining avait publié une lettre ouverte de condoléances à leurs frères tibétains victimes du séisme de Yushu. Le texte se termine par un passage étonnamment franc où les signataires conseillent de ne pas donner d’argent à « certaines organisations » – allusion à peine voilée à la Croix rouge chinoise, seule habilitée officiellement à recueillir des dons – car « qui peut assurer qu’elles soient à l’abri de la corruption et des détournements ? »


La plupart des commentateurs dans la presse occidentale ont vu dans cette lettre ouverte la cause de l’arrestation de Shogdung. Selon les échos que j’ai pu obtenir à Xining, la lettre ouverte a tout au plus joué le rôle de prétexte. Cette arrestation n’était qu’une affaire de timing. Elle confirme le sentiment dominant chez ceux qui observent la politique chinoise et constatent que la Chine n’a qu’une façon de réagir à la contestation quand elle porte sur des sujets « sensibles » comme les droits de l’homme ou les régions peuplées par les minorités : elle sévit. Tôt ou tard, malgré tous ses discours sur le « soft power » ou sur la « diplomatie publique », elle sévit.


Qu’un intellectuel tibétain ultra-moderniste et anti-clérical comme Shogdung ait choisi de monter au créneau pour exprimer le ras-le-bol de ses compatriotes est en soi un sérieux revers pour la politique chinoise au Tibet. Qu’il ait été arrêté transforme ce revers en une grave défaite.

Ursula Gauthier

Source : C’est du chinois/Nouvel Obs


 

  Gyegu (Yushu) juste avant le séisme


Vue générale de Gyegu

Vue d’ensemble de Gyegu


Tibet-defacto était à Gyegu (ou Jyekundo) dans le district de Yushu au Nord-Ouest de la région tibétaine traditionnelle du Kham, 3 jours avant le séisme.

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La ville de Gyegu est située à 3 700 mètres d’altitude. Elle est la capitale de la Préfecture Autonome de Yushu dans la province chinoise du Qinghai. Nous sommes ici en fait dans la province traditionnelle du Kham dans la région de Jyekundo (ou encore Gyegu en chinois ou Gawa pour les Tibétains Khampa).


Le mercredi 14 avril 2010, un tremblement de terre de grande ampleur a frappé la ville et la région. Les dernières estimations portent le bilan à près de 2 000 morts et environ 15 000 blessés. Et ce bilan risque encore de s’alourdir car nombre de personnes sont encore portées disparues. De plus, la région comporte beaucoup de sites isolés difficilement accessibles. Il y a également des centaines de milliers de sans-abri.


Trois jours avant la catastrophe, Tibet-defacto était dans la région. Après avoir hésité, je me décide à publier quelques photos prises juste avant cet événement dramatique. Pour aider à faire connaître cette région un tout petit peu mieux au moment ou elle est si durement frappée (Gyegu est maintenant à 85 % détruite) et ou sa population a tant besoin d’aide.


À ce propos, je signale que la communauté tibétaine de France fait un appel aux dons.


xining-gyeguLe Kham : une mer de montagnes

 

gyeguArrivée à Gyegu

 

gyegu-2Vue générale et en arrière plan sur la colline au centre, le monastère Dondrubling

 

yushu-5Une statue géante du roi Gesar

 

yushu-2

yushu-3

yushu-4Scènes de rue près du marché


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ga-kye-gu-2Dondrubling, le monastère de Gyegu

 

mani-jyekundoLa plus grande concentration au Tibet de Mani (pierres sculptées) est à Gyegu

 

vallee-yangtseDans la vallée du Yangtzé

 

vallee-yangtse-2vallee-yangtse-31Maisons traditionnelles et ermitages dans la vallée

 

 

Ce Gyegu là n’existe plus et ces photos ne doivent surtout pas faire oublier la terrible réalité d’aujourd’hui. Elles ne sont dues qu’à un étrange tour de passe-passe du destin. Maintenant, il ne reste qu’à espérer que cette situation puisse contribuer à une amélioration de l’attitude du gouvernement chinois envers les populations tibétaines. On assiste aujourd’hui dans les opérations de secours à une collaboration entre moines et soldats tout à fait étonnante. Les autorités laissent les moines (qui ont été les premiers à prendre la situation en main) s’occuper de la crémation des milliers de victimes avec rituels et prières. Des photos du Dalaï-lama surgissent même ici et là sans incident pour le moment. Une sorte de trêve dans la tourmente. Si ensuite reconstruction pouvait rimer avec une certaine forme de réconciliation…


lampes-a-beurre

 

  Trois arrestations à Sertha

La police chinoise du district de Sertha (Chinois : Seda), (« Préfecture Autonome Tibétaine » de Kardze), a arrêté un jeune de 20 ans alors qu’il manifestait contre le gouvernement chinois le vendredi 2 avril 2010.

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D’après un Tibétain en exil ayant des contacts dans la région, Ugyen Namgyal du village de Choktsang, a brandi le drapeau national tibétain interdit tout en scandant des slogans pour l’indépendance du Tibet, pour la liberté religieuse et pour le retour du Dalaï-Lama au Tibet. La police chinoise est intervenue immédiatement en le rouant de coups avant de l’arrêter.


Dans un autre incident, deux moines tibétains de l’institut bouddhiste de Larung Gar ont été mis en garde à vue le 31 mars suite à une manifestation contre le gouvernement chinois.


Les deux moines n’ont pas été identifiés. Tous deux sont de Yulshul dans le district de Sertha (Chinois : Seda) de la « Préfecture Autonome Tibétaine » de Kardze située dans la province traditionnelle tibétaine du Kham.


Sur la place du marché de Sertha, les deux moines portant le drapeau national tibétain interdit ont crié des slogans réclamant l’indépendance du Tibet et le retour du Dalaï-Lama au Tibet. La source de cette information a précisé qu’elle lui a été fournie au téléphone par un Tibétain témoin de l’incident.


L’institut bouddhiste de Larung Gar (ou Larong Gar) a été fondé par Khenpo Jigme Phuntsok décédé dans des circonstances mystérieuses dans un hôpital de Chengdu en 2004.

source : Phayul


 

  Un neveu de Khenpo Jigme Phuntsok condamné à 7 ans de prison

Un tribunal chinois de la province du Sichuan a condamné Ngagchung, moine de l’institut bouddhiste de Larong Gar à Serthar, à sept ans de prison et lui a retiré tous ses droits politiques pour un an.

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D’après le centre tibétain pour les droits de l’homme et la démocratie (TCHRD), ce jugement a été rendu en janvier 2010 par un tribunal du district de Serthar dans la préfecture autonome tibétaine.


Le TCHRD doute de la validité de ce jugement et appelle à une intervention internationale sur cette affaire. Ni les accusations portées contre Ngagchung, ni la date exacte de son procès ne sont encore connues. De plus, sa famille n’a pas été informée de ce procès ce qui constitue une violation des normes internationales en matière de justice.


Ngagchung a été arrêté 8 juillet 2008 par la police de Chengdu, capitale du Sichuan. Il est un neveu de Khenpo Jigme Phuntsok, le défunt fondateur et maître de l’institut de bouddhisme de Serthar (Larong Gar). Plus d’information sur cette précédente nouvelle et Larun Gar.


Les membres de sa famille n’ont pas l’autorisation de lui rendre visite. Il serait dans une prison à Ya’an, dans la banlieue de Chengdu, capitale du Sichuan.


Source : Phayul

 

  2 moines tibétains arrêtés dans le district de Jomda

Les autorités chinoises du district de Jomda, préfecture de la région autonome de Chamdo (TAP) ont arrêté deux moines accusés d’avoir incendié un véhicule officiel dans la nuit du 10 mars, date anniversaire du soulèvement national au Tibet en 1959.

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D’après Monlam Tharchin, un membre du parlement tibétain en exil, Karma Palden, 24 ans et deux autres personnes du monastère de Zigar ont été arrêtés le 11 mars 2010. Tous les trois ont été conduits au centre de détention du district avant que deux d’entre eux ne soient libérés plus tard. Mais un autre moine du nom de Gelek, 20 ans, a été également arrêté et mis en cellule avec Karma Palden. Les deux ont été sévèrement torturés puis exhibés dans la rue pour impressionner les passants.


Par ailleurs, d’après la radio Voice of Tibet, environ une centaine d’étudiants du monastère de Bido dans la province du Qinhai, ont tenu le 10 mars 2010 une veillée en souvenir des victimes de la répression chinoise de ces deux dernières années. Aucune arrestation n’est encore signalée mais les organisateurs de la veillée sont recherchés.


Source : Phayul

 

  Manifestation d’élèves à Driru dans le Kham

Le 22 mars 2010, plus d’une vingtaine d’élèves d’une école primaire du Kham ont manifesté avec audace contre le gouvernement chinois. 

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Driru, traditionnellement district de la province du Kham, est devenu un Comté de la Préfecture de Nagchu de la Région Autonome du Tibet.


Le 22 mars, une manifestation pacifique contre le gouvernement a été menée par un groupe d’élèves dans une école primaire du district de Driru” dit Ngawang Tharpa, Tibétain de Nagchu vivant actuellement en exil et ayant des contacts dans la région.


Tharpa dit que des slogans tels que “Longue vie à Sa Sainteté le Dalaï Lama”, “Tibet Libre”, “la Chine hors du Tibet” et “Laissez Sa Sainteté le Dalaï Lama revenir au Tibet” ont été lancés lors de la manifestation.


Plus tard les manifestants ont été encerclés par les forces chinoises de la sécurité et leurs parents ont été détenus pour être interrogés, selon Tharpa citant ses sources.


Celles-ci, cependant, ne peuvent confirmer d’autres détails sur la manifestation et la situation des élèves et de l’école à cause des fortes restrictions mises en place à la suite de la protestation, dit Tharpa.


On ne sait pas si des arrestations ont eu lieu au cours de la manifestation.


Nous ne savons pas si des élèves ont été arrêtés ou s’ils ont été mis en centre de détention” a-t-il été dit à Tharpa.


Source : Phayul traduction Monique Dorizon

 

  Yankyi, Tashi, Gyalseng, Nima, Aniy, Kunchok…

Kunphok Tsephel

Kunchok Tsephel


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Yankyi Dolma, une des deux nonnes arrêtées le 24 mars 2009 lors d’une manifestation au marché de Kardze [Cf. l’info Tibet-defacto] est décédée le samedi 5 décembre 2009 à l’hôpital de Chengdu, la capitale de la province du Sitchuan, probablement des suites de mauvais traitements et de tortures en prison.

Heureusement que l’UMP qui vient de signer un protocole harmonieux avec le Parti Communiste Chinois a bien précisé par la voix de Christian Estrosi « que notre mouvement ne transige jamais sur le respect des droits humains ». Il est donc certain que l’UMP va, dès demain, demander à son parti frère des éclaircissements sur cette histoire.


Tashi Dondrup, jeune chanteur extrêmement populaire dans la région de l’Amdo, a lui été arrêté le 3 décembre à Xining, capitale de la province du Qinghai. Son crime : avoir sorti un disque sur lequel il chantait sa nostalgie du Dalaï-Lama et qui évoquait également la répression de mars 2008 à Lhassa.
Heureusement, que L’UMP, qui vient de signer un protocole harmonieux avec le Parti Communiste Chinois, va faire tonner sa grosse voix pour rappeler à son parti frère qu’il ne faut jamais transiger (mais alors, jamais) sur le respect des droits humains. D’ailleurs, Christian Estrosi a bien déclaré « Que le parti communiste, qui est l’instance dirigeante de la Chine, soit demandeur de relations avec le parti du président de la République qui a rencontré le Dalaï Lama, c’est une belle avancée ».

C’est ce qu’on appelle bien maîtriser un dossier. Avec ça, nul doute que Tashi Dondrup soit relâché dans les jours qui viennent.


Gyalseng, (25 ans) et Nima Wangchuk (24 ans) ont été condamnés à 3 ans d’emprisonnement. Originaires du district de Sog (préfecture de Nagchu), ils font partis de quatre Tibétains ayant été arrêtés le premier octobre 2009, jour anniversaire de la fondation du Parti Communiste Chinois. Leur crime : avoir mis en ligne des photos et des discours du Dalaï-Lama dans leurs profils utilisateurs sur un célèbre site de dialogue (qq.com). Yeshi Namkha (25 ans) et Aniy (âge inconnu), les deux autres Tibétains impliqués n’ont pas encore été jugés. Leurs proches et leurs familles n’ont pas l’autorisation de les voir et craignent qu’ils soient torturés.

Heureusement, Christian Estrosi, commentant le protocole harmonieux entre l‘UMP et le Parti Communiste Chinois, a parlé « des avancées significatives dans le domaine des droits de l’homme ».

Cette histoire en est une nouvelle et frappante démonstration.


Kunchok Tsephel, 39 ans a été condamné à 15 ans de prison. Il avait été arrêté le 26 février 2009. Son crime : il aurait divulgué des secrets d’état sur son site internet (comprendre qu’en fait il a dû parler des événements de mars 2008). Kunchok Tsephel est le fondateur de Chodme (la lampe à beurre), un site dédié à la littérature tibétaine. J’ai rencontré il y a quelques années Kunchok en Amdo. C’est quelqu’un d’une gentillesse extrême dont le seul but est de défendre la culture tibétaine, notamment en offrant une plateforme d’expression aux poètes actuels. Au moment où je l’ai vu, il se désespérait de voir son site être régulièrement fermé par les autorités chinoises, soit sans un mot d’explication soit sous prétexte de problèmes techniques. Mais jamais il n’a renoncé à l’idée de promouvoir une culture tibétaine contemporaine. Aujourd’hui, après 9 mois de détention, sa santé est très mauvaise. Il n’a pas droit à un avocat et il est condamné à 15 ans de prison. Kunchok Tsephel est marié et a une fille malade.
Je n’ai même plus envie de parler de l’UMP.


La plupart des sources proviennent de Phayul.

 

  Protocole entre l’UMP et le Parti Communiste Chinois

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L’une des caractéristiques curieuses de l’UMP, c’est de donner des sens différents à son sigle selon le contexte. Un jour ça signifie “Union pour la Majorité Présidentielle” puis un autre jour, ça devient “Union pour un Mouvement Populaire”. C’est très amusant ces adaptations. Parfois ça peut signifier aussi “Union des Margoulins Prioritaires” ou “Union de Mal en Pis”. Tout dépend du contexte je vous dis. Ce qui compte c’est de changer de temps à autre. La seule constance, vous l’aurez remarqué, c’est de garder le mot “Union”. C’est bon ça l’Union. Ca rassemble et tout. Fort de ce principe de base, Xavier Bertrand a eu une idée proprement lumineuse : pourquoi pas unir l’UMP avec le Parti Communiste Chinois ? UMP + PCC !

[…]

 

Attendez voir… c’est carrément grandiose comme concept ! Et aveuglant de bons sens : la droite traditionnelle française censée être plus ou moins héritière du Gaullisme qui s’associe avec la plus sournoise des dictatures communistes, c’est tout bonnement l’exemple parfait pour illustrer ce qu’est une logique implacable. Non, là Xavier Bertrand tutoie le génie. Je me demande vraiment pourquoi personne n’y a pensé avant. Bon d’accord, c’est peut-être parce que la proposition de base venait en fait du PCC et qu’ils sont très forts au PCC. On a beaucoup à apprendre de gens comme ça. Et Xavier Bertrand apprend vite. Et évidemment, pour le changement de nom, c’est parfait. « Union Malencontreuse des Poltrons », ça sonne non ? Et puis ça a l’avantage non négligeable de renforcer la ligne déjà esquissée auparavant qui consiste à s’aplatir plus bas que terre dès que Pékin hausse le ton. Maintenant, il suffira d’un raclement de gorge. Génial je vous dis, et si pratique. Allez hop, on ne perd pas de temps et le protocole d’accord est déjà signé depuis le 22 octobre.

 

« C’est une bonne initiative, qui répond à une demande du Parti Communiste Chinois qui sait que notre mouvement ne transige jamais sur le respect des droits humains » a commenté M. Estrosi, le conseiller politique de l’UMP. Alors ça, c’est bien, ne jamais transiger sur les droits humains. Et attendez, ce n’est pas tout ! Il y a une dimension festive à cette union. Le site de l’UMP le précise bien : à travers ce protocole, UMP et PCC ont décidé que chaque année « un événement donnerait un relief particulier à ce protocole », une année en Chine, une année en France. Vu que le protocole a été signé en Chine, Pékin a ouvert le bal en faisant exécuter pour l’occasion quelques Tibétains à Lhassa. C’est vrai que c’est particulier comme relief. Je suis curieux de voir ce que l’Union Malencontreuse des Poltrons va bien pouvoir concocter l’année prochaine pour être à la hauteur du Parti de la Clique Calamiteuse.

 

Entendue lors de cette première rencontre entre les désormais deux partis frères, cette réflexion (authentique) d’un cadre du PCC : « puisque vous êtres le parti le plus puissant de France, pourquoi ne pas en faire un parti unique ? ». Ah ouais, c’est une idée ça… On voit bien les avantages qui pourraient en découler. Mais pourquoi rester si timoré ? Il faut une vraie grande vision sur le long terme. Une vision dont l’objectif serait d’offrir à la France une société harmonieuse. Et pour ça, il suffirait de fusionner simplement les deux partis ! Ah oui, il faudrait garder « Union » dans le nom pour conserver la tradition. Bon c’est simple, UMPCC, “Union Macabre avec le Parti Communiste Chinois”. Quoi ? Pas assez français et il faut bien montrer que l’on se soucie des minorités ? Bon ben je ne sais pas moi, il suffit de demander à Pékin après tout. Ils sont très forts ces gens-là.

 

  Mort d’un moine tibétain suite à des tortures

Phuntsok Lhundup, 32 ans, (nom civil : Kalden), un moine du monastère de Drepung, a succombé des suites de ses blessures infligées sous la torture en prison. Il était originaire du village N° 8, commune de Tso-doe, district de Phenpo Lhundup, ville de Lhassa, dans la « région autonome » du Tibet.

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Phuntsok Lhundup

Phuntsok Lhundup



Le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD) ne connaît pas la date précise de sa mort qui s’est produite le mois dernier (août 2009). Phuntsok faisait parti des 300 moines qui avaient initié une marche de protestation à partir du monastère de Drepung en direction du centre de Lhassa le 10 mars 2008, soit 4 jours avant le soulèvement de masse dans la capitale et la répression qui s’est ensuivie. Après avoir stoppé la marche en cours de route, les forces de sécurité avaient arrêté tous les moines.


Depuis son arrestation, aucune information n’avait filtré sur son sort. Ni sa famille, ni d’autres moines de Drepung n’avaient de renseignement sur sa détention.


Citant plusieurs sources, le TCHRD précise que Phuntsok est mort à la mi-août 2009 à la suite d’une période prolongée de détention avec tortures. Son corps a été remis à un parent éloigné vivant à Lhassa.


Samdup, le frère aîné de Phuntsok et appartenant au même monastère, a également été arrêté le 10 mars 2008 et son sort demeure totalement inconnu.



Samdup

Samdup



source : Phayul